Gullah

La région d'implantation des Gullah s'étendait originellement du Sud-Est de la Caroline du Nord au Nord-Est de la Floride.

Les Gullah ou Geechee - parfois appelés aussi Gullah Geechee - sont des Afro-Américains qui vivent dans la région des îles et plaines côtières de Caroline du Sud et de Géorgie où leurs ancêtres cultivaient le riz.

Leur particularité provient de leur relatif isolement géographique. Les zones où ont été implantés leurs ancêtres esclaves au XVIIe siècle pour travailler dans les champs de riz, possèdent un climat tropical, vecteur de malaria, auquel les populations africaines se sont mieux acclimatées que les populations européennes, mais qui étaient difficiles d'accès.

Les Gullah ont ainsi pu conserver d'importants traits culturels africains, contrairement à l'ensemble des Afro-américains. Cette influence culturelle africaine concerne notamment la gastronomie, la médecine traditionnelle, la musique, le mysticisme, l'habitat, et les vêtements. Leur langue est un créole à base d'anglais comprenant de nombreux emprunts à des langues africaines (kikongo) ou européennes et qui correspond au krio, la langue vernaculaire parlée en Sierra Leone. Depuis les années 1960, les Gullahs luttent pour préserver leurs terres face à l'implantation de complexes touristiques.

Les ancêtres des Gullahs sont originaires de Sierra Leone d'où ils ont été importés depuis 1672 à partir de l'île de Bunce, dans la baie de Freetown. Tous ne seraient pas venus directement d'Afrique, une partie d'entre eux ayant transité par des navires portugais ou hollandais via Pernambouc et la Barbade et ses implantations sucrières d'où sont venus les colons de la Caroline du Sud et avec lesquelles leurs familles ont conservé des liens d'affaires, en particulier la Barbade.

Les Gullahs ont également un lien avec les Séminoles : au XVIIIe siècle, certains esclaves Gullah échappés les ont rejoints, contribuant à former le groupe des Séminoles noirs.

Le lien entre les Gullah et les Peuls (Fula/Fulani) repose sur la préservation exceptionnelle de racines africaines au sein de la communauté afro-américaine des îles côtières de la Caroline du Sud et de la Géorgie. Les Gullah (ou Gullah Geechee) sont les descendants d'Africains réduits en esclavage, déportés en grand nombre depuis la « Côte du Riz » en Afrique de l'Ouest. Parmi les différentes ethnies combinées au sein de cette communauté (Wolofs, Mandingues, Mendés, Golas), le peuple Peul a laissé une empreinte linguistique et culturelle marquante, préservée au fil des siècles grâce à l'isolement géographique des îles marines.


L'empreinte peule chez les Gullah Geechee

• Le système de comptage numérique : L'une des preuves les plus fascinantes de la connexion avec le peuple Peul est la survie de chiffres issus directement du fulfulde (ou pulaar, la langue peule) dans le dialecte et les traditions orales de certaines familles Gullah. Des linguistes ont documenté l'utilisation historique de numéros quasi identiques : • Go (Un), Didi (Deux), Tati (Trois), Nai (Quatre), Je (Cinq), Jego (Six), Jedidi (Sept)... jusqu'à Sapo (Dix).

L'expertise agricole : Les Peuls, bien que traditionnellement pasteurs nomades, cohabitaient en Afrique de l'Ouest avec les populations rizicoles. Les colons américains recherchaient spécifiquement la main-d'œuvre de cette région pour son savoir-faire technologique lié à la culture du riz, de l'indigo et du coton dans les zones marécageuses du Lowcountry.

L'influence linguistique (Le Gullah) : Le gullah est la seule langue créole spécifiquement africaine encore parlée aux États-Unis. Sa syntaxe et certaines de ses intonations intègrent des structures grammaticales communes aux langues ouest-africaines, y compris le peul.

Vidéographie

Discographie

Shemekia Copeland, dans son album "done come too far" publié en 2022 chez Alligator (ALCD 5010) chante une chanson de J. Hahn & W. Kimbourg intitulée "Gullah Geeche" qui raconte l'histoire de ce peuple.

Références

  1. ↑ Joseph Opala, 1985. The Gullah - Rice, Slavery, and the Sierra-Leone-American Connection, édité par l'US Information Service Freetown Sierra Leone
  2. ↑ Patrick Puy-Denis, La Sierra Leone, Karthala, 1998 (p. 41 "Uncle Ben est Sierra-Leonais")
  3. ↑ Charleston Currents, « HISTOIRE : Gullah », sur charlestoncurrents.com,
  4. ↑ Gullah Geechee, « Qui sont les Gullah ? », sur lebanco.net,

Voir aussi