| Gullgubber | |
Objet en feuille d'or représentant des personnages, datant d'environ 700 après J.C., trouvé à Aska, à Hagebyhöga, en Suède, en 2020. | |
| Matériau | or |
|---|---|
| Fonction | ex-voto ? |
| Période | Âge de Vendel |
| Culture | |
| Lieu de découverte | Scandinavie |
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Les Gullgubber (norvégien, prononcé [ˈɡʉ̀lɡʉbər]) ou guldgubber (danois, prononcé [ˈkulˌkupɐ]), guldgubbar (suédois, prononcé [ˈɡɵ̂ldˌɡɵbːar]), sont des objets d'art, des amulettes ou des offrandes trouvés en Scandinavie et datant pour la plupart de l'Âge de Vendel (Haut Moyen Âge).
Le mot gullgubbe signifie « petit vieux d'or » et est tiré d'un rapport publié en 1791 par Nils Henrik Sjöborg, dans lequel il indique que les villageois de Ravlunda, Scania, qui les trouvaient dans les dunes, les appelaient guldgubbar.
Au total, plus de 3 000 gullgubber ont été trouvés. Ils proviennent d'environ 30 sites en Norvège, en Suède et au Danemark. Pas moins de 2 350 de ces objets ont été trouvés au village de Sorte Muld (da), sur l'île danoise de Bornholm, tandis que plus de 100 ont été trouvés à Lundeborg, près de Gudme, sur l'île danoise de Funen, et 122 à Uppåkra en Suède, dans la province historique de Scanie. Peu de gullgubber ont été trouvés jusqu'à présent en Norvège, dont 19 découverts lors de fouilles à l'église de Vingrom, à Oppland, entre 2003 et 2005.
Ces objets sont généralement datés de l'Âge de Vendel, entre l'Âge du fer romain et l'Âge des Vikings, également appelé en Norvège ère mérovingienne, qui s'étend d'environ 500 à 800 apr. J.-C. Cependant ces objets ont souvent été trouvés dans des contextes qui ne permettaient pas une datation précise ou avant que toute méthode de datation existe. Ils auraient remplacé les bractéates, qui nécessitent beaucoup plus de métal, après que l'importation d'or de l'Empire byzantin soit devenue difficile.
Les gullgubber sont constitués de fines pièces d'or battu (parfois d'argent), de petite taille, généralement entre 1 et 2 cm2. Ils étaient le plus souvent estampillés d'un motif, et sont les plus anciens exemples de toreutique en Europe du Nord.
De nombreux gullgubber trouvés en Norvège et en Suède représentent un homme et une femme se faisant face. Ils sont parfois enlacés, parfois avec une branche ou un arbre visible entre eux. Parfois, les genoux des personnages sont pliés et ils peuvent être représentés en train de danser. Ils sont presque toujours habillés, les vêtements étant généralement représentés avec soin, avec des tenues plus formelles que décontractées. Certains ne comprennent qu'un seul personnage, masculin, féminin, ou un animal. D'autres sont des découpes non estampillées. Sharon Ratke, dans sa thèse sur les gullgubber, a ajouté une autre catégorie, celle des "spectres" et suggère que cela pourrait indiquer que certains de ces objets étaient un hommage aux morts ou aux voyageurs. Elle rejette la notion de danse, interprétant ces figures comme statiques et les classant ainsi parmi les spectres.
Une interprétation courante du motif de l'homme et de la femme sur le gullgubber est qu'il symbolise le mariage sacré entre le dieu Vanir Freyr et le jötunn Gerðr, évoqué dans le poème eddique Skírnismál. Certains ont interprété la branche d'arbre comme une référence au bosquet, Barri, où Gerðr accepte de rencontrer Freyr ; d'autres ont noté sa ressemblance avec l'angélique des jardins, une plante associée à la fertilité. On peut, dans ce cas, penser que les gullgubber étaient destinés à assurer la fertilité, ou qu'ils étaient conçus comme une représentation du couple mythique qui a donné naissance à une lignée de chefs. De sources historiques, nous savons, par exemple, que la lignée Yngling a retracé son ascendance jusqu'à Fjölnir, fils de Gerðr et Freyr.
Des découvertes récentes ont quelque peu changé le regard porté sur les gullgubber. Près de 2 500 ont été trouvés à Sorte Muld, sur l'ile danoise de Bornholm. Il s'agit de loin du nombre le plus élevé trouvé sur tous les sites. Et de 2000 à 2004, 122 gullgubber, la deuxième découverte comprenant le plus d'objets de ce genre, a été faite non loin de là, à Uppåkra en Suède. Plusieurs de ceux trouvés sur les deux sites sont similaires; certains ont été fabriqués à l'aide des mêmes matrices ou patrices. Quatre matrices et une partie d'une cinquième ont été trouvées à Uppåkra, qui était donc vraisemblablement le point de fabrication d'au moins certains des gullgubber de Sorte Muld. De plus, certains gullgubber trouvés sur d'autres sites présentent, eux aussi, de fortes similitudes avec certains d'Uppåkra. Certains provenant d'Uppåkra sont exceptionnellement précis dans leurs détails,.
À Uppåkra, ils ont été trouvés dans les trous de poteaux et les fossés muraux d'un bâtiment, qui serait, d'après les interprétations, un hof païen. Ces objets sont ainsi généralement appréciés, de nos jours, comme étant des ex-votos.
Des tentatives récentes ont été faites pour interpréter les gestes des couples représentés sur des gullgubber en fonction de sources médiévales telles que le Miroir des Saxons. Des scènes de fiançailles, par exemple, ont pu être identifiées,. Cependant, à Uppåkra mais aussi à Sorte Muld, la majorité des gullgubber ne représentent pas de couples. À Uppåkra, la plupart représentent des hommes, un plus petit nombre représentent des femmes et seuls quelques-uns représentent des couples,. Certaines caractéristiques iconographiques des personnages uniques - un geste du pouce sur la bouche associé à un voyant comme dans les représentations de la légende de Sigurð, un groupe de personnages avec des massues et deux autres avec des bâtons ou des sceptres de longueurs différentes - ont été considérées comme liées individuellement à des dieux nordiques.
Des gullgubber ont été trouvés sur 42 sites en Norvège, en Suède et dans un grand nombre de sites au Danemark. Certains des sites les plus remarquables sont :
Environ 1 800 gullgubber sont exposés au musée Bornholm à Rønne. La plupart des gullgubber d'Uppåkra peuvent être vus au musée historique de l'université de Lund.