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Guy Ausloos, né à Etterbeek, le et mort le à Montréal, est un pédopsychiatre belge spécialisé en thérapie familiale, professeur agrégé de clinique en psychiatrie retraité de l’Université de Montréal. Il est, depuis les années 1970, l'une des figures du mouvement de la thérapie systémique.
Théoricien et formateur en thérapie familiale, il est l'auteur d'un livre sur La Compétence des familles et d'une centaine d'articles. Il est cofondateur de la revue Thérapie familiale et de la collection Relations des Éditions Érès.
Guy Ausloos naît le , à Etterbeek. Il obtient un baccalauréat de philosophie (1957-1959), puis fait des études médicales à l'Université catholique de Louvain (1959-1968) et il achève une spécialité en psychiatrie à l'université de Lausanne en 1972.
En 1971, Guy Ausloos est assistant en pédopsychiatrie à l'Office médico-pédagogique vaudois quand l'assistante sociale de son équipe lui demande de l'accompagner rencontrer des jeunes en compagnie de leurs familles lors de consultations communes, une méthode nouvelle à l'époque. Les résultats encourageants de ces entretiens convainquent le docteur Ausloos de l'utilité d'impliquer d'emblée les familles dans le processus thérapeutique des adolescents et il généralise peu à peu cette pratique dans son travail auprès de jeunes délinquants.
Au fil de sa pratique de thérapeute, puis lorsqu'il prend la direction du département de psychiatrie légale de l’Institut de Médecine légale de Genève en 1974, Guy Ausloos approfondit sa formation en thérapie familiale. Il privilégie progressivement l'usage de la systémique par rapport à celui de techniques psychanalytiques alors répandues.
Commence alors, pour le docteur Ausloos, un foisonnement d'activités parallèles dans le domaine de la thérapie familiale systémique. Avec une dizaine d'autres, il fonde d'abord un groupe de recherche sur la thérapie familiale, le GRIDEF, au sein duquel on s'échange des articles et l'on publie les résultats de recherches communes. Il crée, en 1977, une formation de trois ans en thérapie familiale, avec le psychiatre Reynaldo Perrone et l'assistante sociale Andrée Menthonnex, au Centre d'études et de formation continue (CEFOC) de l'Institut d'Études Sociales de Genève, aujourd'hui nommé « Haute école de travail social ».
De 1978 à 1981, il fait la navette entre l'Université de Montréal, où il est invité comme professeur de systémique, et l'Université de Lausanne, puis il devient professeur extraordinaire de psychopathologie de l'enfant et de systémique à l'Université de Genève de 1983 à 1986,.
Il s'installe définitivement au Québec en 1986. Il devient chef du département de psychiatrie du centre hospitalier de Rouyn-Noranda, ainsi que professeur agrégé en psychiatrie à l'Université McGill, jusqu'en 1989. Après un séjour d'un an comme professeur invité à l'Université catholique de Louvain, il retourne au Québec, où il est nommé professeur agrégé de l'Université de Montréal en 1990. Il officie en parallèle comme formateur, psychiatre et psychiatre-consultant auprès de plusieurs hôpitaux et organismes québécois, comme l'Hôpital Douglas, l'Hôpital général juif, l'Hôpital Louis-H. Lafontaine, le Refuge des jeunes de Montréal ou le Campus des Quatre vents,.
Il publie en 1995 le livre qui le fait connaître internationalement, La Compétence des familles, qui synthétise son approche systémique de la thérapie familiale. Dans les années 2000, Guy Ausloos se consacre à la formation et donne aussi des conférences sur la compétence des familles au Québec, en Europe et au Brésil. Il prend sa retraite en 2017.
La compétence des familles est une conception systémique des rapports familiaux selon laquelle les familles dites « dysfonctionnelles » ont en fait un mode de fonctionnement différent des autres, adapté à leur contexte. Chaque membre d'une famille est acteur de la relation, au sein d'un système familial qui s'auto-organise. Il est donc compétent, dans la mesure où il contribue à façonner ce système,. Dans une logique de compétence des familles, la famille est appelée à identifier les dynamiques qui lui sont propres pour régler les problèmes auxquels elle est confrontée. Guy Ausloos émet deux postulats fondamentaux qui guident son approche,, :
Il résume ainsi ces deux grands principes dans son ouvrage : « une famille informée par elle-même, avec l'aide du thérapeute, sur son propre fonctionnement, a toutes les chances de trouver les ressources nécessaires à la solution de son problème. »
Cette théorie rejette une approche culpabilisante des membres d’une famille, ainsi que l'usage de termes négatifs comme « famille dysfonctionnelle », « père absent », « mère castratrice », « adolescent déviant », etc. Le thérapeute doit se débarrasser de ses a priori négatifs et d'hypothèses qu'il cherche à vérifier, pour « apprivoiser » une famille et pour entrer dans le processus thérapeutique avec elle. Il doit accepter qu'il ne sait pas exactement ce qu'il cherche, car sa démarche vise d'abord « à activer la compétence auto-organisatrice des familles plutôt qu’à tenter de corriger leurs manques » en leur imposant sa lecture de leur situation.
Pour cela, le langage employé compte, d'après Guy Ausloos. Des phrases comme : « j’ai besoin de vous pour que la thérapie réussisse », plutôt que « vous avez besoin de moi pour que je vous soigne », permettent de responsabiliser les parents sans les culpabiliser et de les inclure d'emblée dans la démarche thérapeutique,,,.
Le modèle systémique se pose ainsi en opposition avec une approche d'inspiration judéo-chrétienne de la thérapie, encore en vigueur au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Selon ce modèle, l'intervenant cherche la faute et s'assimile à une sorte de confesseur. En systémique, au lieu de chercher à absoudre une faute par l'aveu, comme c'est le cas quand on envisage la famille et ses membres sur un mode culpabilisant, le thérapeute suppose que la famille est capable d'innover et trouver des solutions, si elle dispose des bonnes informations. On ne cherche pas une « ab-solution » extérieure, mais bien une « auto-solution » qui provient de la famille elle-même.
Dans son approche, Guy Ausloos emprunte aussi au mouvement de la deuxième cybernétique, qui théorise l'auto-organisation et l'autopoïèse des systèmes (dont le système familial), ainsi qu'au constructivisme, qui étudie la compréhension du réel que se construit un sujet au fil de ses expériences. La théorie du chaos est une autre influence, dans la mesure où le docteur Ausloos considère qu'il faut accueillir l'imprévisibilité du processus thérapeutique pour permettre à l'information d'émerger et au système familial de s'auto-organiser.
De cet appareil théorique, Guy Ausloos tire une série de stratégies thérapeutiques visant à « activer » la compétence des familles :