Mélogales, Blaireaux-furets
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Mammalia |
| Sous-classe | Theria |
| Super-ordre | Eutheria |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Caniformia |
| Famille | Mustelidae |
Les Mélogales (Melogale), également connues sous le nom de Blaireaux-furets, sont un genre de mammifères carnivore de la famille des Mustélidés. Elles sont tous originaires d'Asie. C'est le seul genre de la sous-famille des Helictidinae,.
Le nom « Mélogale » (Melogale) a une étymologie simple voulant dire « Belette-blaireau » car selon son auteur, ce genre est très voisin des Mustela mais ont de nombreux caractères les rapprochant des blaireaux. En français, il s’agit d’un substantif féminin, mais certains documents l’ont interprêté comme un substantif masculin.
| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 1 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 1 |
| 2 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 2 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 38 | |||||||
| Dentition du genre Melogale. | |||||||
Le genre des Mélogales (Melogale) est formellement décrit en 1831, mais publié pour la première fois en 1834 par le zoologiste français Isidore Geoffroy Saint-Hilaire dans le second volume du Voyage aux Indes-Orientales de Charles Bélanger. Soumettant à l'examen un spécimen rapporté de cette expédition, qu'il nomme la Mélogale masquée (Melogale personata), Geoffroy Saint-Hilaire met en évidence que ce petit carnivore, bien que lié aux genres voisins des martes (Martes), des putois (Mustela), des zorilles (Ictonyx), des mouffettes (Mephitis) et des télagons (Mydaus), s'en écarte de manière trop fondamentale pour y être inclus, justifiant ainsi l'érection d'un genre à part entière.
Les éléments déterminants pour la création de ce taxon reposent principalement sur des modifications majeures du système dentaire, ainsi que sur des caractéristiques morphologiques externes uniques. Sur le plan de la dentition, le genre se distingue par une formule comptant 38 dents (18 à la mâchoire supérieure et 20 à l'inférieure), ce qui le différencie immédiatement des putois, des zorilles ou des mouffettes. Plus particulièrement, la carnassière supérieure présente une structure unique : au lieu d'arborer une simple éminence tranchante classique chez les mustélidés, elle adopte une forme quadrangulaire composée de quatre tubercules, ce qui rapproche son anatomie des tuberculeuses et indique un régime alimentaire beaucoup moins exclusivement carnassier, tendant vers l'omnivorie.
Morphologiquement, le genre est caractérisé par sa tête très longue formant un cône régulier terminé par un museau particulièrement fin, contrairement au groin des télagons, et par des proportions de doigts et d'ongles spécifiques. Les membres antérieurs portent des griffes très longues, arquées et robustes, typiques d'un mode de vie éminemment fouisseur, tandis que la plante de ses pieds, seulement nue au niveau du métacarpe et des doigts, en fait un animal qualifié de « demi-plantigrade », intermédiaire entre les digitigrades et les plantigrades stricts.
En 1864, lors de sa révision des genres et espèces de la famille des Mustelidae conservés au British Museum, le zoologiste britannique John Edward Gray crée formellement la tribu des Helictidina pour y regrouper ces animaux. Il caractérise alors ce taxon par des critères strictement anatomiques, notamment une carnassière (« flesh-tooth ») triangulaire présentant un large lobe interne muni de deux tubercules coniques, ainsi que des fausses molaires au nombre de 3/4 et une queue allongée subcylindrique.
Toutefois cette distinction initiale a été par la suite écartée au profit d'un regroupement avec les blaireaux vrais (Melinae).
Aujourd’hui encore, certaines espèces rejoignent de nouveaux genres et de nouvelles espèces sont découvertes. Les espèces décrites dans la première édition du Mammal Species of the World en 1982 sont :
Ces animaux étaient plus courent désignés sous le nom de « blaireau-furet », car la taxonomie de l’époque considérait ces espèces comme faisant partie de la sous-famille des Mélinés en compagnie des Blaireaux à proprement dits (Meles), des Balisaurs (Arctonyx) ainsi que du Taxidée américain (Taxidea).
Cependant, cette classification traditionnelle reposait sur des ressemblances morphologiques superficielles et posait un problème phylogénétique majeur en rendant la sous-famille des Melinae non monophylétique. Une première étude de 2004 par Jun J. Sato et al. est venue bousculer ce consensus en apportant des preuves moléculaires décisives. En analysant le séquençage de gènes nucléaires spécifiques (RAG1 et IRBP), les chercheurs ont démontré d'un point de vue évolutif que le genre Melogale était en réalité beaucoup plus proche d'un clade composé de certains Mustelinae et Lutrinae (les genres Mustela et Enhydra) que du genre Meles, tout en restant distant d'un autre groupe incluant les martres (Martes) et les gloutons (Gulo).
Ces données génétiques sont venues confirmer et consolider un faisceau d'indices plus anciens. Sur le plan morphologique, de nombreuses études anatomiques, notamment l'examen de la structure du baculum, soulignaient déjà un lien de parenté très lointain avec les autres Melinae, faisant écho aux doutes émis par divers zoologistes dès la fin du XIXe siècle. De plus, les analyses caryologiques (l'étude des chromosomes) soutenaient également ce détachement en positionnant Melogale comme un groupe extérieur (outgroup) par rapport au clade réunissant Meles et Mustela. Face à cette convergence de preuves morphologiques, caryologiques et moléculaires, l'ancienne classification est devenue intenable. Pour corriger cette erreur taxonomique et restaurer la monophylie du groupe, les auteurs de l'étude ont formellement exclu les blaireaux-furets des Melinae et ont recommandé de les isoler dans leur propre sous-famille, les Helictidinae. Cette sous-famille monotypique ressuscite ainsi un nom qui avait initialement été proposé par le zoologiste britannique John Edward Gray en 1865.
L’étude phylogénétique menée en 2008, s'appuyant sur l'analyse de 22 gènes nucléaires et mitochondriaux, confirme la position du genre Melogale dans sa propre sous-famille, les Helictidinae. Les résultats indiquent que ce groupe constitue une lignée monophylétique ancienne ayant divergé des autres mustélidés il y a environ 18,4 à 22,2 millions d'années, au début du Miocène, confirmant ainsi une séparation nette avec les membres de la sous-famille des Melinae.
Position actuelle des Helictidinae selon Koepfli et al. (2008) :
| Mustelidae |
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Cladogramme du genre Melogale selon Nadler et al. (2011)
| Helictidinae genre Melogale |
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Les espèces ont presque toutes été décrites au cours du XIXe siècle, mais en 2011, une nouvelle espèce a été découverte au Vietnam, ce qui est extrêmement rare pour un mammifère de cette taille.
| Nom binominal, vernaculaires et auteur | Aire de répartition | Caractéristiques | Statut UICN |
|---|---|---|---|
| Melogale cucphuongensis Nadler et al., 2011 Mélogale de Cuc Phuong Blaireau-furet du Vietnam |
Nord du Viêt Nam (Parc national de Cúc Phương) et sud-est de la Chine (province du Fujian). |
Découverte récente (2011), caractérisée par une tête et un corps brun foncé et une fine bande blanche bordée de noir de la nuque aux épaules. Habitats forestiers et karstiques. | (Données insuffisantes) |
| Melogale everetti (Thomas, 1895) Mélogale d'Everett Blaireau-furet de Bornéo |
Endémique de petites régions montagneuses de l'île de Bornéo (notamment le Mont Kinabalu). |
Mesure entre 33 et 44 cm de long. Se nourrit principalement d'invertébrés, d'amphibiens et d'insectes. C'est la seule mélogale considérée en danger. | (En danger) |
| Melogale moschata (Gray, 1831) Mélogale de Chine Blaireau-furet de Chine |
Asie de l'Est : du sud de la Chine jusqu'au nord de l'Indochine et l'extrême nord-est de l'Inde. |
De teinte brun-grisâtre, elle est largement répartie. Son régime alimentaire se compose d'insectes, de vers de terre et de petits vertébrés. | (Préoccupation mineure) |
| Melogale orientalis (Horsfield, 1821) Mélogale de Java Hélictis orientale |
Endémique des îles de Java et de Bali (Indonésie). |
Fourrure d'un brun plus sombre, tirant parfois sur le noir. Vit principalement dans les forêts de montagne et de colline. | (Préoccupation mineure) |
| Melogale personata I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1831 Mélogale masquée Blaireau-furet de Birmanie |
Asie du Sud-Est continentale : du Népal et du Nord-Est de l'Inde jusqu'à la péninsule indochinoise. |
Espèce type du genre, caractérisée par une large bande blanche dorsale continue et un masque facial contrasté blanc et noir très marqué. | (Préoccupation mineure) |
| Melogale subaurantiaca (Swinhoe, 1863) Mélogale de Taïwan |
Endémique de l'île de Taïwan. | Longtemps traitée comme une sous-espèce de la mélogale de Chine, séparée suite à des analyses génétiques. Reconnue comme un important réservoir de la rage à Taïwan. | (Selon l'UICN, sous M. moschata) |