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(eu) Herria |
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Herria (« Le Pays » ou « Le Peuple » en basque) est un hebdomadaire en langue basque publié au Pays basque français. Fondé le à Bayonne, il est le plus ancien journal bascophone encore en activité dans l'ensemble du Pays basque. Il succède à l'hebdomadaire Eskualduna (« Le Basque »).
Entièrement rédigé en basque, Herria est aujourd'hui publié en basque unifié, avec une forte influence du navarro-labourdin, variété historiquement utilisée par le journal.
Dans les années 1950, l'hebdomadaire tirait environ 10 000 exemplaires. À la fin des années 2010, sa diffusion était d'environ 3 000 exemplaires.

À la Libération, l'hebdomadaire Eskualduna, fondé en 1887, est interdit par les autorités françaises en raison de son soutien au Troisième Reich et au Régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette disparition laisse le Pays basque français sans hebdomadaire entièrement rédigé en langue basque,,.
Afin d'assurer la continuité de la presse bascophone, plusieurs personnalités du monde religieux et culturel fondent Herria à Bayonne au cours de l'automne 1944. Le projet est porté par Piarres Lafitte, Jules Moulier (« Oxobi »), Mgr Jean Saint-Pierre, curé d'Ustaritz, Louis Dassance, maire d'Ustaritz, ainsi que l'abbé Bernard Etcheberry, curé de Villefranque. Le premier numéro paraît le 19 octobre 1944 et Piarres Lafitte en devient le premier directeur,.
Déjà connu dans les milieux intellectuels basques avant la guerre, Piarres Lafitte avait étudié à Belloc, Larressore et Bayonne avant d'être nommé prêtre à Ustaritz. Il était l'auteur de plusieurs ouvrages en basque et en français, parmi lesquels Egiazko argia (1927), Julien Heguy Apheza (1930), Ithurralden kantuak (1932), Les études basques à travers les siècles (1932) ainsi que l'anthologie Eskualdunen Lorategia (1545-1800). Ancien résistant, il souhaitait faire de Herria un journal consacré à la défense de la langue et de la culture basques, tout en se distinguant de la ligne éditoriale d'Eskualduna,
Contrairement à son prédécesseur, Herria, média ^privé, adopte une ligne éditoriale plus ouverte. Principalement destiné au monde rural, il demeure attaché aux valeurs du catholicisme et du milieu agricole tout en accordant une place importante à la culture basque, à la vie associative et à l'information locale,.
Dès sa création, Herria s'appuie sur un vaste réseau de correspondants locaux répartis dans les trois provinces du Pays basque nord : le Labourd, la Basse-Navarre et la Soule. Cette organisation permet au journal de couvrir la vie quotidienne des communes rurales et de publier chaque semaine des informations locales rédigées directement en basque.

Piarres Lafitte est assisté dans la rédaction par Étienne Salaberry, ancien professeur au séminaire d'Ustaritz et résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, qui devient rédacteur en chef du journal. Les deux hommes donnent rapidement à Herria une place centrale dans le renouveau de la presse bascophone d'après-guerre,.
Tout en conservant un lectorat majoritairement rural, l'hebdomadaire développe progressivement des rubriques consacrées à la littérature, à l'histoire, au patrimoine, à la pelote basque, à la religion et à la vie culturelle du Pays basque. Il devient également un lieu d'expression pour de nombreux écrivains et intellectuels basques.
Sous la direction de Piarres Lafitte, de 1944 à 1967, Herria s'impose comme le principal hebdomadaire de langue basque en France. Il est ensuite dirigé par Jean Hiriart-Urruty de 1967 à 1969, puis par Émile Larre de 1969 à 2003. En avril 2003, Jean-Baptiste Dirassar prend la direction du journal et accompagne son adaptation aux évolutions de la société basque et des médias contemporains,.
En 2018, Menane Oxandabaratz succède à Jean-Baptiste Dirassar à la direction de Herria. Sous sa responsabilité, l'hebdomadaire poursuit son activité de presse entièrement en langue basque et maintient son réseau de correspondants locaux au Pays basque nord,,.
Le prêtre Bernard Goity, membre correspondant de l'Académie de la langue basque, a également exercé les fonctions de trésorier de Herria.
Imprimé à Bayonne aux Imprimeries du Labourd, Herria est principalement diffusé par abonnement.
En 2009, sur un tirage de 2 500 exemplaires, 2 126 étaient destinés aux abonnés. Parmi ceux-ci, 87 % résidaient au Pays basque français, 6 % au Pays basque et en Navarre, 7 % dans le reste de la France et 7 % à l'étranger.
Petit journal de langue basque, Herria dispose de moyens financiers limités et s'appuie depuis sa création sur un important réseau de bénévoles et de militants de la culture basque.
Au milieu des années 2020, l'hebdomadaire est rédigé par deux salariés avec l'appui d'une quarantaine de bénévoles. Il imprime environ 2 100 exemplaires chaque semaine, distribués aux abonnés, aux points de vente et aux collaborateurs.