| Hitoshi Motoshima | |
Hitoshi Motoshima (centre) rencontrant le maire de Berlin-Est Erhard Krack (gauche) en 1987. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Maire de Nagasaki | |
| – (15 ans, 11 mois et 29 jours) |
|
| Élection | (ja) |
| Réélection | (ja) (ja) (ja) |
| Prédécesseur | Yoshitake Morotani (ja) |
| Successeur | Itchō Itō |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Kitauonome (ja), district de Minamimatsuura, préfecture de Nagasaki |
| Date de décès | (à 92 ans) |
| Lieu de décès | Nagasaki, préfecture de Nagasaki |
| Nationalité | Japonaise |
| Parti politique | Sans étiquette |
| Diplômé de | Université de Kyoto |
| Profession | Enseignant |
|
|
|
| modifier |
|
Hitoshi Motoshima (本島 等, Motoshima Hitoshi), né le à Kitauonome (ja) dans le district de Minamimatsuura de la préfecture de Nagasaki et mort le à Nagasaki, est un enseignant et homme politique japonais. Il est le maire de Nagasaki de 1979 à 1995 et est victime d'une tentative d'assassinat en 1990, après avoir tenu des propos concernant la responsabilité de l'empereur Hirohito durant la Seconde Guerre mondiale. Il a également tenu des propos célèbres sur le bombardement atomique d'Hiroshima, le qualifiant d'inévitable et de nécessaire.
Hitoshi Motoshima naît le de la 11e année de l'ère Taishō (1922), dans le village de Kitauonome (ja). Il naît catholique est reçoit le nom de baptême Ignace de Loyola. Il est le descendant de « Kakure kirishitan », des chrétiens clandestins de l'époque d'Edo,. Sa mère n'étant pas mariée, il est soupçonné d'espionnage durant la Seconde Guerre mondiale,. À l'âge de 21 ans, alors qu'il est encore étudiant, il est mobilisé en tant que soldat-stagiaire, chargé de trouver des recrues pour l'artillerie. Il passe la fin de la guerre dans les montagnes des abords de Kumamoto, où l'unité d'entraînement dont il faisait partie avait été évacuée,. Il est promu sous-lieutenant d'artillerie en . À la fin de la guerre, il résume ses études, intégrant la faculté d'ingénierie de l'université de Kyoto, dont il sort diplômé à l'âge de 27 ans.
Il devient alors enseignant à l'école , puis devient actif au sein du conseil préfectoral d'éducation, à Nagasaki,. Il est par la suite secrétaire du natif de Nagasaki, le représentant Nikichi Shirahama (ja), alors ministre des Postes et des Télécommunications (ja),. Il redevient alors enseignant, dans un autre lycée de la ville de Nagasaki. En 1959, il est élu pour la première fois à l'Assemblée préfectorale de Nagasaki,, où il siège pendant cinq mandats, jusqu'en 1979. Pendant qu'il est à l'Assemblée préfectorale, il devient secrétaire général de la succursale préfectorale du parti libéral-démocrate.
En vue des élections municipales de 1979, il décide de ne pas se représenter à l'Assemblée préfectorale et se lance dans la course à la mairie de Nagasaki. Il remporte l'élection contre le maire sortant Yoshitake Morotani (ja). Il est réélu à grande majorité aux élections de 1983 et de 1987.
Le , alors que plusieurs sources faisaient état de la santé préoccupante de l'empereur, Hirohito, durant une séance du conseiller municipal, un conseiller municipal du parti communiste demande à Hitoshi Motoshima sur le fait qu'il considérait ou non que l'empereur avait une responsabilité sur le bilan humain de la Seconde Guerre mondiale. Il lui répond alors que « au vu des articles parus à l'étranger et de son expérience militaire, [il] croit que 43 ans après la guerre, nous avons eu amplement de temps pour réfléchir sur le sujet ». Ainsi, « de par [son] expérience de la vie militaire et de la formation militaire, [il] croit que l'empereur porte une responsabilité sur celle-ci ». Plus tard, en conférence de presse, il affirme que, en se basant en se basant sur des récits historiques, si l'empereur aurait arrêté la guerre plus tôt en discutant avec ses conseillers, ni la bataille d'Okinawa, ni les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki n'auraient eu lieu,,. Après ses propos, plusieurs organismes locaux et la succursale préfectorale du parti libéral-démocrate ont exigé qu'il rétracte ce qu'il avait dit. Il refuse, citant le fait qu'il ne pouvait trahir sa conscience. Il est ainsi destitué de son poste au sein de la succursale préfectorale du parti libéral-démocrate. Il est alors critiqué par plusieurs organismes d'extrême droite, et plus de 80 camions des organismes d'extrême droite munis de haut-parleurs défilent les rues de Nagasaki, affirmant qu'il subira la « punition divine ». Il reçoit également plusieurs menaces de mort,.
Alors qu'il avait affirmé : « Je crois que l'Empereur porte la responsabilité de la Guerre. Cependant, il en a été exempté par la volonté de la majorité du peuple japonais et des Alliés et est devenu un symbole de la nouvelle constitution. Nous interprétons cela comme le fait que nous devons la respecter. », les médias mettent l'accent seulement sur le passage « Je crois que l'Empereur porte la responsabilité de la Guerre. ». Un conseiller municipal questionne plus tard la hausse des coûts liés à la sécurité personnelle de Motoshima, après les propos qu'il a tenus, et la Police préfectorale de Nagasaki (ja) relâche alors les mesures de sécurité sur le maire. Le , Kazumi Tajiri (ja), du groupe d'extrême droite Seikijuku (en) tire à bout portant dans le dos du maire Motoshima,,. Motoshima passe plus d'un mois à l'hôpital, mais se remet de ses blessures. Il pardonne alors Tajiri.
Aux élections de 1991, le parti communiste ne désigne pas de candidat, mais soutient plutôt Hitoshi Motoshima, ainsi que les partis de gauche. Il est alors réélu face au candidat de droite Masakazu Miyagawa. Le , il est cependant battu par le nouveau venu Itchō Itō, qui critiquait le long mandat de Motoshima. Il prend alors sa retraite de la vie politique. Lorsqu'Itō est abattu en plein mandat en 2007, il affirme qu'« il est anormal que deux maires consécutifs soient attaqués ».
En 1997, après l'inscription au patrimoine mondial du dôme de Genbaku, près duquel la bombe atomique est atterrie à Hiroshima, il publie un essai adressé à la ville où il déclare que la bombe atomique « aurait dû être larguée » et qu'elle avait été larguée en « représailles contre le Japon ». Dans une entrevue exclusive en avec Kyodo News, il affirme que la bombe devait être larguée, car « en prenant conscience des actes d'une inhumanité extrême commis par le Japon au cours des quinze années séparant l'invasion japonaise de la Mandchourie et la fin de la Guerre, [il] en était venu à la conclusion que son largage était inévitable en guise de représailles contre le Japon ». Son commentaire a été critiqué par plusieurs groupes d'extrême droite, mais Takayuki Kawaguchi, de l'université de Hiroshima, soutient qu'« il est nécessaire de combler le fossé des opinions sur la bombe atomique et reconnaissant les atrocités commises et en offrant des excuses sincères, et surtout, de démanteler le "nationalisme de la bombe atomique" »,,.
En 2002, il reçoit le prix du mérite pour les échanges de paix entre le Japon et la Corée (韓日平和交流功績賞). En , il reçoit le prix de la paix Akizuki (秋月平和賞). Il meurt d'une pneumonie le à l'âge de 92 ans,.
| Suffrages exprimés | 167 150 | |||||
| Candidat | Parti | Suffrages | Pourcentage | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hitoshi Motoshima (élu) | Indépendant | 107 103 | 64,08 % | |||
| Yoshitake Morotani (ja) (sortant) | Indépendant | 49 069 | 29,36 % | |||
| Takao Fukamachi | Parti communiste | 10 978 | 6,57 % | |||
| Suffrages exprimés | 232 801 | |||||
| Candidat | Parti | Suffrages | Pourcentage | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hitoshi Motoshima (sortant) (réélu) | Indépendant | 133 368 | 57,29 % | |||
| Natsuo Iwaguchi | Indépendant | 86 464 | 37,14 % | |||
| Tatsuya Kawaguchi | Parti communiste | 12 969 | 5,57 % | |||
| Suffrages exprimés | 239 380 | |||||
| Candidat | Parti | Suffrages | Pourcentage | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hitoshi Motoshima (sortant) (réélu) | Indépendant | 82 814 | 34,6 % | |||
| Masakazu Miyagawa | Indépendant | 62 015 | 25,91 % | |||
| Jūkō Nakamura (ja) | Indépendant | 49 575 | 20,71 % | |||
| Shirō Shiwaku | Indépendant | 38 485 | 16,08 % | |||
| Tatsuya Kawaguchi | Parti communiste | 6 491 | 2,71 % | |||
| Suffrages exprimés | 228 196 | |||||
| Candidat | Parti | Suffrages | Pourcentage | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hitoshi Motoshima (sortant) (réélu) | Indépendant | 117 392 | 51,44 % | |||
| Masakazu Miyagawa | Indépendant | 109 637 | 48,05 % | |||
| Minoru Yamaguchi | Nippon Aisuru Kai | 752 | 0,33 % | |||
| Seishirō Wakashima (ja) | Seiji Kessha Seikijuku (en) | 415 | 0,18 % | |||
| Suffrages exprimés | 220 300 | |||||
| Candidat | Parti | Suffrages | Pourcentage | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Itchō Itō (élu) | Indépendant | 105 670 | 47,97 % | |||
| Hitoshi Motoshima (sortant) | Indépendant | 60 897 | 27,64 % | |||
| Gorō Asada | Indépendant | 33 867 | 15,37 % | |||
| Jōji Kayano | Indépendant | 19 541 | 8,87 % | |||
| Seishirō Wakashima (ja) | Seiji Kessha Seikijuku (en) | 325 | 0,15 % | |||