Bloc-diagramme montrant des failles normales qui se regroupent en une succession horst/graben (les flèches rouges indiquent la direction de l'extension).Horst (droite) et graben (gauche) du lac Manyara en Tanzanie.Le siège du château de Horst, gravure au burin de Frans Hogenberg (1590). Cette ancienne représentation du château montre bien la protection supplémentaire formée par le cadre naturel.
En géologie, géomorphologie et géographie physique, un horst est un compartiment soulevé. Ce soulèvement résulte de la combinaison de failles normales conjuguées. Un horst est bordé par son contraire géologique, c'est-à-dire des grabens, des fossés effondrés.
Étymologie
Le mot Horst en allemand signifie «monticule».
Formation
Le horst résulte d'une extension de la croûte terrestre: le bloc soulevé appartient à la portion de croûte terrestre qui est restée stationnaire ou s'est soulevée tandis que, de chaque côté, les compartiments voisins s'abaissaient.
Système pétrolier
Le soulèvement d'un horst comme l'abaissement d'un graben peuvent entraîner la formation de pièges structuraux: cela signifie que les hydrocarbures se sont retrouvés piégés par le déplacement de couches imperméables (comme l'argile) le long d'une faille. Cette situation est observable au niveau du horst de Zelten qui jouxte le bassin de Syrte en Libye, découvert par la compagnie pétrolière Esso en .
le massif du Canigou (ou Canigó), près de l'extrémité est des Pyrénées. Il repose sur du granit et du gneiss du Paléozoïque, ainsi que sur des métasédiments de l'Édiacarien. Culminant à 2 785 mètres d'altitude, le massif s'étend sur environ 20 kilomètres du nord au sud et 15 kilomètres d'ouest en est. Le massif du Canigou se détache nettement, et souvent de façon abrupte, des paysages environnants. À cet égard, on dit qu’il est «exceptionnel en France». Par exemple, il s’élève de plus de 2 000 mètres entre Vernet-les-Bains, au pied nord-ouest du massif, et le sommet, sur moins de sept kilomètres. De tous les côtés (sauf au sud), des failles normales se trouvent près de la ligne de ce changement topographique marqué. Le soulèvement du massif du Canigou s’est produit au cours des 30 derniers millions d’années, à des rythmes variables. Ce phénomène est lié à une extension tectonique survenue pendant la même période, extension qui a également entraîné la formation de bassins géologiques voisins, comme celui de la plaine du Roussillon. Le soulèvement du massif du Canigou est peut-être encore en cours.
Le massif du Canigou vu depuis le nord-est, depuis la plaine du Roussillon, près de Perpignan.
Le massif du Canigou vu depuis le nord-ouest.
Le massif du Canigou vu depuis le sud-est.
Carte indiquant l'emplacement du massif du Canigou.
Failles normales autour du massif du Canigou. 1 - Têt; 2 - Aspres; 3 - Mariailles; 4 - Fillols-Py.
Au Proche-Orient, le plateau jordanien est un horst; la dépression de la mer Morte qui le borde est son graben. À l'ouest de ce dernier relief, Massada est également un horst.
↑(en) Marc Calvet, Magali Delmas, Yanni Gunnell et Bernard Laumonier, Geology and Landscapes of the Eastern Pyrenees: A Field Guide with Excursions, Springer International Publishing (Kindle Edition), , Fig. 11.19.
↑G. Guitard, B. Laumonier, A. Autran, Y. Bandet et G.M. Berger, Notice explicative, Carte géol. France (1/50 000), feuille Prades (1095), Orléans, BRGM Éditions, (lire en ligne[PDF]), page 129.
↑(en) Milesi G., Monié P., Soliva R., Münch P., Valla P.G. et Brichau S., et al., «Deciphering the Cenozoic exhumation history of the eastern Pyrenees along a crustal-scale normal fault using low-temperature thermochronology», Tectonics, vol.41, e2021TC007172, (lire en ligne).
↑«Mesure du Canigó», sur www.lindependant.fr (consulté le ). «...le CNRS, qui a une antenne permanente à Fillols, et qui mesure les déplacements, estime que le Canigó monterait d’un demi-centimètre tous les 10 ans».
↑La faille d'Aspres a agi comme une faille de chevauchement se déplaçant vers l'ouest pendant la période de formation des Pyrénées, à l'Éocène, mais plus tard, au Néogène, elle a agi comme une faille normale, soulevant le massif du Canigou vers l'ouest. Voir: B. Laumonier, «Les Pyrénées alpines sud-orientales (France, Espagne) – essai de synthèse», Revue de Géologie pyrénéenne, vol.2,, page 6 et Fig. 2.