Hortulain (en latin Hortulanus ou Ortolanus) est un alchimiste du Moyen Âge, probablement actif au XIVe siècle.
Il est connu pour son commentaire de la Table d'émeraude, qui interprète ce texte attribué à Hermès Trismégiste comme une description allégorique de la fabrication de la pierre philosophale. Imprimé à partir de 1541, ce commentaire connaît une large diffusion à l'époque moderne, en partie sous le nom de Jean de Garlande, à qui il a longtemps été attribué à tort.
Hortulain n'est connu que par ses écrits. Son nom signifie « jardinier » en latin et pourrait être un pseudonyme. Dans la préface de son commentaire, il explique le devoir à des « jardins maritimes » (de hortis maritimis), une expression restée énigmatique. Une ancienne traduction anglaise de cette préface le dit aussi « enveloppé d'une peau de jacobin », c'est-à-dire vêtu de l'habit des dominicains, que l'on appelait jacobins en France. L'historien José Rodríguez-Guerrero y voit l'indice d'un frère dominicain, qu'il propose d'identifier à Jakob Ortlein, de Nördlingen, actif entre 1275 et 1325 environ.
Sa datation a beaucoup varié. Les auteurs anciens, comme Karl Christoph Schmieder en 1832, le plaçaient très tôt, jusqu'au XIe siècle, et l'identifiaient à Jean de Garlande : cette tradition remonte à une édition bâloise de 1560, qui publie son commentaire sous le nom de Garlande. L'historien de l'alchimie Julius Ruska le situe au milieu du XIVe siècle : le plus ancien manuscrit connu du commentaire, conservé à Saint-Gall, et ses premières mentions dans d'autres écrits datent de ce siècle. José Rodríguez-Guerrero propose une date plus haute, antérieure à 1325. Le commentaire est en tout cas antérieur à 1386, date à laquelle l'alchimiste anglais John Dombelay le commente à son tour.
Son œuvre principale est un commentaire de la Table d'émeraude, parfois intitulé Liber super textum Hermetis. Hortulain y lit ce texte bref et obscur comme une recette allégorique de fabrication de la pierre philosophale.
Selon José Rodríguez-Guerrero, l'œuvre originale comprenait deux parties. La première traite de la quintessence, qu'Hortulain tire du vin : il serait ainsi le premier auteur à rapprocher l'alcool de la quintessence, un demi-siècle avant Jean de Roquetaillade. La seconde, plus théorique, est le commentaire proprement dit, centré sur l'idée d'une chaleur primordiale présente dans toute la matière. Seule cette seconde partie a été imprimée, si bien que la première est tombée dans l'oubli.
Le commentaire est imprimé pour la première fois en 1541 à Nuremberg, dans un recueil alchimique, puis réédité en 1545. En 1560, il paraît à Bâle sous le titre de Compendium alchimiae et sous le nom de Jean de Garlande ; une nouvelle édition suit en 1571. Cette large diffusion en fait l'un des textes les plus lus par les alchimistes de l'époque moderne.
Le texte d'Hortulain a lui-même été commenté. En 1386, l'alchimiste anglais John Dombelay rédige une Practica vera alchimica, dédiée à l'archevêque de Trèves Cunon II de Falkenstein, qui sera publiée dans le Theatrum Chemicum.
D'autres écrits alchimiques lui sont attribués, notamment un traité sur la pierre philosophale, un Rosarius minor et un Textus alkimie.