| Vicomte |
|---|
| Père | |
|---|---|
| Mère |
Emme de Montevrault, Dame de Lude (d) |
| Conjoint |
Ermengarde de Nevers (d) (depuis ) |
| Enfants |
Raoul VII de Beaumont-au-Maine Denis de Beaumont (d) Hubert de Beaumont (d) Guillaume de Beaumont-au-Maine (d) Godeheult de Beaumont (d) |
Hubert (II) de Beaumont-au-Maine, surnommé Hubert de Sainte-Suzanne, est un vicomte de Beaumont et du Maine puis de Vendôme, détenant, au XIe siècle, les places de Beaumont, Fresnay et Sainte-Suzanne.
Attaché à la cause du comte d'Anjou et du Maine, il joua un grand rôle dans la lutte de ses suzerains contre Guillaume le Conquérant. Malgré un siège de quatre ans 1083 - 1086, la cité de Sainte-Suzanne, qu'Hubert II défendait, est restée dans l'Histoire comme le seul château que Guillaume le Conquérant lui-même n'ait jamais pu prendre.

La famille de Beaumont, puis de Beaumont-Brienne, domina cette région du Maine du Xe au XIVe siècle.
Hubert, fils de Raoul V de Beaumont et d'Emma de Montreveau, devait sans doute son nom à Hubert, évêque d'Angers, son grand-oncle, si dévoué aux intérêts de sa nièce. On le nomme tour à tour vicomte de Sainte-Suzanne, du Lude, du Maine, des Manceaux, du Mans. Pendant la vie de Cana, seconde femme de son père, il se dit son fils, et la qualifie toujours de vicomtesse ; il est juge de sa cour.
Né vers 1047, le vicomte Hubert avait épousé, le , Ermengarde de Nevers, fille de Guillaume Ier de Nevers, (°1029 † 1083), comte de Nevers
, et d'Ermengarde de Tonnerre. Cette dame est citée avec son mari, particulièrement dans la confirmation à saint Aubin de la chapelle de Saint-Aubin du Lude, vers 1090, et dans la donation de Saint-Flaceau à l'abbaye de Saint-Vincent.
Avec sa fille Godeheult, la future abbesse d'Étival, elle fréquentait les couvents. Un jour de Pâques, étant venue à Cellières, elle donna au prieur, Henri de Champeaux, droit de chasse dans sa forêt ; plus tard, aux fêtes de Noël, elle concéda au prieur de Cheffes, Geoffroy de Nantes, droit d'usage dans ses bois. On trouve, à la date du , une vicomtesse Ermengarde, femme de Gautier Hait, vicomte de Mollan, que dom Guilloreau suppose être la vicomtesse du Maine, remariée si tard, et vivant encore âgée de 90 ans au moins. Cela paraît peu vraisemblable et demanderait des preuves.
Hubert avait eu cinq enfants :
Robert de Vieux-Pont (lui aussi présent à Hastings), Robert d'Ussi et d'autres chevaliers normands de haut rang sont tués. Le , c'est Richer de L'Aigle, fils d'Engenoulf de l'Aigle, qui meurt lui aussi devant Sainte-Suzanne, d'une flèche dans l'œil, après avoir pardonné au jeune homme qui l'avait atteint.
Nous trouvons depuis Hubert, avec Robert le Bourguignon, son oncle, qui menace de raser le château du Lude, déjà pourtant bien de famille, 1090. Du vivant même de son père, il avait confirmé avec lui aux abbayes les legs de ses ancêtres. Il renouvela ces actes quand il eut la charge de vicomte envers Saint-Vincent, Saint-Aubin, Marmoutier, spécialement au Lude. Il assista à une donation de l'église et du presbytère de Bazougers à Saint-Vincent.
Il mourut avant le , d'après M. Robert Latouche.
Une chanson à la gloire d'Hubert II fut écrite au début du XXe siècle par Amand Dagnet ("Sainte-Suzanne en chansons", Imp. Goupil, Laval, 1929).
Jeunes gens de Sainte-Suzanne, / Chantez vos preux / Et vive Hubert II ! / Que les échos du Tertre Ganne / Redisent joyeux : / Vive Hubert II !
Filles garçons, mes bons amis, / (À qui le tour d'entrer en danse ?) / Sur la Poterne réunis / (Qu'il embrasse à sa convenance) / Jeunes gens de....
Dansons, chantons à pleine voix / (À qui le tour d'entrer en danse ?) / Nos capitaines d'autrefois / (Qu'elle embrasse à sa convenance)
Adonc, Hubert II, mécontent / (À qui...) / Des procédés du Gas Normand / (Qu'il...) /
Sitôt le fait dire au Bastard / Et lève le camp sans retard
S'en vient donc le vaillant guerrier / S'établir sur notre roche
Dès qu'on l'aperçoit tout là-bas / suivi de ses meilleurs soldats
Tertous on crie à l'unisson : / Vive Hubert, le gentil baron !
Puis d'autres chevaliers encore / Viennent lui donner du renfort
Les preux, de nos plus hautes tours / Surveillent tous les alentours
Ils attendent le Conquérant, / L'Anglais, le Breton, le Normand...
Guillaume, un matin, apparaît : / Qu'il vienne ! le baron est prêt...
Longtemps par ici guerroya / Mais Hubert il ne délogea
Le Bastard, au bout de trois ans, / Déguerpit avec tous ses gens :
Le fils d'Arlette plus jamais / Ne vint revoir les Suzannais
Tous, au récit de son départ / Ont bientôt franchi le rempart ;
Sont allés, au son du hautbois / Danser cette ronde sous bois.
En l'honneur de nos vaillants preux / Crions encore : Vive Hubert II !
Cette chanson fut remise en musique à la fin des années 1960 par Jean Déré, Grand Prix de Rome de musique.