| Nom arabe |
Hilala |
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| Région principale | |
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| Province principale | |
| Province secondaire | |
| Autre province |
| Période d'apparition |
XIVe – XVe siècle |
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| Mode de vie |
Sédentaire |
| Fait partie du groupe tribal |
| Langue principale | |
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| Personnages marquants |
Ba 'Aqqa (ancêtre commun) Sidi Mohammed Ou M'barek (Marabout) Sidi Barakat Tidsi (caïd) Abdallah Zakour (résistant) Ahmed Assid (activiste) |
Ilalene, Illalene, Ilaln (إيلالن), ou en arabe Hilala (هلالة) sont une confédération de tribus berbères chleuh de l'Anti-Atlas central et occidental.
Les Illalene tirent leurs origines de la cité de Tamedoult n'ouAqqa, détruite entre la fin du XIVe et le début du XVe siècle par le caïd mérinide Mohammed Amensag. Une grande partie des habitants de Tamedoult avant sa destruction venaient des environs de Tombouctou, ce qui est le cas des Illalene. D'après le diwan saâdien de 1580, les Ilalene regrouperait tout les groupements de nassab jaâfarite dans le Souss (Benou Khalil, Zirara, Oulad Amr, Mâfra, Oulad Jlal, Oulad Knoun et Aït Tzallit). Ces derniers descendraient d'un homme appellée « Ba Aqqa » mais hormis le diwan, aucune autre source le mentionne.
Les Illalene se composent de diverses fractions, changeant à travers son histoire et le temps, autrefois les Ilalene s'étendaient au delà de leur territoire actuelle et englobaient la confédération des Igounane (ces derniers furent retranchés des Ilalene par le sultan Ahmed al-Mansour). Voici la composition actuelle de la tribu:
D'autres auteurs y ajoutent les Issendalene, les Ida Ou Ktir ou encore les Ida Ou Gnidif.
Au XXe siècle, les tribus des Ilalene sont réparties en deux groupes : les Ilalene Oufella, « Ilalene d'En - Haut » et les Ilalene Izdar, « Ilalene d'En- Bas ».
Après leur migration du désert vers Tamedoult et la destruction de la cité, les Illalene vont migrer alors à Tizgui n'Ida Ou Baloul dans la vallée des Issafene. Une épidémie de peste survient peu d’années après, si meurtrière que dans les cimetières il y a dit-on sept sépultures superposées. Fuyant le fléau, les survivants poursuivent leur exode vers le Nord, atteignant les territoires qu’ils occupent aujourd’hui -peut-être vers la fin du XIVe siècle. Peut-être est-ce vers cette époque que les Ilalene furent désignés sous le nom d’Aït Sate Temad « Les Gens au Nombre de sept cents », en souvenir d’un recensement où leur pays comptait ce nombre d’habitants. Au XVe siècle, les Ilalene étant devenus très nombreux, ils attaquent leurs voisins Achtoukene (Chtouka) s’efforçant de les repousser vers le Nord et le Nord-Ouest. Une lutte assez longue s’engage entre Ilalene et Achtoukene, elle sera arbitrée par le santon Sidi Mohammed ou Mbark d’Aqqa (mort en 1515) qui mettra fin à leurs discordes en plantant son bâton dans le sol et en déclarant: « Ici se trouve la limite entre les Achtoukene et les Ilalene ». C’est là où s’établit le Souq el-Had des Ilalene, à la limite de Tasguedelt (Ilalene) et Aït Mzal (Achtoukene), non loin des Aït Baha.
En 1505, les Portugais vont s'emparer d'Agadir et les tribus berbères de la région du Souss vont alors se diriger vers deux cheikh des Ilalene (tous deux issus, d'après D.J Meunié, de la famille des Aït Ouisaâdene) pour leur demander de diriger la guerre sainte: Sidi Mohammed Ou M'barek d'Aqqa et Sidi Ou M'barek de Tidsi n'Issendalene. Ces deux derniers refusent, mais dirigent les gens du Souss vers un chérif obscur de la vallée du Drâa issu du village de Tagmadert. C'est alors qu'eu lieu la proclamation des Saâdiens à Tidsi en 1510. Les Ilalene vont fournir les premiers contingents du chérif, plus de 500 cavaliers, dans le jihad de la première attaque de Santa Cruz. Plus tard, l'armée du Chérif va se grossir d'autres élements du même leff Iguezoulen (Berbères de l'Anti-Atlas) auxquelles appartiennent les Ilalene tels que les Ida Oultit, les Akhsas ou encore les Mejjate et englobera plus tard toutes les populations de la région jusqu'aux tribus Haha: c'est la naissance de l'armée du Souss. De victoire en victoire, les Saâdiens finissent par chasser les Portugais et les Wattassides du Maroc. Les Saâdiens vont alors désigner des cadis et des gouverneurs ainsi que des fonctionnaires de tout ordre parmi les gens du Souss tels que les chambellans, portiers, adala et percepteurs pour leur nouveau territoires conquis. Désormais, les Ilalene vont former la garde des sultans (D'après Marmol, les sultans ne faisaient confiance à personne d'autres qu'eux) et le noyau des garnisons grandes villes comme Taroudant, Marrakech ou encore Fès où ils seront installés dans la première et unique casbah saâdienne de Fès avec les contingents Guezoula : la kasbah de Tamdert,.
Léon l'Africain décrit les gens de cette montagne (qu'il appelle Ilalem/Laâlem) comme des gens nobles et magnifiques, ayant une grande quantité de chevaux et guerroyant entre eux pour une mine d'argent qui est en la montagne. La tribu comptabilisait alors 6 000 guerriers. Marmol décrit les Ilalene (Hiléla) comme étant les plus puissants de la contrée et sont compagnons d'armes des Arghen, Ida Ou Kensouss et Ida Ou Nadif avec qui ils forment 5 000 chevaux et 30 000 hommes de pieds, des meilleurs de toute l'Afrique. Le Diwan saâdien du Souss daté de 1580 les présentent comme la seconde tribu la plus nombreuse des Ahl Souss après les Ida Oultit (12 000 à avoir accompagner le sultan en harka)
Au XVIIIe siècle, les Ilalene sont indépendants. Toutefois, le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah (1757-1790), souhaitant avoir des données sur l'importance numérique de leur population, il reprend une ancienne ruse saâdienne et obtient de faire verser le versement à titre de présent d'un œuf par foyer. Il aurait reçu ainsi 1 000 œufs. Au XIXe siècle, les Ilalene ne reconnaissent pas le sultan. Entre 1800 et 1820, Akhennaj khalifa du sultan et qaïd des Haha entreprend des tournées de police dans l'Anti-Atlas et tente d'obtenir la soumission des Ilalene. Parti de Tiznit, il réussit à s'avancer jusqu'à Amanouz (au Sud de Tafraoute) pour gagner ensuite Tazalaght et Aferni chez les Aït Aâbdallah, mais il est chassé par les partisans du leff des Iguezoulene auxquels appartiennent les Aït Aabdallah; Akhennaj et son corps expéditionnaire s'enfuient au Nord - Ouest à travers le territoire des Ida Ougnidif pour rejoindre ensuite Taroudannt, puis le Gharb. Les Ilalene ont farouchement réussi à sauver leur indépendance jusqu'à l'occupation française en 1934.
Les Ilalen sont très célèbres dans l'ensemble de l'Anti-Atlas car ce groupe possède, depuis des siècles, la Charte originale azrf des greniers collectifs igudar.
Chacune de leurs dix-huit tribus a son administration séparée. Les cheikhs ne sont pas héréditaires si ce n'est dans la tribu des Aït Abdallah mais là aussi le cheikh a plutôt un titre qu'un pouvoir et ne fait que les volontés de la jemaâa. Chaque tribu est gouvernée par sa jemaâa, son assemblée, dont le nom berbère est anefaliz ; cette assemblée se compose de délégués de toutes les familles de la tribu, chacune en envoie un, l'ensemble de ces chets de famille forme l'anefaliz qui règle toutes les affaires du groupe. Chaque fraction a un agadir, quelques - unes en ont deux ou trois. L'agadir est le magasin général de la tribu et son réduit en temps de guerre, c'est là aussi que s'assemble l'anefaliz. Le lieu de réunion des Ilalene d'En - Haut est Ajarif ou Agadir Ouadou (« Agadir du Vent ») entre les Aït Aâbdallah, les Aït Aâli et les Idouska Oufella. Le lieu de réunion des Ilalene d'En - Bas est El - Hallate (depuis 1756) ; c'est là que se rassemblaient les harkas (expéditions) et qu'on jugeait les affaires de meurtre ou de vol entre tribus
Parmi les familles originaire d'Ilalen qui ont servi la dynastie saâdienne, les Ouled Yaâza d'Asfi: Leurs ancêtres arrivèrent à Safi sur ordre du sultan Muhammad al-Sheikh ibn Zaydan al-Saadi, faisant partie de la mission qu'il avait envoyée pour protéger la ville des attaques portugaises. Leur quartier général était la forteresse d'Al-Bastiyun, du nom d'une tour qui se dressait sur le rivage au nord de Safi. Leur rôle était de surveiller la mer et de contrôler tout navire étranger ou pirate. Ils recevaient une solde mensuelle prélevée sur les revenus du port et étaient placés sous l'autorité du gouverneur de Safi. Sous le règne du sultan Moulay Ismail, ils furent séparés du gouverneur de Safi et un homme parmi eux, as-Sayyid Bella Ou Boujemâa, fut nommé à leur tête par décret royal en 1120 AH.
Parmi leurs figures historiques les plus remarquables figurent: