| Naissance | |
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| Nom de naissance |
אילן פפה |
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Université hébraïque de Jérusalem (baccalauréat ès arts) (jusqu'en ) Université d'Oxford (docteur en philosophie) (jusqu'en ) |
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Depuis |
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Université d'Exeter (depuis ) Université de Haïfa (- |
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Le Nettoyage ethnique de la Palestine (), The Idea of Israel (d) (), Ten Myths About Israel (d) (), Historical Dictionary of Palestine (d) () |
Ilan Pappé (אילן פפה en hébreu), né Benyamin Pappé le à Haïfa en Israël, est un professeur d'université et historien israélien. Il fait partie des « nouveaux historiens » qui ont examiné de façon critique l'histoire de l'État d'Israël et du sionisme.
Né à Haïfa en 1954, Ilan Pappé est fils de Juifs allemands : son père l'avocat Fritz Karl Pappe, et sa seconde épouse, Clara née Reich. Le couple Pappe fuit son pays, après l'accès d'Hitler au pouvoir, et émigre lors de la Cinquième Aliyah (1929-1939).
Il étudie à l'école Reali de Haïfa, où il se spécialise en orientalisme. Après ses études secondaires, il effectue à compter de fin 1972 ses trois années de service militaire en Israël dans le corps du renseignement. Lors de la guerre du Kippour (du 6 au ), il est notamment actif dans une unité de Tsahal qui opère sur le plateau du Golan, en Syrie.
Après son service, il entreprend des études supérieures et il est titulaire d'un diplôme de niveau licence de l'Université hébraïque de Jérusalem obtenu en 1978.
Il quitte ensuite Israël et effectue ses études doctorales en Angleterre à Oxford dont il est docteur en relations internationales en 1984, sous la direction d'Albert Habib Hourani. Après l'obtention de son doctorat, il retourne dans son pays et devient alors professeur au sein de l'université de Haïfa jusqu'en 2007, d'abord au département d'études du Moyen-Orient puis au département de sciences politiques .
Il fonde en 1993 l'Institut d'études sur la paix à Givat Haviva, centre éducatif national de la Fédération des kibboutz d'Israël, qui promeut la réconciliation entre Juifs et Arabes, et la dirige jusqu'en 2000.
Il préside également l'Institut Emil Touma d'études palestiniennes à Haïfa.
Au cours des années 2000, Ilan Pappé est le sujet de plusieurs polémiques, notamment à la suite de la tuerie commise par des membres de la Haganah à Tantura et à son appel au boycott des universités israéliennes, ce qui l'a conduit à entrer en conflit avec ses collègues de l'université de Haïfa et en particulier avec l'historien de droite Yoav Gelber. Son autre collègue Benny Morris, également « nouvel historien », qui se déclare sioniste, et lui ont divergé sur leurs analyses des événements de 1948 et dans leur vision des responsabilités du conflit israélo-palestinien.
Il est victime de controverses sur ses travaux sur le sionisme, sur la création de l'État juif et de ses positions politiques en Israël, et à la suite d'un climat de menaces et répression en Israël. Pappé déclare au journal qatari The Penisula qu'en Israël, il est considéré comme « un fou et un agent des Arabes ». Au Guardian britannique, il confie avoir reçu des menaces de mort en raison de ses opinions, que la Knesset l'avait publiquement condamné et que le ministre de l'Éducation avait demandé sa destitution. Pappé s'exile ainsi en Grande-Bretagne en 2007, où il a effectué une partie de ses études.
Il est aujourd'hui professeur d'histoire au département des sciences sociales et des études internationales à l'université d'Exeter et directeur du Centre européen d'études sur la Palestine de l'université et codirecteur du Centre d'études ethnopolitiques d'Exeter, au Royaume-Uni.
Il indique avoir été représentant du mouvement Peace Now en Grande-Bretagne et en avoir été expulsé en 1982 à la suite d'une altercation avec un représentant de l'OLP à la Chambre des communes.
En 1996, Pappé s'est présenté comme candidat à la Knesset sur la liste du Hadash emmenée par le Parti communiste israélien. Il a été membre en 2002 de ce parti.
Il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le .
Antisioniste, il indique « ne pas souscrire pas à l’idée qu’une communauté qui revendique une terre depuis des millénaires ait le droit de l’occuper en dépossédant les communautés autochtones ». Il estime que la seule solution au conflit israélo-palestinien est la création d'un État binational, partagé par Juifs et Arabes.
Les causes de l'exode des 700 000-750 000 Palestiniens qui vivaient dans la partie de la Palestine qui devint Israël en 1948 ont fait l'objet d'une controverse entre historiens. Les historiens israéliens affirmaient que les Palestiniens arabes avaient principalement fui à la suite d'ordres des dirigeants arabes ; tandis que d'autres estimaient que l'exode aurait été planifié par les autorités israéliennes.
S'appuyant sur les archives israéliennes et britanniques, les « nouveaux historiens » israéliens ont remis en cause les thèses précédentes à partir des années 1990. Le premier d'entre eux, Benny Morris, est arrivé à la conclusion que l'exode fut avant tout le résultat de la guerre. Avant , les Palestiniens fuyaient principalement les combats, notamment par crainte des atrocités, puis ils furent généralement expulsés au cours des opérations militaires israéliennes. Benny Morris explique cependant qu'il n'a pu montrer ou découvrir que cela ait été le résultat d'une politique délibérée. Ses recherches et conclusions remettent ainsi en cause les thèses précédentes.
La thèse d'Ilan Pappé est quant à elle plus proche de l'historiographie palestinienne [réf. nécessaire]. Il considère que l'exode palestinien est comparable à une épuration ethnique planifiée par David Ben Gourion et un objectif désiré par le mouvement sioniste. De plus, toujours selon lui, cette politique aurait été appliquée dès et non pas seulement lors des expulsions qui se produisirent après . Benny Morris a également fait référence à plusieurs reprises à ces événements en les qualifiant de nettoyage ethnique,,. Cette thèse, exposée dans Le Nettoyage ethnique de la Palestine, a été confirmée par d'autres recherches basées sur des sources indépendantes.
Ancien collègue d'Ilan Pappé, Yoav Gelber est un de ses plus virulents critiques comme il est critique des « dérives gauchisantes » de certains représentants de l’historiographie israélienne contemporaine.
En ce qui concerne les liens qu'Ilan Pappé établit entre le « négationnisme de la Shoah » et le « négationnisme de la Nakba », Yoav Gelber voit en lui « le plus extrémiste de ceux qui établissent un lien entre le destin des Palestiniens et la Shoah. » Il justifie son point de vue notamment en affirmant qu'Ilan Pappé fait abstraction, selon lui, du conflit judéo-arabe précédant 1948, de l'opposition arabe au sionisme par la violence, des massacres perpétrés sur les Juifs non sionistes d'Hébron et de Safed en 1929. Gelber ne considère en effet pas que cela se soit produit au moment où la Palestine, qui était habitée entre 80 % et 90 % par les Palestiniens, est passée sous occupation britannique, ce qui avait causé la révolte des Palestiniens en 1929, pendant laquelle au total 133 juifs et 116 arabes sont tués. Ou encore du fait que, toujours selon Gelber, ce sont les Arabes palestiniens et la Ligue arabe qui ont déclenché la guerre de 1948. Il lui reproche également sa thèse sur le fait qu'« une épuration ethnique » aurait été planifiée par les Juifs (le plan est connu sous le code de "Plan D") et que l'affirmation selon laquelle tant les Palestiniens que les Juifs sont des victimes de la Shoah d'Europe est fondée sur une comparaison déséquilibrée entre les crimes nazis et les « quelques atrocités perpétrées par les deux côtés au cours de combats réciproques ». Il conclut en affirmant que « [ce] faisant, [Pappé] est très proche du négationnisme de la Shoah ». Des critiques souvent portée par les historiens sionistes à des historiens anti-sionistes.
Son compatriote Benny Morris, qui est au contraire dans le mouvement sioniste, décrit certains des écrits de Pappé comme une « fabrication complète » et déclare qu'il est « au mieux l'un des historiens les plus bâclés du monde ; au pire, l'un des plus malhonnêtes ». Morris lui reproche « son désir de noircir les sionistes et de blanchir les Palestiniens ».
Les historiens israéliens Efraïm Karsh,, Herbert London ainsi que les professeurs Daniel Gutwein (he) et Yossi Ben-Artzi (he) de l'Université de Haïfa rejettent ses travaux.
L'historien israélien Yoav Gelber l'a qualifié de « William Joyce israélien », le comparant à ce collaborateur de l'Allemagne nazie exécuté pour trahison par les États-Unis.
En 2003, Emmanuel Sivan (he), critique le point de vue adopté par Pappé concernant la visite du mufti Mohammed A. al-Husseini à Adolf Hitler en et la faible attention accordée au Palestinien Faisal Husseini.
Il est critiqué par le professeur émérite Michael J. Cohen pour avoir affirmé en 2006, avoir un « parti pris » :
« Mon parti pris est apparent malgré le désir de mes pairs que je m'en tienne aux faits et à la «vérité» lors de la reconstruction des réalités passées. Je considère une telle construction comme vaine et absurde ».
Il est critiqué par des universitaires israéliens pour avoir déclaré en 2007 : « Je soutiens la résistance du Hamas à l'occupation israélienne, bien que je sois opposé à leur idéologie politique », et pour avoir publié en 2008 un article sur le site pro-palestinien Electronic Intifada dans lequel il affirmait que l'État d'Israël commettait un génocide à Gaza et un nettoyage ethnique en Cisjordanie.
Ilan Pappé a publiquement soutenu le travail de recherches pour l'obtention de sa maîtrise en histoire, effectué par un étudiant cinquantenaire de l'université de Haïfa, Théodore ou Teddy Katz, qui affirme que la brigade Alexandroni, une unité de la Haganah, ancêtre de l'armée israélienne (créée à compter du par ordonnance du gouvernement israélien), avait commis un massacre d'environ 200 civils dans le village palestinien de Tantura les 22 et . En , l'auteur de ce travail est poursuivi pour diffamation par des anciens membres de la brigade Alexandroni et il est condamné par la justice pour avoir dénaturé les témoignages et pour avoir modifié les déclarations des témoins. Il déclare ne plus considérer Tantura comme un massacre pratiqué par la brigade de l'armée de terre israélienne et il publie des excuses. Ilan Pappé continue de soutenir la thèse malgré la condamnation et démissionne de l’université de Haïfa en solidarité avec Katz. Un film publié récemment en Israël en 2022 confirme les accusations de l'étudiant en maîtrise T. Katz. En effet, les anciens membres de la brigade Alexandroni reconnaissent eux-mêmes qu'ils ont menti en 2000.
« My bias is apparent despite the desire of my peers that I stick to facts and the ‘truth’ when reconstructing past realities. I view any such construction as vain and preposterous ».