Iran-e Farda (persan: ایران فردا, littéralement «L'Iran de demain») est un périodique iranien proche de l'Alliance nationaliste-religieuse, publié sous forme de magazine imprimé et en version digitale, qui se concentre sur les questions socio-politiques en cours en Iran.
Historique
La publication d'Iran-e-Farda commence en 1992. En , un une enquête révèle que le magazine est le mensuel politique le plus lu en Iran. En 1996, la chaîne d'État IRIB TV1 diffuse une émission nommée Hoviyat qui attaque fréquemment Iran-e-Farda en l'accusant d'être l'une des «bases pour l'invasion culturelle de l'Iran par l'Occident». En réponse, le directeur général du magazine, Ezzatollah Sahabi(en), écrit une lettre ouverte au président Hachemi Rafsandjani, publiée par le journal Salam, où il demande d'avoir l'occasion de se défendre. Durant la présidence de Mohammad Khatami, il s'exprime de plus en plus ouvertement en faveur de la société civile en demandant à Khatami de tenir ses promesses et en appelant à davantage de liberté et de tolérance. Il critique aussi souvent l'establishment conservateur.
Le magazine est interdit en pendant la répression qui cible une douzaine de journaux réformistes. À cette époque, il paraît à un rythme bimensuel; sa diffusion est estimée à 50 000 exemplaires, soit plusieurs fois plus que la plupart des autres périodiques en Iran.
Iran-e-Farda est relancé en mais il cesse de paraître en , à cause d'une nouvelle interdiction. Son rédacteur en chef est arrêté en 2019 et condamné en 2020 à une peine de cinq ans de prison.
Selon Wilfried Buchta, le magazine est le lieu de rassemblement, autour d'Ezatollah Sahabi, de la gauche islamique et des nationalistes-religieux. Yadullah Shahibzadeh défend l'idée que les mouvements post-islamiste et néo-shariatiste sont associés à Iran-e-Farda et l'utilisent comme plate-forme pour entrer dans le débat public dans les années 1990.
Équipe
Ezatollah Sahabi est le fondateur et directeur général d'Iran-e-Farda; Reza Alijani(en) en est le rédacteur en chef. Après le nouveau lancement de 2014, Kayvan Samimi devient le rédacteur en chef et Hamed Sahabi l'éditeur du magazine.
Les contributeurs et autres chroniqueurs qui ont écrit pour Iran-e-Farda incluent:
↑Mehran Kamrava, «The Civil Society Discourse in Iran», British Journal of Middle Eastern Studies, vol.28, no2, , p.165–185 (ISSN1353-0194, lire en ligne, consulté le )
12(en) Tauseef Ahmad Parray, «Iranian Intellectuals on “Islam and Democracy” Compatibility: Views of Abdulkarim Soroush and Hasan Yousuf Eshkevari», Journal of Middle Eastern and Islamic Studies (in Asia), vol.7, no3, , p.43–64 (ISSN1937-0679, DOI10.1080/19370679.2013.12023227, lire en ligne, consulté le )
↑Ziba Mir-Hosseini, «The Conservative: Reformist Conflict over Women's Rights in Iran», International Journal of Politics, Culture, and Society, vol.16, no1, , p.37–53 (ISSN0891-4486, lire en ligne, consulté le )
12(en) Wilfried Buchta, Who rules Iran? the structure of power in the Islamic Republic, Washington, Washington Institute for Near East Policy, coll.«WorldCat», , 239p. (ISBN978-0-944-02939-8, OCLC495426678), p.83
12Yadullah Shahibzadeh. Islamism and Post-Islamism in Iran: An Intellectual History. Springer, 2016. p.102–103. (ISBN9781137578259).
↑(en-US) The Associated Press, «2 Iranian Dissidents Seized», The New York Times, (ISSN0362-4331, lire en ligne, consulté le )