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Isabelle Rozenbaum, née le à Boulogne-Billancourt, est une photographe et vidéaste française. Elle est cofondatrice de la plateforme collaborative de création et de critique D-Fiction.
Isabelle Rozenbaum fait ses études à Paris avant de se former en 1981 comme photographe auprès de Jean-Louis Bloch-Lainé. À partir de 1983, elle réalise de nombreux reportages pour l’institutionnel, le corporate, la presse, tout en voyageant à travers l’Asie et l’Afrique.
En 1989, elle séjourne aux États-Unis et suit l'enseignement d'Allan Sekula au California Institute of the Arts, ce qui déclenche alors son intérêt pour l’histoire sociale, la culture mémorielle et transgénérationnelle ainsi que la transmission ethno-culinaire.
À partir de 1991, elle explore l'autoportrait et l’univers onirique, telle que l’illustre sa toute première série réalisée au sténopé, Dormeuses (1992), exposée à la Bibliothèque nationale de France en 2003 dont le critique Dieter Wieczoreck observe :
« [l’artiste] traduit en image l’état de l’inconscient comme un monde souterrain où des formes de la vie se dessinent comme des paysages célestes. »
Jean-Claude Lemagny, remarque pour sa part — évoquant une autre série d’autoportrait, Automorphoses (1993) — que ces « visages sont des masques, et des masques de pierre. Comme ceux de Teotihuacan, ils vivent d’une vie tournée vers l’intérieur, leurs rêves sont impénétrables. »
En 1994, elle co-fonde l’agence PhotoAlto, créatrice de contenus de communication visuelle. En tant que directrice artistique, elle collabore avec un groupe de photographes européens pour produire des thèmes photographiques de tendances socio-culturelles. Elle publie également plus d'une trentaine d'ouvrages dans le domaine de la gastronomie (avec des grands chefs étoilés tels que Guy Martin et Michel Guérard) et de l'ethno-culinaire dont plusieurs sont primés (Éd. La Martinière, Le Chêne, Le Seuil, Élytis, Agnès Viénot, etc.).
À partir de 2010, elle co-anime la plateforme collaborative de création et de critique D-Fiction, réalisant les vidéos Portraits de fiction sur des écrivains, photographes, philosophes, sociologues parmi lesquels Jean-Christian Bourcart, Mathias Énard, Jean-Joseph Goux, Cécile Guilbert, Mikael Hirsch, Alessandro Mercuri, Jean-Claude Moineau, Marie-José Mondzain, Éric Rondepierre, etc.
En 2016, elle publie Tentative d'épuisement d'un lieu bordelais sur le chantier de la Cité du Vin à Bordeaux à partir duquel elle examine, sous la forme d’un « carnet de bord visuel » dont les textes se font la voix des images, l’interaction entre architecture et photographie au XXIe siècle.
En 2026, elle publie Rozebud. Autoscopie des images, une quête de « l'image manquante » — sorte d’image métaphysique des origines — mais aussi une enquête réflexive sur l'image contemporaine portant sur le geste artistique et son processus révélateur. L’ouvrage, composé de 99 textes et de 99 photographies, se présente en deux parties distinctes : la première à travers des archives familiales, la seconde à travers sa propre photographie plasticienne réitérant cet idéal de Michel Foucault de faire de sa vie une œuvre d'art.
Ses recherches artistiques interrogent la question de la représentation et du statut de l'image à travers des séries photographiques et des vidéos qui portent sur l’espace intime, sur l'univers onirique, sur la psychogéographie, sur les dystopies contemporaines.
Sa démarche plasticienne se partage entre quatre axes principaux :
Son travail a reçu plusieurs distinctions : bourse « Brouillon d'un rêve » (SCAM, 2013), prix Guerlain (2008), prix Ladurée (2004), prix Antonin Carême (2004), prix Polaroid International catégorie Fine Art (2004), et a fait l’objet d’expositions et de projections en France et à l'étranger.
Plusieurs de ses autoportraits issus de sa série Dormeuses (1992) ont rejoint le fonds de la Bibliothèque nationale de France, ainsi que deux de ses vidéos, Deux arbres/Two Trees et Rêve brun # 1 Grey-Brown Dream, celui du Mémorial de la Shoah.
« Ce qui m’étonne, c’est que, dans notre société, l’art n’ait plus de rapport qu’avec les objets, et non pas avec les individus ou avec la vie […]. Mais la vie de tout individu ne pourrait-elle pas être une œuvre d’art ? Pourquoi un tableau ou une maison sont-ils des objets d’art, mais non pas notre vie ? »