Isis-Néféret

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Isis-Néféret
Image illustrative de l’article Isis-Néféret
Stèle de Ramsès II accompagné d'Isis-Néféret et de leurs enfants - Assouan
Surnom La grande épouse royale, la mère du roi
Nom en hiéroglyphe
Q1X1
H8
F35D21
X1
Transcription Ȝs.t-Nfr.t
Décès entre l'an 30 et l'an 34 du règne de Ramsès II
Période Nouvel Empire
Dynastie XIXe dynastie
Fonction principale Reine d'Égypte
Famille
Mère Isis-Nofret ?
Conjoint Ramsès II
Enfant(s) ♂ Ramessou
♂ Khâemouaset
♂ Mérenptah
♀ Bentanat
♀ Iset-Nofret ?
Sépulture
Emplacement Saqqarah ?

Isis-Néféret est une reine d'Égypte de la XIXe dynastie, épouse de Ramsès II. On ne sait pas grand-chose sur elle si ce n'est que quatre de ses enfants auront des rôles importants au cours du règne de Ramsès II, jusqu'à ce que l'un d'entre eux, Mérenptah, lui succède sur le trône d'Égypte.

Généalogie

Isis-Néféret

Ses origines sont pratiquement inconnues et encore aujourd'hui très débattues. Certains spécialistes avancent qu'elle serait syrienne, pointant le nom de sa fille aînée Bentanat et qu'elle aurait été donnée en mariage lors du règne de Séthi Ier au jeune Ramsès II. Toutefois, il est fort possible qu'il s'agisse simplement un témoignage du souci de Ramsès II de vénérer l'une des divinités asiatiques introduites depuis longtemps dans le Delta oriental, région d'où est originaire Ramsès II. D'autres pensent qu'elle avait peut-être des liens avec la famille du pharaon Horemheb. Ils reposent leur proposition sur le texte d'un ouchebti découvert par Geoffrey Thorndike Martin dans le puits I de la tombe de ce souverain, à Saqqarah. D'autres encore la donnent comme la fille d'un dignitaire de la cour du pharaon Séthi Ier. Il est presque évident qu'elle n'est pas princesse car on n'a jamais retrouvé pour elle le titre de « Fille du Roi » (sȝt-nswt), ce qui ne veut pas dire qu'elle n'était pas égyptienne.

Isis-Néféret est probablement mariée à Ramsès II dès l'an 1 du règne de Séthi Ier, D’après l’inscription dédicatoire d’Abydos, Ramsès II a reçu de son père un harem entier ainsi que ses premières épouses dès sa première année en tant que prince héritier. Elle pourrait donc, tout comme Néfertari, faire partie de ces épouses dont les noms ne sont pas explicitement cités. L'ordre de naissance de ses enfants et leur âge lors de l'avènement de Ramsès II (Khâemouaset est figuré sur un char dès l'an 1 du règne de son père, ce qui ne justifie pas que Ramsès II a effectivement monté un char cette année-là, mais montre qu'il devait être déjà assez âgé à ce moment-là) sont des éléments forts allant dans ce sens.

Isis-Néféret donne naissance à au moins trois fils et une fille :

La sixième fille de Ramsès II, Iset-Nofret, a parfois été considérée comme la fille de la reine Isis-Néféret, mais rien ne vient confirmer une telle hypothèse si ce n'est l'homonymie de ces deux femmes. Qui plus est, elle ne fait pas partie des scènes familiales exécutées par Khâemouaset sur un rocher d'Assouan et sur un pilier du spéos d'Horemheb au Gebel Silsileh.

Biographie

Attestations

Isis-Néféret est connue par plusieurs inscriptions et petites statues. Elle n'est pas bien attestée avant l'an 25 de Ramsès II et elle n'est jamais associées aux statues colossales du roi que celui-ci a placées dans ses principaux temples. La plupart des objets et des scènes mentionnant la reine semblent être associés à ses fils Ramessou, Khâemouaset et Mérenptah :

« [...] l'Horus, maître du palais, celle qui remplit la salle d'audience, de son seul parfum. Ses effluves sont semblables à celles de Pount quand ses membres sont fardés (?), l'épouse royale [...].
[...] le sanctuaire néséret, sa perfection enveloppe les appartements privés, la salle d'audience est sous l'effet de ses effluves agréables et parfum, auprès de son père qui se réjouit de la voir, l'épouse royale [...]. »

« Puisse le roi faire que soit satisfait Sokar-Osiris, maître d'Ânkh-Taouy, dans le repos de la nécropole du bel Occident en Hout-ka-khénem-nétjérou, qui dissimule le cadavre dans le temps de vie et rassemble les membres pour l'éternité. Le fils royal, le prêtre-sem de Ptah Khâemouaset, juste de voix, dit : "Puisses-tu vivre en tant que Sothis, grande épouse royale Isis-Néféret. Puisses-tu être élue (?) au ciel parmi les astres. Puisses-tu compléter Orion en face de Khépri comme un astre unique aux cuisses de Nout, Osiris Isis-Néféret, vivante (soit-elle) en tant que manifestation de Celui qui est protégé dans Busiris." Le scribe royal et grand général, le fils royal Ramessou, juste de voix. »

Une grande épouse royale ?

Si Isis-Néféret a bien été qualifiée de grande épouse royale pendant le règne de Ramsès II, il n'est pas certain qu'elle ait porté ce titre de son vivant. De plus, elle n'est jamais associée aux statues colossales du roi que celui-ci a placées dans ses principaux temples.

Certains ont vu en ce peu de traces en comparaison de Néfertari, la grande épouse royale de Ramsès II, par le fait qu'elle aurait été cantonnée à Memphis et à la Basse-Égypte, et Néfertari à la Haute-Égypte et à la Nubie et ce serait la différence de conservation des vestiges entre ces deux régions qui aurait biaisé la perception qu'on a des deux reines. Cependant, Assouan et Gebel Silsileh se trouvent tous deux en Haute-Égypte, tandis que Néfertari possédait également des statues colossales en Basse-Égypte, par exemple à Héliopolis et à Boubastis, en outre, Néfertari figure également de manière importante dans les temples de Memphis et de Pi-Ramsès,, tandis qu’Isis-Néféret, où qu’elle apparaisse, n’est attestée que sur les monuments privés de son fils et dans le mobilier funéraire, sans jamais être associée aux monuments construits par Ramsès II, ce qui invalide cette théorie.

Pour Christiane Desroches Noblecourt, la raison de cette absence est la suivante :

« certains ont imaginé (…) l’éviction d’Isis-Néféret. D’autres l’ont fait mourir avant l’âge ! Il est une autre raison, sans doute essentielle, dont il faut avant tout tenir compte : Néfertari avait mis au monde le fils aîné, prince héritier, Amonherouenemef. »

Puis, à partir de l'an 25, soit après le décès de Néfertari, Isis-Néféret serait alors sortie de l'ombre. Ainsi, d’après Christiane Desroches Noblecourt, « faute de mieux comprendre », la mise à l’écart antérieure s’expliquerait donc par le fait que « l’accent ait porté, jusqu’à sa mort, sur Néfertari, celle qui avait enfantée le premier fils ». Cependant, la première représentation publique attestée d’Isis-Néféret se trouve dans l'œuvre rupestre privée de Khâemouaset à Assouan, où elle ne porte pas encore le titre de grande épouse royale, tandis que son fils aîné y est figuré en tant que prince héritier et sa fille aînée en tant que grande épouse royale. Par conséquent, après la mort de Néfertari, il apparaît clairement qu'elle n'est pas immédiatement mise en avant. Ce n'est qu'après le décès d'Amonherouenemef et après que Bentanat soit devenue grande épouse royale qu'elle est autorisée, pour la première fois, à être représentée publiquement (bien que dans un contexte artistique privé et non officiel), vers la 30e année du règne de Ramsès II,.

Cependant, selon Claude Obsomer, les attestations d'Isis-Néféret la qualifiant de grande épouse royale seraient à dater après sa mort, c’est-à-dire peu avant les années 33/34 du règne de Ramsès II. Ainsi, ce titre lui aurait été conféré après sa mort à titre honorifique, ses fils étant d'ailleurs successivement les héritiers du trône avant que le troisième, Mérenptah, ne succède effectivement à son père.

Sépulture

Le tombeau d’Isis-Néféret n'a jamais été retrouvé. Des documents d'origine memphite avérée pour certains (les blocs trouvés près du monastère de Saint-Jérémie à Saqqarah et le groupe statuaire en grès rose montrant la reine avec ses fils Ramessou et Khâemouaset), supposée pour d'autres (les ouchebtis), semblent indiquer que la tombe de la reine se trouvait dans la nécropole memphite, probablement à Saqqarah.

Notes et références

Notes

  1. ↑ Orthographié également selon les langues, Isis-Nofret, Iset-Nofret, Isisnéfret, Iset-Nofret, Isetnofret ou Isisnofret
  2. ↑ Orthographié également Bint-Anath, Bintanath ou Bentanath, nom syrien signifiant Fille de la Déesse Anat

Références

  1. ↑ Obsomer 2012, p. 245-249.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Obsomer 2012, p. 245.
  3. ↑ Obsomer 2012, p. 258-259.
  4. 1 2 3 Obsomer 2012, p. 246-247.
  5. ↑ Obsomer 2012, p. 246.
  6. 1 2 Obsomer 2012, p. 269-270.
  7. 1 2 3 Obsomer 2012, p. 247.
  8. 1 2 3 4 Obsomer 2012, p. 248.
  9. ↑ Obsomer 2012, p. 248-249.
  10. ↑ Bolshakov 2023, p. 33-44.
  11. ↑ Hamza 1930, p. 58-61.
  12. ↑ Obsomer 2012, Note 977.
  13. ↑ Desroches Noblecourt 1996, p. 237-238.
  14. ↑ Desroches Noblecourt 1996, p. 310.

Bibliographie

Ouvrage référencé dans le texte
Autres ouvrages à consulter

Articles connexes