| Naissance |
Bois-le-Duc et Suisse |
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| Décès |
Rome |
| Nationalité | Néerlandaise et italienne (depuis le ) |
| Père | Johannes Franciscus Gabriel Moleschott (d) |
| Mère | Elisabeth van der Monde (d) |
| Conjoint | Sophia Strecker (d) |
| Enfants | Elsa Moleschott (d) |
| Formation | Gymnasium Freiherr vom Stein de Clèves (d) |
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| Profession | Philosophe, médecin, homme politique, physiologiste, professeur d'université (d) et rédacteur en chef |
| Employeur | Université de Zurich, Université de Turin et Université de Rome « La Sapienza » |
| Membre de | Académie Léopoldine et Académie des sciences de Turin |
Jacobus Albertus Willebrordus Moleschott est un médecin, physiologiste et philosophe néerlandais, né à Bois-le-Duc dans le Brabant-Septentrional le et mort à Rome le .
Né dans une famille catholique, il est le fils de Adrianus Jacobus Franciscus Moleschott (1763-1839) - médecin, pharmacien et membre du Conseil municipal de Leyde - et le petit-fils du Dr Wilhelmus van der Monde (1756–1824). Il fréquente pendant cinq ans le Gymnasium de Clèves, alors ville prussienne. Il étudie la philosophie, la médecine et les sciences naturelles notamment auprès de l'anatomiste Friedrich Tiedemann, du chimiste Leopold Gmelin,du gynécologue Franz Karl Naegele et du physiologiste Friedrich Gustav Jakob Henle (sous la direction duquel il écrira sa thèse de doctorat) à l’Université de Heidelberg. Il commença par traduire du hollandais en allemand l’Essai d’une chimie physiologique générale de Gerardus Johannes Mulder. Encore étudiant, il attira l’attention du monde scientifique par son ouvrage intitulé : Observations critiques de la théorie de Liebig sur la nutrition des plantes, publié à Haarlemen 1845, ce qui lui permit d’obtenir un prix de la Société Teyler de cette ville. Après la publication de sa thèse (De Malpighanis pulmonum vesiculis publiée en 1845 à Heidelberg) et muni de son diplôme de docteur obtenu le , il exerce la médecine à Utrecht. Deux ans plus tard, en 1847, il accepta la position de Privat-docent à l’Université de Heidelberg, où il enseigna la physiologie et l’anthropologie. Dans ce cours, il se fit remarquer par la hardiesse de ses opinions scientifiques, qu’il exprima également dans les ouvrages suivants écrits en allemand :
Dans ce dernier ouvrage, La Circulation de la vie, il exposa à la lumière des récentes avancées scientifiques des thèses matérialistes nouvelles. Lavoisier avait montré à la fin du siècle précédent, qu’au cours des réactions chimiques il n’y avait ni disparition, ni création de matière, même si le résultat final présentait un aspect totalement différent des constituants de départ. Moleschott en déduisit que si la matière se conservait d’une manière aussi parfaite au cours de ces opérations, elle ne pouvait être qu’éternelle. Appliquant cette idée à la physiologie, il réalisa que la même matière passait inlassablement de l’air à la plante, de la plante à l’animal, de l’animal à l’homme, et enfin pour boucler le cycle, de l’homme à l’air et à la plante de nouveau. « La circulation de la matière est l’âme du monde » conclut-il. Pour expliquer la capacité de la matière à réagir malgré les aspects si différents qu’elle pouvait présenter, il lui associa une propriété : la force, elle-même immuable et universelle. Pour lui, l’univers était composé de ces deux constituants fondamentaux : la matière et la force, sans qu’il fût besoin de faire appel à d’autres principes surnaturels. Cette conception fut reprise quelques années plus tard par Ludwig Büchner, qui écrivit à son tour en 1855 son principal ouvrage Force et matière, qui reprenait cette même idée.
Mais les doctrines matérialistes de Moleschott provoquèrent la désapprobation du Sénat universitaire et du Ministre de l’Instruction publique. Il donna alors sa démission d’enseignant, et ne s’occupa plus que de la direction du laboratoire de physiologie qu’il avait fondé en 1853. Sa pensée fut condensée presque jusqu’à la caricature par des phrases lapidaires retirées de leur contexte, mais qui lui sont restées : « Pas de pensée sans phosphore » , ou « Le cerveau sécrète la pensée comme le foie la bile » (dont l'auteur est en fait Carl Vogt).
Lorsqu’en 1856, l’Université de Zurich le sollicita, il s’empressa d’accepter et quitta l’Allemagne. Il intitula son cours inaugural à l'Université Lumière et vie, qui fut imprimé à Francfort en 1857. Ce titre n’est pas sans rappeler le titre d’un autre ouvrage de Ludwig Büchner, qui parut plusieurs décennies plus tard : Licht und Leben.
(it) François de Sanctis, ministre italien de l’Instruction publique, appela Moleschott, dont il avait été collègue à Zurich, à l’Université de Turin en 1861, puis à celle de Rome en 1879. Entre ces deux postes, Moleschott obtint la naturalisation italienne, et avait été nommé en 1876 « Sénateur du Royaume ». À cette seconde partie de sa vie correspondent ses ouvrages écrits en italien, langue qu’il sut bientôt manier avec une aisance et une élégance absolument extraordinaires. Mais, par prudence peut-être, il réserva cette langue à ses travaux purement scientifiques :