Jacques Ancel

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Jacques Ancel
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Jacques Simon Ancel, né le à Parmain (Seine-et-Oise) et mort le (Drancy), est un géographe et géopolitologue français.

Elève de Paul Vidal de la Blache, il est l'une des grandes figures de la géographie humaine, de la géographie politique et de la géopolitique françaises de la première moitié du XXe siècle.

Biographie

Jeunesse et études

Jacques Ancel naît à Parmain en Seine-et-Oise dans une famille de confession juive. Il est le cousin de Jean-Jacques Bernard.

Il poursuit des études d'histoire et de géographie à la Sorbonne, jusqu'à l'agrégation d'histoire et géographie qu'il obtient en 1908.

En 1930, il consacre une thèse de doctorat à La Macédoine, son évolution contemporaine, qui est saluée à sa publication,.

Parcours professionnel

Il participe à plusieurs cabinets ministériels dans les années 1900.

Il est agrégé d'histoire et géographie en 1908.Il est successivement professeur aux collèges de Vannes et de Péronne, puis au lycée Chaptal.

Mobilisé en 1914 comme soldat au 167e régiment d'infanterie, il est blessé à deux reprises durant la bataille de Lorraine. Il rejoint le 21e régiment d'infanterie en 1915 avec lequel il participe à la bataille de Verdun. En 1916, il est envoyé sur le front d'Orient et termine la guerre comme capitaine, chef du service politique à l'État-major de l'armée française d'Orient. Son parcours militaire lui vaut de recevoir la croix de guerre et d'être fait chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire (il est promu officier en 1933).

Georges Clemenceau le convie à la conférence de la paix de Paris de 1919 afin qu'il prête appui à la délégation française dans la défense des revendications françaises sur l'Alsace-Lorraine.

Il est chargé de cours à partir de 1924 à HEC Paris. En , alors que la chaire d'histoire et de civilisation des peuples slaves devient vacante à l'Institut des hautes études internationales de l'université de Paris à la suite de la mort de Louis Eisenmann, Jacques Ancel est élu à ce poste. Il y donne, pour la première fois en France, un cours de géopolitique. Il est élu maître de conférences à la Sorbonne en 1939. Il aurait également enseigné à l'École libre des sciences politiques,.

Il est destitué de son poste universitaire du fait des lois sur le statut des juifs de 1940. Il est arrêté en lors de la « Rafle des notables », et interné d'abord dans le camp de Drancy, puis, de 1941 à 1942, au camp de Royallieu, à Compiègne. Épuisé par cet épisode et par les privations, il meurt près d'Alloue, en Charente, en .

Autres fonctions

Il est directeur de collection aux éditions Delagrave, où il s'efforce notamment de faire connaître les questions de géographie politique à un large public.

Il est membre correspondant de l'Académie roumaine et de plusieurs sociétés savantes.

Apports

Spécialiste de géographie politique, entre Ratzel et Vidal de la Blache dont il est l'élève direct à la Sorbonne, il se concentre, surtout dans l'entre-deux-guerres, sur les questions d'Orient et d'Europe balkanique, auxquelles il consacre de nombreux livres et articles.

Jacques Ancel est surtout connu pour avoir publié le premier ouvrage consacré à la géopolitique en France, en 1936, sous le titre de Géopolitique. Il y critique les fondateurs et représentants allemands de la discipline pour leurs théories qu'il taxe de pangermanistes.

Il publie en 1938 Géographie des frontières, son maître ouvrage, où il analyse l'expression de frontière naturelle et montre le caractère artificiel de ces frontières. Le livre est préfacé par André Siegfried. Frans van Kalken en fait une recension très positive en 1939. L’œuvre est considérée comme l'un des écrits majeurs de la première vague de géopolitique française.

Prises de positions

Instrumentalisation de la géopolitique

Jacques Ancel, en même temps qu'il participe à la fondation de la géopolitique en France, se montre particulièrement critique envers les excès de la géopolitique allemande, volontiers identitaire et racialiste. Dans sa Géographie des frontières (1938), il écrit : « Aujourd’hui les géographes, enrégimentés dans l’hitlérisme, s’efforcent de bâtir à l’avance un Mitteleuropa. Mais ils habillent leurs prétentions outrancières des oripeaux d’une pseudo-géographie ».

Il s'oppose, dans les années 1930, à un ouvrage de Daniel Halévy, et écrit au directeur de L'Ordre où publie Halévy pour dénoncer un livre « qui rejoint les philosophes de l'hitlérisme ».

Engagements politiques

Admirateur d'Aristide Briand, il est ensuite partisan d'une politique ferme contre Adolf Hitler.

Il est engagé dans un débat épistolaire avec Karl Haushofer, tenant de la géopolitique allemande. Ancel défend contre sa conception ethnique de la nation une conception proche de celle d'Ernest Renan.

Distinctions

Publications

Bibliographie

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Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 « Jacques Ancel, précurseur de la géopolitique française », sur France Inter, (consulté le )
  2. 1 2 Nicolas Ginsburger, « « Témoin contre la barbarie » : Les combats de Jacques Ancel (1938-1946) », dans Géographes français en Seconde Guerre mondiale, Éditions de la Sorbonne, coll. « Territoires en mouvements », (ISBN 979-10-351-0757-4, lire en ligne), p. 315–330
  3. 1 2 André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 », sur rhe.ish-lyon.cnrs.fr (consulté le ).
  4. ↑ Françoise Huguet, « Notice de thèse de Jacques Ancel », sur rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le ).
  5. ↑ [compte rendu] Jules Sion, « La Macédoine depuis le livre de Mr Jacques Ancel », Annales de Géographie, vol. 41, no 231,‎ , p. 305-309 (lire en ligne, consulté le ).
  6. ↑ [compte rendu] Georges Weill, « La Macédoine, son évolution contemporaine by Jacques Ancel », Revue d'histoire moderne, vol. 8, no 6,‎ , p. 81 (lire en ligne, consulté le ).
  7. 1 2 3 4 « Aux origines de la géopolitique française : Jacques Ancel », Florian Louis, Conflits, no 10, juillet-, p. 33-34.
  8. ↑ [compte rendu] Jérôme Carcopino, « Les travaux et les jours de l'armée d'Orient (1915-1918) by Jacques Ancel », Revue historique, vol. 137, no 2,‎ , p. 254-259 (lire en ligne, consulté le ).
  9. 1 2 Numa Broc et Bernadette Joseph, « Notice Jacques Ancel », sur CTHS (consulté le ).
  10. ↑ Henri Hauser, Manuel de politique européenne, histoire diplomatique de l'Europe (1871-1914), Les Presses Universitaires de France, (lire en ligne)
  11. ↑ Jacques Ancel, Géopolitique, Paris, Libraire Delagrave, , 117 p.
  12. ↑ Stéphane Rosière, Géographie politique et géopolitique. Une grammaire de l’espace politique, Editions Ellipses, , 512 p. (ISBN 978-2-340-05874-3, lire en ligne)
  13. ↑ Frédéric Lasserre, Emmanuel Gonon et Éric Mottet, Manuel de géopolitique - 3e éd. : Enjeux de pouvoir sur des territoires, Armand Colin, , 554 p. (ISBN 978-2-200-62900-7, lire en ligne)
  14. ↑ Nicolas Ginsburger, « Ratzel contre la géopolitique ? Référence allemande et géographie politique dans la géographie française de l'entre-deux-guerres », Geographica Helvetica, vol. 78, no 1,‎ , p. 65–74 (ISSN 0016-7312, DOI 10.5194/gh-78-65-2023, lire en ligne, consulté le )
  15. ↑ Frans Van Kalken, « Ancel (Jacques). Géographie des frontières », Revue belge de Philologie et d'Histoire, vol. 18, no 4,‎ , p. 1054–1058 (lire en ligne, consulté le )
  16. 1 2 Aymeric Chauprade, Géopolitique : constantes et changements dans l'histoire, Paris, Ellipses, , 1050 p. (ISBN 978-2-7298-3172-1)
  17. ↑ Sébastien Laurent, Daniel Halévy, Grasset, , 608 p. (ISBN 978-2-246-60689-5, lire en ligne)

Liens externes