| Président d'université Université Toulouse-Jean-Jaurès | |
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Joseph Verguin (d) |
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Faculté des lettres de Paris (doctorat) (jusqu'en ) |
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Université de Toulouse (à partir de ) Université Toulouse-Jean-Jaurès |
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| Distinctions | Liste détaillée |
Jacques Godechot, né le à Lunéville (département de Meurthe-et-Moselle), mort le à Hèches (Hautes-Pyrénées), est un historien français, spécialiste de la Révolution française.
Aux côtés de l'historien américain Robert Roswell Palmer, il est le représentant de la « thèse atlantiste » qui marque un tournant dans l'historiographie de la Révolution française.
Jacques Godechot est issu d'une famille de commerçants juifs lorrains.
Son père Georges Olry Godechot, né en 1875 à Baccarat (département de Meurthe-et-Moselle), est négociant en biens immobiliers. Durant la Grande Guerre, il est mobilisé au sein du 20e escadron du train.
En 1904, il épouse, à Lunéville, Joséphine Thérèse Lazard. De leur union naissent deux enfants :
En 1933, Jacques Godechot épouse, à Paris (16e arrondissement), Geneviève Lambert.
Jacques Godechot est passionné très tôt par la Révolution française dont le souvenir demeure vif au sein de sa famille, notamment en raison du rôle de la Révolution dans le processus de l'émancipation des Juifs, :
C'était à Lunéville, ma ville natale, vers 1911 ou 1912, j'avais quatre ou cinq ans. Ma mère nous emmenait souvent promener, mon frère et moi, dans les magnifiques jardins [...]. Un jour je m'aperçus qu'il y avait une statue au milieu de la place. « Qui est ce personnage ? » demandai-je à ma mère. « C'est l'abbé Grégoire, un homme à qui nous devons d'être ce que nous sommes », me répondit-elle.
Jacques Godechot effectue ses études secondaires au lycée Henri-Poincaré de Nancy, puis ses études supérieures à l'université de Nancy, puis à l'université de la Sorbonne.
En 1928, il est reçu, le seizième sur vingt, à l'agrégation d'histoire et géographie. En 1938, il soutient sa thèse, d'abord dirigée par Albert Mathiez puis Philippe Sagnac.
En 1933, Jacques Godechot est nommé au lycée Kléber à Strasbourg, où il côtoie Georges Lefebvre et Marc Bloch et adhère à la Société des études robespierristes.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Jacques Godechot est mobilisé, avant d'être révoqué de l'enseignement secondaire en application de la loi portant statut des Juifs du 3 octobre 1940. Durant l'Occupation, il se réfugie à Versailles puis à Grenoble, alors sous occupation italienne, pour échapper aux persécutions.
En 1945, il est nommé professeur à la faculté des lettres de Toulouse.
Il contribue à élargir l’étude de la Révolution française dans le temps et dans l'espace.
Il expose, en mars 1955, au Congrès international des sciences historiques de Rome, avec l'historien américain Robert Roswell Palmer, une vision « atlantiste » de la Révolution française : Le Problème de l’Atlantique au XVIIIe siècle qui subit de violentes critiques dans un contexte de Guerre froide où les oppositions avec les historiens marxisants sont exacerbées. Il est accusé d’être payé par l’OTAN, si ce n’est par la CIA. Son analyse d’une « révolution atlantique » est développée dans : La Grande Nation (1956), Les Révolutions (1963), L’Europe et l’Amérique à l’époque napoléonienne (1967), ce qui lui vaudra d’être élu à la tête de la commission internationale d’histoire de la Révolution française du Comité international des sciences historiques.
Il s’intéresse également à la Révolution française à travers : la Contre-révolution (1961), la Pensée révolutionnaire en France et en Europe (1964), la Prise de la Bastille (1965) et la Vie quotidienne sous le Directoire (1977).
Il meurt en 1989, lors des commémorations du bicentenaire de la Révolution française qu'il avait aidé à préparer. Comme d'autres historiens, il lègue sa bibliothèque personnelle au centre de documentation du musée de la Révolution française.
Lors des sessions des années 2005 et 2006 du Capes d'histoire-géographie et de l'agrégation d'histoire, la question d'histoire moderne, intitulée « Révoltes et révolutions en Europe et aux Amériques 1773-1802 », fait directement référence aux travaux et aux théories de Jacques Godechot sur les révolutions en chaîne.
Lors des sessions des années 2023, 2024 et 2025 du Caplp de lettres et d'histoire-géographie, la question d'histoire moderne, intitulée « Les révolutions dans l’espace atlantique : Amérique, France, Saint-Domingue (1775-1804) », y fait également référence.