Jacques Pacreau

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Jacques Pacreau
Biographie
Naissance

Clazay
Décès
(à 72 ans)
Cerizay
Nationalité
Française
Activité
Prêtre du diocèse de Poitiers

Jacques Pacreau (1798-1871) est un prêtre du diocèse de Poitiers qui devient en 1848 curé-doyen de Cerizay, chef-lieu d'un canton où la Petite Église est très importante. Ce mouvement religieux refuse les innovations du Concordat signé en 1801 entre le Premier consul Napoléon Bonaparte et le Pape Pie VII. A la demande de Mgr Pie, ce prêtre rédige un Mémoire sur le schisme de la Petite Église... spécialement dans le diocèse de Poitiers, faisant de lui le premier historien de cette communauté "dissidente", forte de 30 500 fidèles vers 1820,.

Biographie

Jacques Pacreau est né le 6 mai 1798 à Clazay. Issu d'une famille "dissidente" convertie, il choisit comme son frère Louis la carrière ecclésiastique. Alors que son cadet devient missionnaire en Inde, Jacques est nommé en 1830 à la cure de Courlay, épicentre de la Petite Église du Poitou. Il s'efforce de ramener les nombreux dissidents dans le giron de l’Église concordataire ; de 1830 à 1848, le nombre de catholiques de sa paroisse passe de 160 à 519. En 1843, il parvient à "convertir" François Marilleaud, le propre beau-frère de Philippe Texier (vers 1804-1857) qui est le premier responsable laïque de la Petite Église courlitaise ; deux autres membres du clan Texier - Joseph et Madelaine - avec leur conjoint(e) "se changent" également à cette occasion en réhabilitant leur mariage. Jacques Pacreau publie en 1847 une violente diatribe contre René Beaunier, un prêtre dissident de Vendôme, qui a recruté quelques fidèles dans le Bressuirais, notamment dans une partie de la famille de Jacques Pacreau - celle qui est restée dissidente "vendomiste" à Clazay, Breuil-Chaussée et Saint-Porchaire. En 1848, l'évêque de Poitiers le nomme doyen de Cerizay et lui demande une étude sur ces réfractaires qu'il connaît si bien. Son Mémoire sur le schisme de la Petite Église... spécialement dans le diocèse de Poitiers, constitue une source de première main pour l'étude historique de ce mouvement anticoncordataire. Jacques Pacreau meurt à Cerizay le 2 mars 1871.

Écrits

Trois écrits de Jacques Pacreau peuvent retenir l’attention :

1 - La "notice sur la paroisse de Courlay, canton de Cerizay, archiprêtré de Thouars", rédigée le 15 juin en 1847 sans doute dans le cadre d'une conférences ecclésiastique (publiée par la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres ) dans laquelle le prêtre évoque la communauté dissidente de sa paroisse et les progrès de l’Église concordataire.

2 - La Réplique catholique à Monsieur Beaunier, prêtre dissident, publié en 1843 à Bressuire. Cette brochure de 12 pages est une réponse acerbe à un texte de 16 pages de René Beaunier intitulé : Entretien de deux prêtres, l'un, ancien catholique orthodoxe, que l'ignorance ou de faux préjugés appellent la Petite Église ; l'autre, concordataire, publié en 1840 à Vendôme. La brochure de Jacques Pacreau est elle-même suivie d'une Réponse à Monsieur Pacreau, se disant desservant de Courlay près Bressuire, du même Beaunier, publiée en 1844 à Vendôme.

3 - Le Mémoire sur le schisme de la Petite Église en France spécialement dans le diocèse de Poitiers, resté manuscrit. Sa rédaction, commencée en 1851, est achevée en 1865. Si le texte évoque très brièvement les autres communautés anticoncordataires de la France, il privilégie le Poitou. Basé sur la collecte de nombreux documents, la recherche d'informations auprès des autres curés des Deux-Sèvres et de la Vienne, ce Mémoire de 181 feuillets constitue une très importante masse documentaire, abondamment utilisée par les historiens de la Petite Église du Poitou, au premier rang desquels se trouve Auguste Billaud. Celui-ci lui reproche, à juste titre, des "erreurs chronologiques", tout en reconnaissant un travail de "premier ordre" qui, de plus, s'achève par un tableau statistique comparant les effectifs dissidents en 1805 et 1865.

Bibliographie

Jean-Emmanuel DROCHON, La Petite Église. Essai historique sur le schisme anticoncordataire, Paris, Maison de la bonne presse, 1894, 416 p.

Auguste BILLAUD, La Petite Église dans la Vendée et les Deux-Sèvres (1800-1830), Paris, Nouvelles Éditions Latines, 1962, 654 p.

Notes et références

  1. ↑ Christophe SOULARD, « Jacques Pacreau : premier historien de la Petite Église. Essai biographique », Bulletin de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres,‎ 1er et 2e semestres 1996,, p. 27-54.
  2. ↑ Pascal Hérault, « Le premier historien de la Petite Église : le curé Jacques Pacreau (1798-1871). Sa vie et sa famille, son sacerdoce et ses écrits », Écrits d’Ouest, vol. 31,‎ , p. 99-124.
  3. ↑ Pascal Hérault, « Les tribulations d'un Bocain en Inde : émerveillement et frayeur du missionnaire Louis Pacreau (1834-1850) », Bulletin de liaison des sociétés historiques des Deux-Sèvres (actes de la 5ème journée de l'Histoire en Deux-Sèvres, tenue à Thouars en 2023), no 18,‎ , p. 25-36.
  4. ↑ Pascal Hérault, « Les réhabilitations de mariages dissidents dans le nord des Deux-Sèvres de 1830 à 1860 », Bulletin de liaison des sociétés historiques des Deux-Sèvres, no 10,‎ , p. 49-59.
  5. ↑ Jacques Pacreau, « Notice sur la paroisse de Courlay, canton de Cerizay, archiprêtré de Thouars », Bulletin de la société historique et scientifique des Deux-Sèvres,‎ 2e trimestre 1968, p. 313-320.
  6. ↑ Conservé à l'abbaye de Ligugé. Une copie se trouve aux Archives Historiques du Diocèse de Poitiers, sous la cote S 8-2