| Jan van Ruusbroec | |
Jan van Ruusbroec, portrait vers 1580, huile sur papier collé sur panneau (9,3 × 6,4 cm), vraisemblablement d'après une miniature d'époque (collection Ruusbroecgenootschap, Anvers). | |
| Bienheureux | |
|---|---|
| Date de naissance | en 1293 |
| Lieu de naissance | Bruxelles ou Ruysbroeck (?), duché de Brabant, Saint-Empire romain |
| Date de décès | le |
| Lieu de décès | Groenendael, duché de Brabant, Saint-Empire romain |
| Nom de naissance | Jan van Ruusbroec |
| Ordre religieux | Chanoines réguliers de Saint-Augustin |
| Béatification | 9 décembre 1908 par Pie X |
| Fête | 2 décembre |
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Jan van Ruusbroec (ou, selon la graphie moderne, van Ruysbroeck), latinisé en Iohannes Rusbroquius, francisé en Jean de Ruysbroeck, est un clerc brabançon né en 1293, peut-être au village de Ruysbroeck (duché de Brabant) non loin de Bruxelles et mort en 1381 à Groenendael, situé également dans le Brabant.
Considéré parfois comme un disciple de Maître Eckhart, il tient une grande place dans le courant de la mystique rhéno-flamande.
Ses ouvrages, inspirés par les doctrines du Pseudo-Denys l'Aréopagite, sont écrits en moyen néerlandais et ont été publiés en latin par Surius (Cologne, 1552), et réimprimés en 1609 et 1692.
Jan van Ruusbroec a été béatifié le par le pape Pie X. Il est fêté le .
Jan van Ruusbroec va étudier à Bruxelles à l’âge de onze ans auprès de son oncle, Jan Hinckaert ; celui-ci est alors chanoine de la collégiale Sainte-Gudule. Il y reçoit une instruction relativement modeste.
On peut ensuite distinguer deux cycles dans sa vie : tout d'abord à Bruxelles jusqu’en 1343, il est clerc séculier (prêtre) ; ensuite à Groenendael (la « vallée verte ») jusqu’à sa mort en 1381, il devient clerc régulier (moine).
Il est ordonné prêtre à l’âge de vingt-quatre ans et devient chapelain de Sainte-Gudule. Il restera simple prêtre à Bruxelles jusqu’à l’âge de cinquante ans. Il commence l’écriture d’une œuvre mystique équilibrée, qui ne rejette, contrairement à certains courants mystiques de cette époque, ni les œuvres, ni la médiation de l’Église (sacrements et liturgie).


À l’âge de cinquante ans, en 1343, Jan van Ruusbroec change de vie et fonde le prieuré de Groenendael, dans la forêt de Soignes. Cette communauté est d’abord sans règle précise, puis va suivre celle des chanoines augustins. Jan van Ruusbroec en est la figure centrale, sans en être toutefois le dirigeant. Là, il continue son œuvre, dont la dernière, Les Douze béguines, est l’une des plus connues. Sa renommée est grande dès son vivant, non seulement en Brabant mais dans tous les pays voisins.
Il meurt à quatre-vingt-neuf ans – âge exceptionnel pour l’époque – dans sa communauté de Groenendael, le . Il est béatifié en 1908 par décret pontifical.
Jan van Ruusbroec est l’auteur d’une œuvre écrite en moyen néerlandais (thiois) : elle comprend onze traités mystiques et de nombreuses lettres, et représente une synthèse critique entre la spiritualité des béguines flamandes et la mystique rhénane. Son ouvrage le plus célèbre reste L’Ornement des noces spirituelles, datant de sa période bruxelloise. Cette œuvre a été suspectée de panthéisme – donc d’hérésie –, notamment par le chancelier de l’université de Paris Jean de Gerson, et plus tard par Bossuet.
Au XVe siècle, l'enseignement spirituel de Ruusbroec se répand grâce aux compilations de ses livres, réalisées par le franciscain flamand Henri Herp, et largement diffusées par l'imprimerie alors naissante. Par cet intermédiaire, la pensée de Ruusbroec va influencer la mystique espagnole du XVIe siècle, ainsi que l'École française de spiritualité au XVIIe siècle.
Au XIXe siècle, le poète et écrivain belge Maurice Maeterlinck contribua à faire redécouvrir le grand mystique flamand, notamment dans son article « Ruysbroek l’admirable » paru dans la Revue Générale à Bruxelles en 1889, puis dans sa traduction en 1891 de L’Ornement des noces spirituelles.
À la même époque, l'écrivain Joris-Karl Huysmans le cite en exergue de son œuvre majeure À rebours : « Il faut que je me réjouisse au-dessus du temps... Quoique le monde ait horreur de ma joie, et que sa grossièreté ne sache pas ce que je veux dire ».
Il est par ailleurs évoqué dans le Journal de Léon Bloy à la date du (Le Mendiant ingrat, 1898) : « Si tu savais les jouissances que Dieu donne et le goût délicieux du Saint-Esprit ! disait Ruysbroeck l’Admirable ».
Il est abondamment cité par la mystique française Élisabeth de la Trinité dans ses traités spirituels, en prenant source dans ses Œuvres choisies, publiées en 1902.
Il est également cité par Georges Bernanos dans Journal d'un curé de campagne (1936) : « Souviens-toi de cette parole de Ruysbroeck l'Admirable, un Flamand comme moi : "Quand tu serais ravi en Dieu, si un malade te réclame une tasse de bouillon, descends du septième ciel, et donne-lui ce qu'il demande" ».
Actuellement, ses ouvrages (les Noces spirituelles, la Pierre Brillante, les Sept clôtures, le Livre de la plus haute vérité, l'Habitation intérieure et nombre d'autres) continuent d'être traduits et lus en de nombreuses langues.
Son nom a été donné à un collège jésuite de Bruxelles (Laeken) le Jan-van-Ruusbroeckollege.
Le bienheureux Jean Ruysbroeck l'Admirable fut prêtre fondateur du Prieuré de Groenendael. Ses écrits font de lui l'auteur le plus important des auteurs mystiques d'expression néerlandaise.
Évangile selon saint Matthieu 11, 25-27 :
« Le royaume de Dieu est montré à l'âme noble dans l'Écriture, grâce à l'enseignement du Christ et des saints, grâce à l'exemple qu'ils nous ont laissé pour que nous le suivions et recevions ce qu'il possèdent. Celui à qui Dieu montre ce royaume comprend l'Écriture comme il faut, même s'il peut bien arriver qu'il n'en comprenne pas toutes les subtilités, ce qui d'ailleurs n'est pas nécessaire. Le savant habile, même sans la grâce de Dieu, peut interpréter l'Écriture de façon claire parce qu'il en connaît tout le texte, que son intelligence est subtile et qu'il a une longue expérience des écoles, mais le fruit et la douceur qui s'y trouvent cachés, il ne peut pas les savourer faute de l'amour divin.
Le royaume de l'Écriture est montré à ceux qui aiment, parce qu'ils vivent conformément à cette sainte Écriture, et qu'ils en goûtent la douceur et le fruit, dans le temps et dans l'éternité. En effet, la vertu et la consolation intérieure, l'espérance de la vie éternelle : voilà le royaume de Dieu caché dans l'Écriture ; il est montré à celui qui aime, mais l'étranger ne peut pas le goûter sans la grâce de Dieu, quelle que soient sa science et son habilité. »
— Bx Jean Ruysbroeck l'Admirable, Le Royaume des amants de Dieu, Werken, Tielt, 1944, I, p. 96 s., trad. Max de Longchamp pour Magnificat, n° 404, p. 208.