Jean-Pierre Martin

Jean-Pierre Martin
Jean-Pierre Martin en 2010.
Biographie
Naissance
(78 ans)
Nantes
Nationalité
Activité
Autres informations
Directrice de thèse
Genre artistique
Site web
Distinction
Prix Rhône-Alpes du Livre 1994
Prix Louis-Barthou de littérature générale de l’Académie française 2004
Grand Prix de la critique 2006
Bourse Cioran 2019
Deuxième sélection prix Goncourt 2020
Sélection prix Goncourt des lycéens 2020
Finaliste prix Médicis 2020.
Œuvres principales

Henri Michaux, Gallimard, « NRF biographies », 2003. Eloge de l'apostat, Seuil, 2010.

L'Autre vie d'Orwell, Gallimard, 2013.

Jean-Pierre Martin, né le à Nantes, est écrivain, essayiste, professeur émérite de littérature contemporaine à l’université Lumière Lyon 2, membre honoraire de l’Institut universitaire de France.

Biographie

Jean-Pierre Martin a été élève au lycée Jules-Verne à Nantes. Après une classe préparatoire en Lettres au lycée Louis-le-Grand, il s’inscrit en philosophie à la Sorbonne, où il termine sa licence en .

Militant de la Gauche prolétarienne, il travaille en usine pendant cinq ans, à Saint-Nazaire puis à Saint-Étienne (deux ans à Creusot-Loire comme aide-lamineur).

Il vit ensuite à la campagne : trois ans dans le nord-Finistère, une dizaine d'années en Auvergne. Il y exerce divers métiers : chantiers, artisanat, fabrication et vente de ceintures de cuir et de sabots suédois.

Il fait de nombreux voyages (en particulier en Amérique et en Asie) et travaille le piano jazz.

Il passe une agrégation de lettres en 1987, commence une thèse sur Henri Michaux, enseigne en lycée puis aux États-Unis, à l’Université d’Oregon.

Il est nommé Maître de Conférences à l'Université Lyon 2 en 1993, puis professeur de littérature contemporaine en 2000. Il est élu membre de l’Institut Universitaire de France en 2006 (chaire de littérature du XXe siècle).

De 2011 à 2019, il est membre du comité de rédaction des Temps modernes.

En 1995, il publie dans la NRF ses premiers textes. Ils seront réunis chez José Corti sous le titre Le piano d’Épictète (1995). Ses deux premiers romans sont nourris de ses expériences de l'usine et de la vie artisanale : Le Laminoir (Champ Vallon, 1995), Sabots suédois (Fayard, 2004).

De 1998 à 2003, il consacre cinq ans à enquêter, voyager, interroger des témoins, déchiffrer des archives, pour une biographie d’Henri Michaux (Gallimard, 2003).

De 2006 à 2010, il publie des essais à la croisée de l'anthropologie et de la littérature. Ils proposent une lecture des grands textes de la littérature et de la pensée critique. Deux volumes paraissent en 2006 et 2010 au Seuil dans la collection « Fiction & Cie » : Le Livre des hontes et Éloge de l'apostat.

En 2011, il publie un livre qui ausculte les clichés et lieux communs de l’enseignement et de la critique et propose une thérapie par la littérature (Les Écrivains face à la doxa, Corti).

En 2011, il publie Les Liaisons ferroviaires (Champ Vallon, 2011). Les personnages se rencontrent, par hasard, dans la voiture 16 d’un TGV, entre Marseille et Bruxelles : une psychanalyste, un ethnologue, un footballeur, une universitaire, un contrôleur, un commercial de bord… Ce roman-conversation a figuré dans la sélection 2011 du prix France Culture-Télérama.

En 2011 et en 2013, il publie deux récits dans la collection « L'un et l'autre » chez Gallimard dirigée par JB Pontalis. En 2011, paraît un portrait de Queneau, qui est aussi un autoportrait, Queneau losophe. En 2013, L'Autre Vie d'Orwell raconte comment, pendant les trois dernières années de sa vie, Orwell s'est retiré dans une île des Hébrides intérieures, menant une vie de pionnier et écrivant 1984.

En 2016, La nouvelle surprise de l'amour, roman publié chez Gallimard, raconte une sorte d'éducation sentimentale à rebours : la rencontre avec une jeune femme bouleverse l'existence du narrateur. Le sujet a déjà exploré, en particulier chez Philip Roth et Romain Gary, mais ici, le héros devient père tardif.

En 2019, paraît Real Book, Autopianographie (Seuil, coll. « Fiction & Cie »). C'est un hymne à la musique de jazz comme forme de vie. C'est aussi une méditation sur les vocations secrètes, étouffées ou renaissantes. A cette occasion, le journal Le Monde lui consacre une page « Rencontre ».

La même année, Jean-Pierre Martin est lauréat de la bourse Cioran pour La Curiosité, Une raison de vivre (Autrement, coll. « Les grands mots »). Dans cet essai entre littérature et philosophie, l'auteur présente la curiosité comme une vertu, un élan salutaire, un antidote à l'indifférence.

Le , pendant la crise sanitaire, il publie Lettre sur l'amitié (Gallimard, coll. « Le chemin »).

En 2020, le roman Mes Fous (L'Olivier), paru à la rentrée littéraire de 2020, est finaliste du prix Médicis, en deuxième sélection du prix Goncourt et sélectionné pour le prix Goncourt des lycéens.

Selon Pierre Assouline :

« Ce roman est un enchantement. Une drôlerie irrésistible tempérée par la douceur du ton et la mélancolie du propos. Un régal de lecture plus profond que sa légèreté le laisse à croire. »

Camille Laurens, dans Le Monde des Livres, écrit :

« Bien qu’il n’en porte pas mention, Mes fous est un roman, et des plus nécessaires, dans la mesure où son monde imaginaire, riche de personnages à la fois étranges et familiers, dévoile la réalité du nôtre. En vérité, sa cohorte de branques nous étreint le cœur en nous montrant ce que nous ne voulons pas voir : que nous sommes tous en équilibre instable, tous funambules. »

Pour Alexis Buffet, dans Libération, c’est « un roman pour notre temps, d'une grande actualité existentielle. »

En 2022, Jean-Pierre Martin publie Le Monde des Martin (L’Olivier) qui rassemble « des vies de saints, de soldats, de missionnaires, de colons, de héros, de salauds, d’escrocs, d’artistes, d’explorateurs, du ive siècle à nos jours, pour la plupart, des oubliés ou des anonymes, ayant un seul point commun, leur nom de famille : Martin. » (quatrième de couverture)

Dans Télérama, Nathalie Crom présente ce livre comme « la fabuleuse odyssée d'un patronyme ordinaire » :

« À travers une inoubliable galerie de portraits, l’écrivain philosophe Jean-Pierre Martin nous conte l’histoire picaresque de son nom de famille, particulièrement répandu, du Moyen Âge à nos jours. »

Camille Laurens, dans Le Monde : « Jean-Pierre Martin signe une hilarante parodie de généalogie [...] Le Monde des Martin, perecquienne "tentative d’épuisement d’un nom ", truffé de clins d’œil aux grandes œuvres, est un merveilleux hommage à la littérature ».

Sylvie Tanette, dans Les Inrockuptibles : « L'essayiste et romancier crée une fresque monumentale et réussie rassemblant celles et ceux qui portent son nom. ».

A la Maison de la poésie, le , au cours d’une performance intitulée « Dans la fabrique du Monde des Martin », des passages du livre ont été lus par Laurent Stocker et l’auteur a donné à entendre et à voir une partie de son matériau de travail,.

En 2024, dans le récit N’oublie rien (L’Olivier), Jean-Pierre Martin raconte soixante et un jours d'incarcération à l'isolement vécus en 1970 à la maison d’arrêt de Saint-Nazaire pour « apologie du crime d’incendie volontaire ». Il avait vingt deux ans, était militant de la Gauche prolétarienne, ouvrier établi à Sud Aviation, et il a été incarcéré pour avoir distribué un tract justifiant l’attaque au cocktail Molotov de la direction des Chantiers de l’Atlantique. C'était en réplique à une série d’accidents du travail qui ont entraîné la mort de plusieurs ouvriers.

Fabrice Gabriel, dans Le Monde : « C’est la simple et grande beauté du livre : faire partager quelque chose comme un examen de conscience, un voyage à l’intérieur de soi, une méditation à vif sur le sens de ses relations avec les autres. »

Bertrand Leclair, dans AOC : « Le fait que le présent d’hier et celui d’aujourd’hui se superposent au point de parfois se confondre, est ce qui confère à N’oublie rien sa puissante justesse émotionnelle, une force de vérité qui excède l’intérêt pourtant patent de son matériau désormais historique. »

Jean-Claude Raspiengas, dans La Croix : « Cette chronique d'un passage en prison, réflexion sur la réclusion et carnet de bord d'une rude traversée en solitaire sans horizon, acide sur la révolte, empathique pour les autres détenues, tranche par une forme d’élégance dans le style.  »

Œuvres

Romans et récits

Essais

Direction d’ouvrages

Responsabilités éditoriales

Collaborations à des ouvrages collectifs

Choix d'articles

Prix et distinctions

Notes et références

  1. ↑ Raphaël Sorin, « De Mao à la littérature », L’Express, du 6 au 12 juillet 1995
  2. ↑ Patrick Kéchichian, « Retour amont », Le Monde, 28 mai 2004 ; Isabelle Rüf, Le Temps, « Eloge des babas nostalgiques », 8 mai 2004
  3. ↑ Dossier du Magazine littéraire n° 425, novembre 2003 : « La première biographie de Michaux » ; Patrick Kéchichian, « Henri Michaux, La vie dans les plis », Le Monde, 21 novembre 2003 ; Daniel Rondeau, « Michaux en télésiège », L’Express, 4 décembre 2003
  4. ↑ Roger-Pol Droit, « Extension du domaine de la honte », Le Monde, vendredi 8 septembre 2006
  5. ↑ Entretien avec Alexandre Lacroix dans Philosophie magazine, n°41, juillet-août 2010 ; Marielle Macé, « Se préférer autre », Critique n°762, novembre 2010 ; Jean-Louis Jeannelle, La revue d’histoire littéraire de la France, avril 2012 ; Interview dans Libération propos recueillis par Marc Semo : « La trahison est un moment nécessaire », 18 août 2015
  6. ↑ Martine Laval, Télérama n° 3185, 29 janvier 2011 ; Jean-Baptiste Harang, « Attention au départ » , Le Magazine littéraire n°505, février 2011
  7. ↑ Hommage à JB Pontalis, Magazine littéraire n° 529, mars 2013
  8. ↑ Roger-Pol Droit, « Renaître avec Queneau dans le Nord-Finistère », Le Monde, 15 avril 2011 ; Adèle Van Reeth,« La losophie est une discipline hybride », Philosophie Magazine, mai 2011
  9. ↑ Marielle Macé, « Orwell, vita nova », Le Monde, janvier 2013 ; Jérôme Dupuis, « Orwell, 1948 », L’Express, janvier 2013 ; Jacques Henric, « Le dernier combat », Artpress, mars 2013
  10. ↑ Bertrand Leclair, « Un amour réprouvé », Le Monde, 28 mai 2016
  11. ↑ Claire Devarrieux, « Jean-Pierre Martin, une vie par petites touches », Libération, 19 septembre 2019
  12. ↑ Bertrand Leclair, « Jean-Pierre Martin : La vie artisanale », Le Monde (8/03/19)
  13. ↑ Robert Maggiori, « Pour vivre libre, vivons curieux », Libération, 19 septembre 2019 ; Mark Hunyadi, « La curiosité comme mode de vivre », Le Temps, 12 octobre 2019
  14. ↑ Camille Laurens, « Corps errants », Le Monde, 2 octobre 2020 ; Anna Cabana, « Dans "Mes Fous", le héros de Jean-Pierre Martin essaie de comprendre l'énigme de sa fille schizophrène», Journal du Dimanche, 1er octobre 2020 ; Corinne Renou-Nativel, « Pour approcher l'énigme Constance », La Croix, 15 octobre 2020
  15. ↑ Pierre Assouline, La République des livres, 20 septembre 2020
  16. ↑ Camille Laurens, Le Monde des livres, 1er octobre 2020
  17. ↑ Alexis Buffet, Libération, 6 novembre 2020
  18. ↑ Nathalie Crom, « Le Monde des Martin », Télérama, 2 février 2022
  19. ↑ Camille Laurens, Le Monde des livres, 4 février 2002
  20. ↑ Sylvie Tanette, Les Inrockuptibles, février 2022
  21. ↑ « Jean-pierre martin - « dans la fabrique du monde des martin » », sur Maison de la poésie (consulté le ).
  22. ↑ (en) « - YouTube », sur YouTube (consulté le ).
  23. ↑ Fabrice Gabriel, « N’oublie rien de Jean-Pierre Martin : ô ma jeunesse jamais abandonnée », Le Monde, 16 février 2024
  24. ↑ Bertrand Leclair, « Temps d’arrêt – sur N’oublie rien » AOC, 5 février 2024
  25. ↑ Jean-Claude Raspiengas, « Du rêve de Grand soir au cauchemar du mitard », La Croix, 30 mai 2024

Liens externes