| Directeur de recherche au CNRS |
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| Naissance | |
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| Décès |
(à 83 ans) 5e arrondissement de Paris |
| Nationalité |
française |
| Formation |
doctorat sous la direction de Marcel Delépine |
| Activité |
chimiste, historien des sciences |
| Domaine |
chimie organique des hormones, stéréochimie, histoire des sciences |
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Jean Jacques, né le à Épinay-sur-Seine et mort le à Paris, est un chimiste français, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la chimie organique des hormones et de la stéréochimie. Il a exercé au Collège de France, notamment dans le laboratoire d'Alain Horeau, et a dirigé la thèse d'Henri Kagan, lauréat du prix Nobel de chimie en 2026. Il est aussi l'auteur d'ouvrages d'histoire des sciences et de vulgarisation.
Jean Jacques naît le . Docteur-ingénieur, il soutient une thèse sous la direction de Marcel Delépine au Collège de France, puis rejoint en 1944 l'équipe de chimistes constituée par Alain Horeau auprès de Robert Courrier, titulaire de la chaire de morphologie expérimentale et endocrinologie.
Cette collaboration, qualifiée de « longue et féconde » dans la nécrologie d'Horeau publiée par le Collège de France, porte d'abord sur les œstrogènes artificiels et débouche sur la création d'un groupe de recherche du CNRS. Lorsque la chaire de chimie organique devient, en 1956, chaire de chimie organique des hormones et est confiée à Alain Horeau, Jean Jacques poursuit ses travaux dans ce laboratoire, comme personnel scientifique du CNRS. La Bibliothèque nationale de France le décrit, en s'appuyant notamment sur un article du Monde des 15-16 juillet 2001, comme directeur de recherches au CNRS et directeur d'une équipe spécialisée en chimie organique des hormones dans les laboratoires du Collège de France.
Il meurt le . Andrée Marquet, dans L'Actualité chimique, le présente comme « un représentant important de la chimie française ».
La première partie de sa carrière est consacrée à la chimie de l'activité œstrogène. La nécrologie d'Alain Horeau souligne des recherches « très fructueuses » dans le domaine des œstrogènes artificiels au sein de l'équipe du Collège de France. Un autoportrait filmé réalisé en 1985 par le CNRS le montre évoquant ses travaux sur les œstrogènes artificiels, substances à visée contraceptive, et sur des substances antiparasitaires.
La seconde partie de ses recherches relève de la stéréochimie : cristaux liquides et dédoublements de racémiques par cristallisation. Avec Henri Kagan et Guy Ourisson, il publie en 1965, chez Pergamon Press, deux recueils de constantes sélectionnées, Pouvoir rotatoire naturel et Constantes sélectionnées. Stéroïdes, édités par Simone Allard et préfacés par William Klyne. En 1977, avec Claude Gros et Simone Bourcier, il publie Absolute configurations of 6000 selected compounds with one asymmetric carbon atom (G. Thieme). En 1981 paraît Enantiomers, Racemates, and Resolutions, coécrit avec André Collet et Samuel H. Wilen (Wiley), plusieurs fois réédité, ouvrage de référence sur le dédoublement des racémiques.
Il préface en 1986 la réédition de textes de Louis Pasteur, Jacobus Henricus van 't Hoff et Alfred Werner sur la dissymétrie moléculaire. L'historien des sciences Gerald L. Geison juge cette préface « admirablement clair[e] et pénétrant[e] » sur les développements passés et présents de l'étude de l'asymétrie moléculaire.
Jean Jacques dirige au Collège de France la thèse de doctorat d'Henri Kagan (Henri Boris Kagan, né en 1930), alors élève de la faculté des sciences de Paris et de l'École nationale supérieure de chimie de Paris. Kagan collabore ensuite avec Alain Horeau, avant de fonder en 1967 son groupe à la faculté des sciences d'Orsay. Jacques, Kagan et Ourisson cosignent en 1965 les deux volumes de constantes cités plus haut.
Le , l'Académie royale des sciences de Suède attribue le prix Nobel de chimie à Henri B. Kagan, professeur émérite de l'ancienne université Paris-Sud, et au chimiste japonais Kenso Soai, « pour la découverte des effets non linéaires et de l'autocatalyse dans la synthèse organique asymétrique ». Le comité Nobel souligne que ces découvertes « ont été décisives pour les chimistes qui conçoivent des réactions destinées à la fabrication de produits pharmaceutiques » et qu'elles apportent une solution à la question, vieille de plus d'un siècle, de l'émergence spontanée de l'homochiralité. Kagan avait observé en 1986 les premiers exemples d'effets non linéaires en synthèse asymétrique ; Soai a ensuite mis au point une réaction autocatalytique asymétrique.
Parallèlement à ses travaux de laboratoire, Jean Jacques publie des essais d'histoire de la chimie et de médiation scientifique. Les Confessions d'un chimiste ordinaire (Seuil, 1981) et Un chimiste au passé simple (Odile Jacob, 1990) mêlent souvenirs de laboratoire et réflexion sur le métier. Berthelot, autopsie d'un mythe (Belin, 1987), préfacé par Jean Dhombres, est une étude biographique de Marcellin Berthelot. La Molécule et son double (Hachette, 1992), introduit par Dominique Lecourt, porte sur la chiralité. Avec Daniel Raichvarg, il publie Savants et ignorants : une histoire de la vulgarisation des sciences (Seuil, 1991 ; rééd. 2003). Il réédite aussi La Chymie charitable et facile, en faveur des dames de Marie Meurdrac (Lyon, 1680).