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Jean François Margat |
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Jean Margat, né le à Paris et mort le à Orléans, est un hydrogéologue français.
Son père, Yves Margat (1896-1976), est un musicien et compositeur, auteur d'un Traité de l'harmonie classique. Sa sœur, Rosine Margat, a enseigné le théâtre, au cours d'art dramatique René-Simon, du vivant de René Simon et après sa mort.
Jean Margat, né à Paris, est scolarisé au lycée Janson-de-Sailly à Paris. À 16 ans, il se rend à la manifestation des lycéens du 11 novembre 1940 devant l'arc de Triomphe. Les élèves du lycée Janson-de-Sailly viennent en groupe, avec une gerbe de fleurs de deux mètres de haut en forme de croix de Lorraine. Dénoncé, il sera interné dans la prison de l'armée allemande de Moulins en 1944[réf. nécessaire].
Après la Libération, il passe son baccalauréat puis suit des études de géologie, à la Sorbonne ; il obtient sa licence en deux ans. Pendant ces deux années, il est directeur adjoint à la Maison des Sciences, lieu de réunion des étudiants et s'inscrit à l'association des Étudiants communistes[Quoi ?]. Il intégre en troisième année l'École nationale supérieure de géologie de Nancy, en 1946.
Jean Margat est engagé au service géologique du Maroc à partir de 1947.
Il réside d'abord à Meknès puis à Rabat comme chef du service régional d'alimentation en eau. Il évalue les ressources en eau souterraine ; il les cartographie, principalement dans le plateau de Meknès-Fès et au Tafilalt, en région présaharienne.
Nommé directeur-adjoint des ressources en eau spécialisé dans les eaux souterraines au Centre des études hydrogéologiques (1947-1960) puis à l'Office national des irrigations du Maroc (1960-1961), il établit la première carte des eaux souterraines du Maroc. Des géologues marocains, pour lesquels il a effectué de fréquents voyages scientifiques, lui rendront hommage.
De retour en France en 1961, il est intégré au ministère des Mines et de l'Industrie et détaché au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) où il devient le responsable du service, puis du département d'Hydrogéologie (1961-1971). Il est nommé directeur-adjoint du BRGM (1971-1978).
Il devient conseiller du président en tant que chargé de Mission « Eau » (1978-1989). Il garde une activité professionnelle intense et un bureau au BRGM jusqu'à l'âge de 90 ans : il se consacre alors à la vulgarisation de l'hydrogéologie, à l'évaluation des ressources et à l'utilisation des eaux souterraines dans le monde.
Il a travaillé en parallèle, encore plus après sa retraite, pour de nombreux organismes internationaux :
Il meurt à 101 ans.
Jean Margat a beaucoup publié sur l'élaboration et la mise au point du langage scientifique spécialisé utilisé en hydrologie et en hydrogéologie.

Après avoir réalisé au Maroc dans les années 1950 ce qu’il a nommé des « jocondoclasties » en abîmant d’une manière systématique des reproductions de la Joconde en carte postale, il a rédigé avec l’aide de son ami Jean Suyeux, un numéro spécial de la revue Bizarre publiée chez Jean-Jacques Pauvert en 1959, qui consistait en un « traité de Jocondologie » suivi d’un « traité de Jocondoclastie ». Jean Margat a justifié son activité para-artistique de jocondoclaste par deux références: L.H.O.O.Q. de Marcel Duchamp (1919), un ready-made modifié qui ajoute une moustache à la Joconde et les Exercices de style de Raymond Queneau (1947). Il avait été initié à l'Oulipo par son ami Paul Braffort, qu’il a connu à la Sorbonne et qui était devenu régent du Collège de 'Pataphysique. Le propos de Jean Margat était de multiplier, dans une démarche ludique proche de celle de l'Oulipo, des variations de l’image de la Joconde devenue banale à la suite de sa prolifération en cartes postales. Connues d’un petit cercle d’amis, les jocondoclasties ont inspiré le scénario du film La Joconde - Histoire d’une obsession d’Henri Gruel et Jean Suyeux sorti en 1957 (production Argos films) qui a reçu la palme du court-métrage à Cannes en 1958. Boris Vian, qui y joue le rôle de professeur de sourire, en a rédigé le texte dit en voix off. Le numéro de Bizarre a été republié et commenté dans un livre avec un DVD contenant l’ensemble des jocondoclasties et le film intitulé La Joconde éclatée en 2007 aux éditions La Maison d’à côté (Bruxelles). Parallèlement à son activité jocondoclastique, afin de constituer une somme de ce qu’il a nommé des « jocondoclasties spontanées », Jean Margat a accumulé au fil des années une impressionnante collection de produits où apparaît l’image de la Joconde sous toutes les formes : œuvres d’art, objets décoratifs en tout genre, dessins et caricatures, cartes postales, publicités, images de marque de produits les plus divers, graphismes de différentes époques… Cet ensemble avait été répertorié et classé par ses soins de diverses manières : époque, pays, thème, type de modification. La collection Margat a été acceptée en donation par le Louvre en 2014 afin de servir de base d’études iconologiques et de matériau pour des expositions. Jean Margat est depuis 1982 le président de l’Association des Amis de Mona Lisa créée en 1980, qui a pour mission de collecter l’ensemble des usages de l’image de La Joconde ; elle publie régulièrement une gazette.
L’activité de dessinateur d'humour de Jean Margat, initiée dans les années 1960, a été reconnue par diverses publications dans des revues, dont Lui. Dans Les Chefs-d’œuvre du dessin d’humour de l’Anthologie Planète (1968) de nombreux dessins de Margat sont publiés. Jacques Sternberg note que, lorsqu’ils ont paru pour la première fois en 1964 dans la revue Bizarre, ils étaient « la plus forte révélation de ce numéro qui faisait le point sur l’humour en France ».