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protestantisme français (huguenot) |
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Jean Migault (1644 – 1707) est un maître d’école et notaire français, originaire de Thorigné dans le Poitou. Protestant, il subit les dragonnades puis l’exil à la suite de la révocation de l’édit de Nantes. Son Journal (années 1680) constitue une source mobilisée pour l’histoire des huguenots poitevins,.
Né en 1644 dans le hameau des Basses Touches à Thorigné (Deux-Sèvres), il succède à son père comme maître d’école dans la paroisse de Mougon (Deux-Sèvres) et exerce aussi comme notaire de la châtellenie.
À partir de 1681, sa famille est visée par les dragonnades ; il décrit les violences, les contraintes à l’abjuration et les pertes matérielles dans son Journal.
Après 1685, il gagne l’exil : d’abord en Hollande (Provinces-Unies), à Amsterdam, puis auprès de la communauté francophone d’Emden (Frise orientale, actuelle Allemagne). Il meurt en 1707, bien que certaines sources mentionnent 1706 comme date de décès,.
Jean Migault épouse d’abord Élisabeth Fourestier le , dans la paroisse de Fressines ou Mougon,. Elle meurt en 1683, peu après la naissance de leur enfant Olivier, selon ses propres textes : « vingt et quatre heures après, elle fut saisie d’une violente fièvre ». Dans son Journal, il souligne que son épouse était une lectrice assidue de l’œuvre de Crespin.
Après le décès d’Élisabeth Fourestier, il contracte un second mariage le à Amsterdam avec Élisabeth Cocuaud (née vers 1650). Ils ont notamment des enfants : Madeleine (née en 1692) et François-Louis (né en 1694).
Dans son Journal, il relate aussi des épisodes poignants de mortalité infantile dans sa famille (quatorze naissances en vingt ans, dont plusieurs décès d’enfants avant l’âge de un an et d’autres à 8 ou 11 ans). Il consigne également le soin attentif qu’il porte à son épouse malade — il la veille « nuit et jour » en ses derniers moments.
Le parcours de Jean Migault illustre la situation des huguenots du Poitou à la fin du XVIIe siècle : dragonnades (1681–1685), révocation de l’édit de Nantes (1685), réseaux de fuite vers La Rochelle puis installation dans les Provinces-unies ou en Frise orientale. Le Journal est utilisé comme source de première main par l’historiographie du protestantisme français.
Le Journal de Jean Migault est publié pour la première fois en 1825 par Henry Servier à Paris, puis réédité en 1910 par la Société de l’histoire du protestantisme français. Il constitue un témoignage de première main sur les dragonnades en Poitou et sur la condition des familles protestantes après la révocation de l’édit de Nantes.
Les historiens l’utilisent comme source pour l’étude du protestantisme français au XVIIe siècle, aux côtés d’autres mémoires huguenots. Yves Krumenacker, dans son édition moderne (2011), souligne sa valeur à la fois historique et spirituelle, et son appartenance au genre des mémoires de persécution.
L’historien Philippe Joutard cite Migault comme l’un des exemples de la « mémoire protestante » forgée au XVIIe siècle, aux côtés d’autres récits de persécution et de captivité. Pour Patrick Cabanel, Migault est représentatif de ces « protestants ordinaires » dont les témoignages ont donné une voix à la souffrance collective et à l’espérance religieuse des huguenots poitevins.
La maison natale de Jean Migault, située aux Basses Touches à Thorigné (Deux-Sèvres), est inscrite à l’Inventaire général du patrimoine culturel de la région Nouvelle-Aquitaine.
Plusieurs lieux publics portent son nom, principalement dans les Deux-Sèvres :