Jean Poitevin (ca. 1520 - 1565) est un poète et un chantre de l'église catholique, actif à Poitiers au milieu du XVIe siècle.
Sa famille est originaire de Saint-Maixent-l'École. Il eut un frère prénommé Maixent, seigneur de La Bidollière [La Bidolière, à proximité de Saint-Maixent-l'École], qui fut avocat et échevin de Poitiers dès le , puis maire en 1564.
En 1550, Jean Poitevin est chantre en l'église Sainte-Radegonde de Poitiers. Quelques actes sont connus le concernant : un prêt de 100 lt contracté le envers ses confrères ; en 1559 il est député avec le chanoine Guillaume de Trou pour représenter le chapitre de Sainte-Radegonde à la réunion du clergé du diocèse pour l'octroi du don gratuit et caritatif de 40 000 lt réclamé par le roi Henri II. La même année il comparaît à l'assemblée pour la réformation de la coutume de Poitou.
En 1560, il représente en compagnie du chanoine Pierre Herbert le représentant de son chapitre à l'assemblée du clergé des diocèses de Poitiers, Luçon et Maillezais, réunie à Poitiers pour choisir les députés aux États Généraux de 1560-1561. Jean Poitevin était lié au prieur de Sainte-Radegonde, Jean Sacher, originaire comme lui de Saint-Maixent.
En , Jean Poitevin fait partie des notables du chapitre qui constatent les déprédations et les pillages perpétrés par les Protestants dans l'église Sainte-Radegonde. En , c'est lui qui reçoit le nouvel évêque de Poitiers, Messire Charles de Pérusse des Cars, au nom du chapitre de Sainte-Radegonde.
Jean Poitevin meurt le 20 ou le en sa maison de la Chanterie de Sainte-Radegonde. Il est enterré le dans la nef principale de l'église. C'est son neveu Jean (sans doute son filleul), fils de son frère Maixent, qui lui succède. Jean Poitevin est mort sans doute assez jeune car son frère Maixent lui a survécu plus de trente ans. Il a dû naître vers 1520, environ.
Les seules œuvres poétiques connues de Jean Poitevin sont la traduction en vers français des psaumes qui n'avaient pas déjà été traduits par Clément Marot.
Hormis leur emploi dans le Psautier de Lyon (lui-même plus publié après 1561), les psaumes de Poitevin n'eurent qu'un retentissement limité. Son Ps. 119, sans doute parce qu'il était pénible à traduire, fut aussi repris dans le Psautier de Paris.
Ses textes n'ont été que rarement mis en musique ; on peut toutefois signaler que le recueil intitulé Bassus novi prorsus et elegantis libri musici (Düsseldorf : J. Oridryus et Albert Buys, 1561) contient deux psaumes de Poitevin : le Ps. 55 Entens, Seigneur, il est saison mis en musique à 4 voix par Martin Peudargent et le Ps. 89 Où est celuy lequel se peust vanter mis en musique à 5 voix par Petit Jan de Latre.