Jean Rustin

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Jean Rustin
Jean Rustin en 2003.
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jean Claude RustinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Formation

Jean Rustin, né le à Montigny-lès-Metz (Moselle) et mort à Paris le , est un peintre français.

Biographie

Jean Rustin est le cadet d’une famille de cinq enfants. En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, sa famille se réfugie dans le Berry puis à Poitiers où le il commence ses études secondaires. C’est à cette époque qu’il apprend le violon et s'intéresse au dessin. Il pratiquera le violon durant toute sa vie et combinera aisément les deux arts, musique et peinture, reconnaissant que « l’on peut jouer avec les couleurs comme avec les notes. »

En 1944, il regagne Metz, passe son baccalauréat et peint ses premières toiles. En 1947, il quitte Metz pour Paris. Il s’inscrit aux beaux-arts de Paris et fréquente l’atelier de Nicolas Untersteller. Il réside alors à Clichy.

Ses débuts en tant que peintre le place dans le style figuratif. L’aquarelle s’impose alors comme moyen d’expression poétique. Il subsiste quelques-unes de ses aquarelles figuratives représentant des paysages parisiens peints avec une réelle sensibilité.

À partir de 1947, Jean Rustin est rattrapé par la peinture non figurative qui exerce sur lui un certain attrait et telle qu’elle se concevait alors à Paris. Il intègre ce mouvement que l’on qualifiera plus tard d’« abstraction lyrique » et reconnaît une dette à l'égard de l'action painting.

De 1959 à 1969, il expose chaque année à la galerie parisienne La Roue. Au terme de cette période, il abandonne petit à petit l’huile pour l’acrylique. En 1971, L’ARC du musée d’art moderne de la Ville de Paris organise une rétrospective de 150 de ses tableaux et aquarelles.

Jean Rustin trouve alors sa peinture « trop jolie » et « décorative ». Cette exposition marque profondément sa carrière. À partir de 1971-1972, il mène seul, dans son atelier de Bagnolet un travail de recherche approfondi. Il revient à la figuration dans des décors incertains. La figure humaine s’impose petit à petit comme seul sujet.

Sylvia Bourdon organise à Paris en 1980 dans sa galerie la première exposition consacrée à cette nouvelle période de Rustin, qui recueille des articles laudatifs dans la presse, où l'univers quasi psychiatrique du peintre est mis en exergue. En 1981, sa participation au Salon de la Jeune Peinture est située aux côtés de Jean Kiras, Édouard Trémeau, France Mitrofanoff, Mario Castro-Hansen et Concha Benedito au sein du collectif « Naître-Devenir » qui s'efforce, restituent Francis Parent et Raymond Perrot, de « définir des directions de lutte à partir du corps humain ».

De 1981 à 1986, Rustin expose dans la galerie d'Isy Brachot, qui était située rue Guénégaud à Paris, et qui publia une série de catalogues.

En 1982, Évelyne Artaud organise une exposition de ses œuvres à la Maison des arts de Créteil. L’exposition fait en partie scandale, une partie du public exprime son mécontentement dans le livre d'or, aux motifs, entre autres, qu'elle pouvait heurter le jeune public qui fréquentait ce lieu dans le cadre d'ateliers destinés à la jeunesse. L'entrée de l'exposition est alors réservée aux seuls adultes mais est surtout accompagnée d'un panonceau d'avertissement, ce qui provoque une polémique.

Jean Rustin continue obstinément à peindre sur le même sujet et ne remet aucunement en cause son travail. Il est quelque peu délaissé par la critique française.

En 1992, la fondation Rustin est créée à Anvers, et le grand critique britannique Edward Lucie-Smith lui consacre une importante monographie : son travail est rapproché de celui de Lucian Freud.

En 2001, la Halle Saint Pierre organise la troisième rétrospective de son travail en France, suivie en 2004 d’une exposition particulière de travaux récents à l’hôtel de ville de Paris. Jean Rustin retrouve un public français. En 2005, le musée Frissiras d’Athènes lui rend un hommage rétrospectif. En 2007, la ville de Legnano (près de Milan) lui dédie une grande exposition rétrospective.

Jean Rustin, « dont l’œuvre puissante avait évolué de l'abstraction lyrique à une figuration sombre » et à la « trajectoire, à rebours des certitudes du modernisme », meurt à Paris dans la nuit du 23 au .

Vie privée

En 1949, Jean Rustin épouse Elsa, qui suit alors des études de médecine. De cette union naissent deux enfants : François, en 1950, et Pierre, en 1953.

Œuvre

L'œuvre de Jean Rustin se caractérise par le contraste entre deux périodes.

La première témoigne d'une abstraction joyeuse et très colorée. Mais une importante rétrospective d’une centaine de ses toiles au musée d'Art moderne de la ville de Paris, en 1971, marque l’artiste. Il est en effet bouleversé par la vision de l’ensemble de ses œuvres qu’il jugera dès lors « trop belles » et il déclarera : « J'en avais assez de faire un chef-d'œuvre par jour ! »

Il rompt dès lors avec cette abstraction au profit d'une figuration révélant un univers sombre, proche de la folie. L'une de ses dernières expositions s'intitule « Bleu Psychiatrique Érotique » (Legnano, 2007).

Expositions personnelles

Récompenses

Fondation Rustin

Au début des années 1990, Marnix Neerman, galeriste à Bruges, lance les bases de ce qui deviendra la fondation Rustin en Belgique, notamment en systématisant l'achat des œuvres sortant de l'atelier du peintre. En 1992, la fondation est créée à Anvers. L’œuvre de Jean Rustin s’expose et remporte un vif succès dans le nord de l’Europe.

À partir de 2001, Maurice Verbaet et Corinne van Hövell poursuivent la gestion de l'œuvre de Jean Rustin.

Le , Jean Rustin assiste à l’inauguration de la fondation parisienne qui porte son nom, couronnant 60 années d’une carrière cohérente. Au terme de cinq années d'existence, la fondation ferme ses portes le .

Bibliographie

Filmographie

Notes et références

  1. ↑ Edward Lucie-Smith, Rustin, Londres, .
  2. ↑ Le musée en a acquis quatre par l’intermédiaire de Pierre Gaudibert.
  3. ↑ Du au , avec un catalogue préfacée par l'écrivain Isaure de Saint Pierre.
  4. ↑ Par exemple, Le Figaro en date du par Jean Marie Tasset, dans Le Point du , et dans Libération du .
  5. ↑ Francis Parent et Raymond Perrot, Le Salon de la Jeune Peinture - Une histoire, 1950-1983, Imprimeries libres, 1983.
  6. ↑ Jacques Fabrizi, Déjà presque mort mais encore si terriblement vivant, dessins de Jean Rustin, Paris, L'Harmattan, 2012, p. 110.
  7. ↑ Bertrand Langlois, « Mort du peintre Jean Rustin à l'âge de 85 ans », L'Express,‎ (lire en ligne).
  8. ↑ Philippe Dagen, « Le peintre Jean Rustin est mort », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  9. ↑ Extrait du module vidéo de l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain, 1995.
  10. ↑ « Jean Rustin » sur le site de la galerie Polad-Hardouin.
  11. ↑ SALe Legnano (it).
  12. ↑ Actuel président de la fondation.
  13. ↑ Rétrospective Jean Rustin, « On m'aime ou on me déteste », Vernissages, no 2, .
  14. ↑ rustin.be.
  15. ↑ Jean Rustin sur le site des Éditions Collodion.
  16. ↑ Histoire de frêle sur le site des éditions.
  17. ↑ Pourquoi l'intégrité sur le site des éditions.
  18. ↑ DVD édition et distribution Les Films du Paradoxe (version française et anglaise). Sélection festival Traces de vie, Clermont-Ferrand.
  19. ↑ Voir sur whoozart.tv.

Annexes

Articles connexes

Liens externes