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Jeanne Lapointe est une intellectuelle québécoise, née le à Chicoutimi et morte le à Québec.

Jeanne Lapointe devient professeure de littérature à l'Université Laval en 1940. C'est la première femme à obtenir ce poste au sein de ce département. Ses essais et ses actions vont contribuer à l'avènement de la modernité littéraire au Québec, notamment grâce à ses débats intellectuels publiés dans la revue Cité Libre (années 1950) et à son influence sur des écrivaines québécoises majeures telles que Marie-Claire Blais, Anne Hébert et Gabrielle Roy, pour qui elle a joué le rôle de mentore. Au sein de Cité Libre, dont elle est membre du comité de rédaction et qui regroupe des intellectuels opposés au régime de Duplessis – dont Pierre Elliott Trudeau et Pierre Vadeboncœur –, elle conteste l'ordre établi, notamment le dogmatisme religieux.
En 1960, avec l'élection de Jean Lesage, elle est sollicitée pour participer à la refonte du système d'éducation. Elle est la seule femme laïque à siéger à la Commission royale d'enquête sur l'enseignement souvent appelée commission Parent, dont les travaux s'échelonnent de 1961 à 1966. Jeanne Lapointe rejoint la Commission avec l'ambition de démanteler les collèges classiques et de laïciser l'enseignement. Les travaux mèneront à la mise sur pied des cégeps et des polyvalentes.
Par la suite, elle siège à la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme au Canada, la commission Bird (1967‑1970), qui préconise notamment de légaliser l'avortement.
En 1970, elle retourne à Paris, où elle avait étudié durant les années 1950, pour s'y former à nouveau, entre autres auprès de Julia Kirsteva, Roland Barthes, Jacques Lacan, Michel Foucault, Françoise Dolto. À son retour, elle contribue à implanter les études féministes et psychanalytiques à l'Université Laval.
Son action en tant que commissaire pendant la Révolution tranquille a donné une tribune politique à ses idées progressistes sur l'éducation au Québec et la condition des femmes au Canada. C'est alors que sa parole s'est définie avec ironie contre les discours de domination et les inégalités sexuelles, rhétorique qu'elle a développée dans ses analyses littéraires psychanalytiques (années 1970), puis féministes (années 1980-1990). Sa correspondance témoigne de l'importance de ses échanges avec plusieurs intellectuels et écrivains du Québec et de l'Europe: Jean Le Moyne, Louky Bersianik, Pierre Gélinas, Judith Jasmin, Félix-Antoine Savard, Pierre Elliott Trudeau, Driss Chraïbi, Nathalie Sarraute, etc. Outre le fait qu'elle a été la réviseuse de Gabrielle Roy et la conseillère de Marie-Claire Blais, elle a collaboré, à partir de la fin des années 1950, avec la scénariste Marthe Morisset Blackburn.
Le , Journée internationale des droits des femmes, l'Université Laval annonce que le pavillon situé au 2320 Rue des Bibliothèques, autrefois appelé le pavillon des Sciences de l'éducation devient le pavillon Jeanne-Lapointe. Il s'agit du second pavillon à porter le nom d'une femme dans cette université (après le pavillon Agathe-Lacerte) .
Le Fonds Jeanne-Lapointe en études féministes provient d'un don fait par Jeanne Lapointe à la Fondation R.A.F (Recherche et action pour les femmes). Il sert à l'attribution de bourses d'excellence ainsi qu'au soutien de nouveaux projets de recherche, de services aux collectivités féministes, et d'activités de formation et de rayonnement des études féministes. La Chaire Claire-Bonenfant – Femmes, Savoirs et Sociétés assume l'évaluation des projets soumis; le Fonds est sous la responsabilité de la Fondation de l'Université Laval.
La bourse d'excellence Théry-Lapointe fut créée par Chantal Théry, professeure retraitée de l'Université Laval. Elle est octroyée chaque année afin d'encourager la diffusion de travaux de recherche et de création féministes par les étudiants et les étudiantes de 2e et 3e cycles de la Faculté des lettres et des sciences humaines de l'Université Laval.
La création du Prix Acfas Jeanne-Lapointe a été annoncée le par l'Acfas. Il récompense l'excellence et le rayonnement des travaux et des actions d'un chercheur ou d'une chercheuse dans le domaine des sciences de l'éducation. Le prix est « nommé en l'honneur de Jeanne Lapointe, membre de la Commission royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec (commission Parent), seule femme laïque, principale rédactrice du rapport Parent et chercheuse en sciences humaines au parcours académique exceptionnel. [Elle] a été une pionnière dans le monde universitaire francophone, où elle a œuvré pendant 47 ans. »