| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance |
Joseph Jean Théophile Bousquet |
| Nationalité | |
| Activités |
| Conflit | |
|---|---|
| Distinctions |
La Tisane de sarments, Traduit du silence, Le Meneur de lune, Lettres à Poisson d'Or (posthume) |
Joë Bousquet, né à Narbonne (Aude) le et mort à Carcassonne (Aude) le , est un poète et écrivain français.
Joseph Jean Théophile dit Joë Bousquet, fils de médecin, est né dans une famille aisée. À l'âge de trois ans, il réchappe d'une fièvre typhoïde. Son adolescence est caractérisée par un comportement de mauvais garçon, agressif et coureur. Son père le destinait à une carrière dans la banque, ce que Joë redoutait.
Pendant la Première Guerre mondiale, Bousquet, à dix-neuf ans, étudiant, est engagé (1916) sur le front des hostilités où rapidement son audace le fait remarquer et décorer. Il est lieutenant au 156e régiment d'infanterie lorsque, le , âgé de 21 ans, il est grièvement blessé lors du combat de Vailly-sur-Aisne. Atteint à la colonne vertébrale par une balle allemande, il est paralysé à hauteur des pectoraux, perdant l'usage de ses membres inférieurs et devenu impuissant. Il songe d’abord au suicide mais comprend bientôt que la vie qu’il élabore pour « construire autour de lui l’univers […] est la plus précieuse, la plus profonde, la seule probablement à être réelle ». Il demeure alité le reste de sa vie, le plus souvent au 53 de la rue de Verdun à Carcassonne, dans une chambre dont les volets sont fermés en permanence, selon son désir. Sa sœur aînée, Henriette Patau-Bousquet, veille sur lui et souvent le tire d'un désespoir profond. Durant les beaux jours, il réside aussi à Villalier, dans la villa familiale entourée d'un parc. Il écrit à propos de sa blessure :
« Ma blessure existait avant moi, je suis né pour l'incarner. »

Dans sa chambre, Bousquet passe pratiquement tout son temps à lire et à écrire. Il reçoit beaucoup, des amis, mais aussi de nombreuses admiratrices. Avec ses plus proches amis, François-Paul Alibert, Ferdinand Alquié, Claude-Louis Estève et René Nelli, il fonde en 1928 la revue Chantiers. Dans les années 1940, la revue Les Cahiers du Sud le charge d'un Cabinet de lectures, dont il s'occupe avec Francine Bloch, premier chroniqueur principal de la revue. Il fait de sa chambre une boîte à lettres de la résistance locale.
Il est en relation épistolaire avec de nombreux écrivains et artistes dont Paul Éluard, Max Ernst et Jean Paulhan, ainsi qu’avec la philosophe Simone Weil : il partage avec elle le souci d’authenticité et l’amour de la vérité, qui exigent de consentir à demeurer au plus près de sa souffrance, et de refuser de se réfugier dans une parole simplement divertissante. Joë Bousquet laisse une œuvre poétique considérable. Il repose dans le cimetière de Villalier. Il lègue par testament olographe en date du , une partie de sa collection de tableaux à ses amis.
Joë Bousquet écrit constamment son prénom « Joe » alors que la forme imprimée « Joë », avec tréma, est devenue usuelle du vivant de l'auteur.

Acquise par le Conseil général de l'Aude et conservée en l'état, la Maison des Mémoires abrite une exposition permanente, ainsi que le Centre Joë Bousquet et son temps. Ce dernier organise des manifestations autour de l'œuvre du poète. Elle est labellisée depuis 2011 Maison des Illustres par le ministère de la Culture.
Une rue porte son nom à Carcassonne, à Narbonne, à Labastide-Saint-Georges (Tarn), Baillargues (Hérault) et à La Palme (Aude), où il passait des vacances chez ses grands-parents. Une place porte son nom à Villalier (Aude).
Fin 2008, une correspondance amoureuse (-) de Joë Bousquet avec une jeune femme, « Linette », est éditée.
Seul un long-métrage produit pour la télévision (FR3) a été adapté de l'œuvre de Joë Bousquet et diffusé en 1980 : La Tisane de sarments, réalisé par Jean-Claude Morin, adapté du roman éponyme et de Traduit du silence par le réalisateur et la scénariste et écrivain Marie-France Briselance, avec notamment Philippe Léotard dans le rôle du poète. La très forte charge émotionnelle du comédien (ancien professeur de français et connaisseur du poète), alors en complète déroute affective, compense largement le manque de ressemblance physique avec Joë Bousquet, le personnage principal de La Tisane de sarments étant de toute façon un personnage fictif bien qu'empruntant beaucoup à la vie de son auteur. Bernard Weisz, dans L'Humanité, souligne que « C’est un film de communion avec Bousquet, d’une facture rare à la télévision. Ce roman onirique, cette histoire d’amour fou est devenue un film qui donne le goût très fort de connaître Bousquet et ses livres ».
Ce film de long-métrage avait été précédé par un court-métrage de 13 minutes, toujours pour FR3 et du même réalisateur, Joë Bousquet, ou le mouvement paradoxal, une évocation des actions de résistance (paradoxales pour un infirme, imaginables pour un chantre de la liberté) du poète face à l'Occupation allemande et à la rafle des juifs en France. Ces films sont disponibles à l'INA (www.institut-national-audiovisuel.fr) et sont édités en DVD (sortie le ) dans la collection Ciné-Club TV (Inser&cut/L'Œil du témoin).