| John Leak | ||
John Leak, vers 1916. | ||
| Naissance | Portsmouth, Royaume-Uni |
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| Décès | Redwood Park (Australie-Méridionale) |
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| Origine | Britannique | |
| Allégeance | Australie | |
| Arme | Infanterie | |
| Unité | 9e Bataillon (3e Brigade, 1re Division) |
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| Grade | Soldat | |
| Années de service | 1915 – 1919 | |
| Conflits | Première Guerre mondiale Campagne de Gallipoli Front de l'Ouest Bataille de Pozières Bataille de la ferme du Mouquet |
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| Faits d'armes | Bataille de Pozières () : capture d'un point fort ennemi à la grenade et à la baïonnette | |
| Distinctions | Croix de Victoria (1916) Étoile de 1914-15 Médaille britannique de guerre Médaille de la Victoire Médaille du couronnement de George VI (1937) Médaille du couronnement d'Élisabeth II (1953) |
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| Hommages | Rue à son nom à la caserne de Gallipoli, Enoggera (Queensland) Monument commémoratif à Rockhampton (inauguré le ) |
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John Leak, né vers 1892 à Portsmouth et mort le à Redwood Park en Australie-Méridionale, est un militaire australien, décoré de la Croix de Victoria, la plus haute récompense pour « bravoure au combat » pouvant être décernée à l'époque à un membre de la première force impériale australienne.
Il sert au sein du 9e Bataillon lors de la campagne de Gallipoli, pendant la Première Guerre mondiale. Évacué pour cause de dysenterie, il rejoint son bataillon après son retrait vers l'Égypte, puis est transféré avec son unité sur le front de l'Ouest, en France et en Belgique, où il prend part à la bataille de Pozières en juillet 1916. C'est au cours de cette bataille qu'il accomplit les faits d'armes qui lui valent la Croix de Victoria. Le mois suivant, il est grièvement blessé lors de la bataille de la ferme du Mouquet. Évacué vers le Royaume-Uni, Leak ne retourne dans son unité qu'en octobre 1917. Éprouvé par les effets de son service, il est condamné pour désertion par une cour martiale en novembre ; sa peine est toutefois suspendue, et il réintègre le 9e Bataillon. En mars 1918, il est gazé et ne retrouve son unité qu'après l'Armistice du 11 novembre 1918. De retour en Australie, il est démobilisé en 1919.
Au cours des deux décennies suivantes, il occupe divers emplois dans le Queensland, la Nouvelle-Galles du Sud, l'Australie-Méridionale et l'Australie-Occidentale, avant de s'établir définitivement en Australie-Méridionale en 1937. Profondément marqué par ses expériences de guerre, il se montre très réticent à évoquer les exploits qui lui ont valu la Croix de Victoria, et ne confie rien de son service, même à sa famille, jusqu'à la fin de sa vie. Il meurt en octobre 1972 et est inhumé à Stirling, en Australie-Méridionale.
Selon son dossier militaire, John Leak naît vers 1892 à Portsmouth, au Royaume-Uni, bien qu'aucun document n'atteste sa naissance dans cette ville. Fils de James Leak, un mineur,, il est issu de parents originaires du Pays de Galles méridional , qui semblent s'être établis en Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, bien avant la Première Guerre mondiale, sans qu'aucune trace ne subsiste de l'arrivée de John sur ce continent. Au déclenchement du conflit, ses parents sont déjà décédés. John Leak réside alors à Clermont, dans le Queensland, où il exerce la profession de charretier,.
Le , Leak s'enrôle à Rockhampton en qualité de soldat au sein de la Force impériale australienne (AIF). Il est affecté au cinquième contingent de renforts du 9e Bataillon, rattaché à la 3e Brigade de la 1re Division,,. Le , il embarque à Brisbane (Queensland) à bord du transport de troupes Kyarra. Le , il rejoint son unité alors que celle-ci est engagée dans la guerre de tranchées pour défendre la tête de pont de la baie Anzac, sur la péninsule de Gallipoli (Empire ottoman), dans le cadre de la campagne du même nom,. Six jours après son arrivée, le 9e Bataillon lance une attaque à deux volets contre les positions ottomanes situées près de Lone Pine, sur les crêtes Sniper's Ridge et Knife Edge. L'opération se solde par un échec et coûte au bataillon 37 tués et 62 blessés. Leak prend ensuite part à l'offensive d'août, tentative de percée depuis la tête de pont qui s'avère tout aussi infructueuse,,. Le , malade, il est évacué pour une gastro-entérite, puis transféré par navire-hôpital vers Malte, où il est hospitalisé et où l'on diagnostique chez lui une dysenterie. Fin septembre, il est de nouveau évacué vers le Royaume-Uni pour une nouvelle hospitalisation, avant de réintégrer son unité le . À cette date, celle-ci, avec le reste de l'AIF, a été retirée en Égypte pour y être réorganisée,.

En mars 1916, Leak et son bataillon rejoignent la France et le front de l'Ouest. Après plusieurs semaines passées dans un secteur calme près d'Armentières, ils se déploient vers le sud, dans la vallée de la Somme, pour y livrer leurs premiers combats sur le sol français. Le s'ouvre la bataille de la Somme. Cette offensive, principalement britannique, vise les systèmes de tranchées allemands de part et d'autre du fleuve. Les troupes britanniques progressent lentement vers Bapaume et atteignent les abords du village de Pozières, où la 1re Division australienne entre dans la bataille de Pozières. Les positions allemandes s'y articulent autour des tranchées Old German (OG) – OG 1 et OG 2. Le , les Australiens mènent une opération préliminaire qui se solde par un échec. Le lendemain, la division lance un nouvel assaut : la 1re Brigade est déployée sur le flanc gauche, la 3e Brigade sur le flanc droit. Le bataillon de Leak se voit confier un secteur de 500 m à l'extrême droite du dispositif divisionnaire. Les troupes atteignent leur premier objectif, mais se heurtent à une résistance allemande à l'intersection des tranchées OG 1 et Pozières Trench,.
Le 9e Bataillon se trouve alors bloqué par deux mitrailleuses allemandes, et un violent duel de grenades s'engage. Les Australiens disposent de bombes Mills, plus lourdes et d'une portée inférieure à celle des grenades modèle 17 utilisées par les Allemands. Leak s'élance en avant, lance trois bombes Mills sur le poste de tir ennemi, bondit dans la position et met hors de combat la garnison à la baïonnette. Lorsque le reste de sa section parvient au poste, il essuie le sang de son arme avec son chapeau de brousse. Les combats autour de Pozières se prolongent après cet exploit. Deux jours plus tard, l'artillerie allemande déclenche un barrage dévastateur sur les positions perdues, que le correspondant de guerre officiel australien Charles Bean qualifie de « l'un des plus lourds qui se soient produits sur la Somme ou à Verdun ». Sous ces bombardements, les effectifs du 9e Bataillon tombent de 1 016 à 623 hommes.
Le , ces actions à Pozières valent à Leak une proposition pour la Croix de Victoria. À cette époque, cette distinction constitue la plus haute récompense pour bravoure au combat pouvant être accordée à un membre des forces armées australiennes.
Après la bataille de Pozières, le 9e Bataillon est relevé, mais il retourne au combat à la mi-août pour la bataille de la ferme de Mouquet, au cours de laquelle il perd 163 hommes supplémentaires. Leak figure parmi les blessés : grièvement atteint au dos le par un bombardement d'artillerie près du blockhaus Gibraltar, il est pris en charge dans un établissement médical en France, au moment où l'attribution de sa Croix de Victoria est publiée dans la gazette officielle. La citation précise :
« Pour la bravoure la plus éclatante. Il fait partie d'un groupe qui capture finalement un point fort ennemi. Lors d'un assaut, alors que les bombes ennemies ont une portée supérieure aux nôtres, le soldat Leak sort de la tranchée, court en avant sous de lourds tirs de mitrailleuse et lance trois bombes sur le poste de bombardement ennemi. Il saute ensuite dans le poste et tue à la baïonnette trois bombardiers ennemis indemnes. Plus tard, lorsque l'ennemi, en supériorité numérique, repousse son groupe, il est toujours le dernier à se retirer à chaque étape et continue de lancer des bombes. Son courage et son énergie ont un tel effet sur l'ennemi que, à l'arrivée de renforts, toute la tranchée est reprise. »
— The London Gazette, septembre 1916

Le , Leak est évacué vers un hôpital britannique. Le , il reçoit sa Croix de Victoria des mains du roi George V lors d'une cérémonie au palais de Buckingham. Durant son séjour au Royaume-Uni, il commet deux écarts de conduite. En janvier 1917, il est accusé d'être entré dans la salle des sergents pour y réclamer une boisson, puis d'avoir refusé d'obéir à son adjudant, ce qui lui vaut quatorze jours de détention. Le , il est absent sans permission (AWOL) jusqu'au , infraction sanctionnée de quatre jours de détention et de quinze jours de suspension de solde.
Le , Leak est transféré du 9e Bataillon au 69e Bataillon, unité levée au Royaume-Uni pour intégrer la 16e Brigade de la 6e Division, elle-même constituée de soldats en convalescence après blessures ou maladies. En juin, Leak témoigne au procès d'un soldat australien qui arborait indûment le ruban de la Croix de Victoria. Il déclare à cette occasion qu'il n'a jamais songé à exiger de cet homme qu'il lui présente la décoration, car « il s'oppose à ce qu'on l'interroge lui-même sur son propre acte ». En juillet, il s'absente de nouveau sans permission, mais n'écope cette fois que d'une amende. Le 69e Bataillon est par la suite dissous pour fournir des renforts aux unités existantes. Le , Leak réintègre le 9e Bataillon et est dirigé vers le dépôt d'entraînement outre-mer.
En octobre, il regagne le front de l'Ouest, où son bataillon a entretemps pris part aux batailles de Broodseinde et de Passchendaele, en Belgique. Profondément éprouvé, il souffre manifestement d'un traumatisme lié au combat et ne supporte plus les effets des bombardements continus. Le , alors que son unité se déploie en première ligne pour relever les troupes canadiennes, il est absent sans permission. Arrêté cinq jours plus tard, il comparaît devant une cour martiale le et est reconnu coupable de désertion entre le 1er et le . Lors de son procès, il déclare être incapable de supporter les tirs d'artillerie. Condamné en premier lieu à l'emprisonnement à vie, sa peine est commuée en deux ans de travaux forcés, avant d'être finalement suspendue ; il réintègre son unité le . Il continue de servir avec son bataillon sur le front de l'Ouest jusqu'au , date à laquelle il est gazé au cours d'un long bombardement des positions de son unité près d'Hollebeke,. De nouveau évacué vers le Royaume-Uni, il ne retrouve pas son unité avant l'Armistice du 11 novembre 1918,,.
Le , après la remise définitive de sa peine de cour martiale, Leak épouse Beatrice May Chapman à Cardiff, au Pays de Galles. Le , le couple s'embarque pour l'Australie à bord du SS Ascanius, et débarque au Queensland le . Le , Leak assiste à une réception organisée en son honneur à Rockhampton, mais refuse de prendre la parole, avant de rentrer à Clermont en train. Il est démobilisé de l'AIF le . Outre la Croix de Victoria, il est titulaire de l'Étoile de 1914-15, de la médaille britannique de guerre et de la médaille de la Victoire.
Après la guerre, Leak s'associe brièvement à d'anciens combattants dans une entreprise de bois de chauffage, puis travaille quelque temps en Nouvelle-Galles du Sud avant de s'établir dans le centre-nord reculé de l'Australie-Méridionale, où il occupe un emploi de foreur de puits. À une date indéterminée, il se sépare de sa première femme. Le , il épouse Ada Victoria Bood-Smith, à qui il reste profondément attaché. En 1932, le couple s'installe à Esperance, en Australie-Occidentale, où Leak travaille dans un garage. En 1937, il reçoit la médaille du couronnement de George VI. La même année, la famille Leak retourne en Australie-Méridionale et s'établit près de Crafers. Le couple a huit enfants au total, bien que le premier soit mort avant l'âge d'un an et que le dernier ne naisse qu'en 1946.
Leak porte toute sa vie le poids de ses expériences de guerre et demeure longtemps silencieux à ce sujet. L'un de ses fils confie que « la Première Guerre mondiale l'a détruit ». Il n'assiste ni aux réunions ni aux défilés de la journée de l'ANZAC et tombe dans l'oubli. Ce n'est qu'à la fin de sa vie qu'il livre à ses enfants quelques souvenirs, évoquant des camarades disparus ainsi que ceux qu'il a lui-même tués. Sa Croix de Victoria demeure la plupart du temps rangée dans une boîte dans sa chambre. Dans ses dernières années, il souffre de bronchite et d'emphysème, séquelles de son gazage en 1918. En 1953, il reçoit la Médaille du couronnement d'Élisabeth II. En 1964, Ada meurt subitement. Deux ans plus tard, une fausse Croix de Victoria portant le nom de Leak gravé dessus est découverte à Melbourne, dans l'État de Victoria ; le revendeur est condamné à une amende pour détention d'une décoration falsifiée.
Le , Leak meurt à Redwood Park et repose aux côtés d'Ada dans le cimetière de Stirling.
Une rue de la caserne de Gallipoli à Enoggera, dans le Queensland, porte son nom. Un monument à sa mémoire est dévoilé à Rockhampton le , en hommage à cet homme qui s'y était engagé. En 2015, lors de la récitation de l'ode du souvenir, le petit-fils de Leak, Peter Townsend, indique que sa famille se rend chaque année à Rockhampton pour la cérémonie du Jour du Souvenir tenue au mémorial de son grand-père. En 2018, les médailles de Leak appartiennent à des collections privées.