Junkers Ju 88

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Junkers Ju 88
Vue de l'avion.
Vue de l'avion.

Constructeur Junkers
Rôle Avion de reconnaissance (L)
Bombardier
chasseur-bombardier
Attaque au sol (Zerstörer)
Chasseur de nuit
Chasseur lourd
Premier vol
Mise en service
Date de retrait (France)
Nombre construits 15 183
Équipage
4 personnes
Motorisation
Moteur BMW 801G
Nombre 2
Puissance unitaire 1 677 ch
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 20,08 m
Longueur 15,50 m
Hauteur 5,07 m
Surface alaire 54,7 m2
Masses
À vide 9 081 kg
Avec armement 13 100 kg
Maximale 14 690 kg
Performances
Vitesse maximale 550 km/h
Plafond 9 900 m
Rayon d'action 2 500 km
Charge alaire 240 kg/m2
Rapport poids/puissance 0,18 kg/ch
Armement
Interne 4 canons MG 151/20 de 20 mm (en chasse)
1 ou 2 mitrailleuses MG 131 de 13 mm (en défense)
1 ou 2 canons MG 151/20 de 20 mm Schräge Musik (orienté(s) à 60° vers le haut)

Le Junkers Ju 88 fut l'avion le plus polyvalent de la Luftwaffe, utilisé selon ses versions pour le bombardement horizontal ou en piqué, le torpillage, la chasse lourde (destroyer) et la chasse de nuit, la reconnaissance, l'entraînement ainsi qu'a la détection radar des navires. Il a été conçu en Allemagne en 1935 par Junkers et mis en production en 1939 en tant que bombardier moyen et rapide.

Un total de 14 676 Ju 88 furent produits de 1936 à 1945, dont 104 prototypes.

Historique

Le premier vol expérimental du Junkers Ju 88 eut lieu le . Sa mise au point fut difficile, compliquée notamment par les interventions intempestives d'Ernst Udet alors Ministre de l'air du Reich, en voulant imposer que l'appareil puisse aussi bombarder en piqué comme en témoigne l'aide de camp du Führer pour la Luftwaffe Nicolaus von Below dans ses mémoires. Après une batterie de tests et plusieurs prototypes, l'avion fut mis en production à la mi-1939 avec le Ju 88 A-1. Son premier engagement opérationnel se fit le lorsque quatre appareils accompagnés par neuf Heinkel He 111 attaquèrent sans succès une formation de la flotte britannique en Mer du Nord.

De construction entièrement métallique, rapide, maniable et apprécié des équipages, le Ju 88 fut utilisé de manière intensive sur tous les théâtres d'opérations de la Wehrmacht lors du conflit. Le , un Douglas DC-3 (vol BOAC 777) partant de l'aéroport de Portela au Portugal à destination de l'aéroport de Whitchurch (en), près de Bristol en Angleterre, est abattu dans le golfe de Gascogne par huit chasseurs-bombardiers à long rayon d'action allemands Junkers Ju 88C-6, entraînant la mort des 17 personnes à bord, parmi lesquelles l'acteur Leslie Howard.

Caractéristiques techniques

Ligne de fabrication du Ju 88 en 1941.

Ju 88 A-4

Ju 88 C-6 (1942-44)

Utilisation : chasseur-bombardier/Attaque au sol (Zerstörer) (C-6a) et chasseur de nuit (C-6b)

Un canon de 20 mm MG FF/M et trois mitrailleuses MG 17 dans le nez
une mitrailleuse mobile de 7,92 mm MG 81Z (MG 81 jumelée) ou une mitrailleuse de 13 mm MG 131 tirant vers l'arrière
en option dans la gondole ventrale : deux canons MG FF/M frontaux (Attaque au sol) ou
en option dans la gondole ventrale : une mitrailleuse de 7,92 mm MG 81Z ou de 13 mm MG 131 tirant vers l'arrière (chasseur-bombardier)
500 kg de bombes à l'intérieur, jusqu'à 2 000 kg à l'extérieur (chasseur-bombardier)
Trois canons de 20 mm MG FF/M dans le nez et la nacelle ventrale ainsi que trois mitrailleuses de 7,92 mm MG 17 dans le nez
une mitrailleuse mobile de 7,92 mm MG 81Z (MG 81 jumelée) ou une mitrailleuse de 13 mm MG 131 tirant vers l'arrière
en option (plus tard courant) deux canons de 20 mm MG 151/20 dans le fuselage tirant vers l'avant-haut à 60°
modèles initiaux éventuellement sans radar ou avec appareil de vision infra-rouge
FuG 202 Lichtenstein B/C (fin 1942)m FuG 212 Lichtenstein C1 (mi-1943), FuG 220 Lichtenstein SN2 (début 1944)
FuG 350 Naxos-Z en tant que récepteur radar passif

Ju 88 G-6 (1944-45)

Quatre canons de 20 mm MG 151/20 frontaux et une mitrailleuse mobile de 13 mm MG 131 tirant vers l'arrière-haut
Deux canons de 20 mm MG 151/20 dans l'arrière du fuselage tirant vers l'avant-haut à 60°
FuG 220 Lichtenstein SN2 (Standard), certains éventuellement avec FuG 228 Lichtenstein SN3 (tardif / très rare) ou
FuG 218 Neptun V/R avec détection de chasseurs de nuit ennemis
Modèles très tardifs avec FuG 240 « Berlin » (avril/, environ 30 exemplaires construits / modifiés))
FuG 350 Naxos-Z pour la détection d'émissions du « radar H2S »
FuG 227 Flensburg pour la détection d'émissions « Monica »

Variantes

Le programme Mistel

Article détaillé : Mistel.

À partir de 1942, pour compenser son manque de bombardiers lourds, la Luftwaffe a commencé à expérimenter l'utilisation d'anciens bombardiers Junkers Ju 88 usés par les années de guerre comme d'énormes ogives à charge creuse en les guidant vers leur cible avec un avion de chasse monté sur l'arrière du bombardier sans pilote. Bien qu'il n'ait pas été aussi efficace que les planificateurs de la Luftwaffe l'avaient espéré, le programme Mistel a continué à être développé en profondeur en 1944. L'unité était à l'origine destinée à attaquer les installations navales à Gibraltar, Leningrad ou Scapa Flow en Écosse, mais l'invasion de la Normandie a détourné les efforts pour les opérations anti-invasion.

Dans la nuit du , 5 Mistel de la Kampfgeschwader 101 ont été envoyés depuis l'aérodrome de Saint-Dizier contre des cibles dans l'estuaire de la Seine. Bien que l'un des Ju 88 volant à 380 km/h ait été abattu par un Mosquito de la RAF, les quatre autres pilotes ont réussi leur lancement et ont endommagé plusieurs navires,.

La faisabilité de l'attaque de Scapa Flow est avérée et, en , les forces de Mistel ont été concentrées à Grove dans le Schleswig-Holstein. Le , des Lancaster de la Royal Air Force attaquent le navire de guerre allemand Tirpitz et le font chavirer. Avec la destruction du Tirpitz, il n'y avait plus aucune obligation capitale pour les navires sur le théâtre de l'Atlantique, et bientôt ceux de la Home Fleet à Scapa Flow sont sur le chemin de la guerre du Pacifique, en laissant les Mistel sans aucun objectif valable à Scapa Flow.

Tous les Mistel ont été placés sous le commandement du KG 200 et de l'Oberst (Colonel) Joachim Helbig. En fin 1944, l'accent est mis dans toutes les attaques sur les armements soviétiques et les centrales électriques, mais en , les bases aériennes ont été rendues impraticables par l'avance soviétique et l'opération Eisenhammer dut être précipitamment abandonnée. Le KG 200 reçoit l'ordre de concentrer les opérations de Mistel contre les ponts sur l'Oder et la Neisse. Le , 7 avions Mistel sous le commandement du Leutnant Dittmann du II./KG 200, escortés par des Fw 190, sont lancés contre les passages à Küstrin, mais seulement deux Mistel atteignent leur objectif. Les résultats ne sont pas concluants car les ponts sont demeurés intacts. En avril, les unités de Mistel sont dissoutes et le personnel navigant dispersé dans des unités de combat à proximité.

Appareils conservés

Seuls deux exemplaires complets ont été conservés : l'un au RAF Museum Midlands, Cosford, Grande-Bretagne, l'autre au National Museum of the USAF, Dayton, Ohio, États-Unis.

Références

  1. ↑ « Ces aéronefs militaires produits à plus de 10000 exemplaires ! », sur AvionsLégendaires.net, .
  2. ↑ Junkers Ju 88C-6 .
  3. ↑ KG 200 history at "2 World War 2" site.
  4. ↑ The Last Year of the Luftwaffe, Alfred Price, 1991, (ISBN 1-85409-189-1), page 60.
  5. ↑ « En 1944, une arme secrète sur l’aérodrome de Saint-Dizier », sur Aéro-Club de Saint-Dizier, (consulté le ).
  6. ↑ Fany Boyer, « 24 juin 1944, première utilisation du Mistel » [PDF], sur Centre d'études stratégiques aérospatiales, (consulté le ).
  7. ↑ John Killen, La Luftwaffe, Paris, Robert Laffont, 1968, p. 325.
  8. ↑ Price, 1991, page 161.
  9. ↑ Thomas 2003, p. 156 - 161.
  10. 1 2 RAF Museum Midlands, Cosford.

Annexes

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Bibliographie