Judicat

Les quatre Judicats Sardes.

Les judicats (en italien : giudicati, du latin médiéval Judex Provincae) sont les quatre royaumes (en sarde : Rennus) de la Sardaigne médiévale. Ils disposent d'une grande autonomie entre les VIIIe et XIIIe siècles. Leur date de création est incertaine. Ce sont des États souverains avec summa potestas.

Historique

Les quatre judicats sardes sont Cagliari, Torres ou Logudoro, Arborée (ou Oristano) et Gallura. L'absence quasi totale de sources historiques ne permet pas d'avoir une certitude sur le passage de l'autorité centrale byzantine à la naissance des quatre États. Toutefois dès 864, une lettre du pape Nicolas Ier demande aux Iudices d'éviter la consanguinité ; cette pièce est le premier témoin de l'existence d'une multiplicité de seigneurs locaux.

Leur structure repose sur un découpage administratif de l'Empire byzantin, alors que la Sardaigne dépend de l'exarchat d'Afrique, situé à Carthage. Le magistrat résidant à Cagliari est appelé Praeses ou Judex Provincae et dispose du gouvernement civil tandis qu'un commandement militaire est confié à un Dux, installé à Forum Traiani pour contrôler la Barbagia. Ce sont les razzias incessantes et la lutte permanente contre les Sarrasins, qui finissent par isoler l'île et provoquent une autonomie croissante des judicats du pouvoir byzantin, trop lointain, à tel point qu'ils se considèrent comme indépendants et souverains.

Rapidement, chaque judicat, contrairement aux systèmes féodaux continentaux, repose sur un territoire administré, nommé Logu (lieu) ou Rennu (règne), avec des terres d'État, et sont gouvernés selon les règles de droit romano-byzantines.

Leurs chefs en sont les juges (en sarde, Iudici, en italien, Giudici), élus par la Corona de Logu (un parlement sarde). Leurs noms sont, du nord au sud :

Chacun des quatre États a des frontières fortifiées pour protéger ses intérêts politiques et commerciaux, ainsi que ses propres lois, administrations et emblèmes.

Ils perdent progressivement leur indépendance entre 1258 et 1420 en raison de la présence croissante de la république de Pise, de la république de Gênes et du royaume d'Aragon.

Le plus célèbre judicat est celui d'Arborée qui maintient son indépendance jusqu'en 1420, notamment grâce aux personnages que sont Mariano IV d'Arborée et sa fille Éléonore d'Arborée.

Événements historiques majeurs

Château du Monreale, Sardara
Basilique de San Gavino, Porto Torres, la plus ancienne église romane en Sardaigne
Tour de Mariano II en Oristano
Mariano IV d'Arborée

Administration

Curadorias

Le juge ou roi (judex sive rex) n'est pas un chef absolu de la tradition féodale, du moins sous cette forme: il ne peut déclarer la guerre ni signer un traité de paix sans le consentement de la Corona de Logu. Cependant, celle-ci est composée principalement de la famille de l'aristocratie et, par conséquent, elle est liée par des intérêts communs. La succession au trône est dynastique mais, dans certains cas, il y a la possibilité d'élection par la Corona De Logu.

Le territoire de plusieurs judicats est divisé en curadorias ou curatorie, districts administratifs de différentes tailles formés par des villages urbains et ruraux, qui dépendent d'une capitale qui abrite le curadore. Celui-ci, aidé principalement par les Jurados et un conseil dit Corona de curatoria, représentent localement l'autorité du juge et prend en charge les biens publics de la Couronne. Le curadore désigné pour chaque village fait partie de la curatoria un majore de bidda ou villa[pas clair] (l'équivalent d'un maire).

Les limites de ces districts sont définies de façon que les populations résidant dans chaque curadoria soient à peu près égales; par conséquent, les limites sont mouvantes et dépendent des taux locaux de croissance démographique.

Culture

Basilique de Saccargia, Codrongianos

L'église sarde est une institution autocéphale pendant cinq siècles, indépendante de la Curie byzantine et de la Curie romaine. Au XIe siècle, après le schisme de 1054, les judikes, selon le pape Alexandre II, commencent une politique pour le développement du monachisme occidental sur l'île, dans le but d'une diffusion plus large de la culture, mais aussi de nouvelles techniques pour cultiver la terre.

Le grec byzantin est utilisé comme langue administrative pendant la période byzantine, mais est tombé en désuétude. Le latin, qui est depuis longtemps la langue de la population locale, se transforme en langue sarde et devient la langue officielle. Il est également utilisé dans des documents juridiques et administratifs tels que le condaghe, les lois municipales et les lois des royaumes tels que la Carta de Logu.

Notes et références

  1. 1 2 Francesco Cesare Casùla, Il Regno di Sardegna-Vol.01
  2. ↑ Casula 1994, p. 163.
  3. ↑ Francesco Cesare Casula, La politica religiosa del giudicato di Torres, ne I Cistercensi in Sardegna, Nuoro, 1990
  4. ↑ Casula 1994, p. 176.
  5. ↑ Casula 1994, p. 173.
  6. ↑ Casula 1994, p. 158.
  7. ↑ Casula 1994, p. 179.
  8. ↑ Casula 1994, p. 181.

Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes