Jules Marmier

Jules Marmier
Jules Marmier vers 1940
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Père
Autres informations
Instruments
Site web

Jules Marmier, né à Fribourg le et mort à Estavayer-le-Lac le , est un banquier, compositeur, violoncelliste, organiste et chef de chœur suisse. Fils d'Auguste Marmier, avocat, agent de banque et homme politique, et de Rosine Dubey,,.

Biographie

Venu à Estavayer-le-Lac dès 1877, il resta attaché à cette ville, dont il influença grandement la vie culturelle et musicale. Étudiant au Collège Saint-Michel de Fribourg, il joua au sein de l'orchestre de l'établissement. Il y fit la connaissance d'étudiants et de musiciens de la ville, dont Antoine Hartmann, futur directeur de la Landwehr et du Conservatoire de Fribourg, avec lequel il entretiendra d'étroites relations et une collaboration durable. Durant ces années, il fut l'élève d'Édouard Vogt, l'éminent organiste de la Cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg de l'époque, pour le piano, l'orgue et les disciplines théoriques, ainsi qu'auprès de Carl Monhaupt, professeur au Conservatoire de Berne, pour le violoncelle ; il fréquenta ensuite le Conservatoire de Bâle, où il suivit les cours de son directeur, Selmar Bagge, « piano et branches théoriques », d'Albert Glaus, « orgue », et de Moritz Kahnt, « violoncelle »,.

À l'issue de ses études, en 1893, il effectua un apprentissage commercial chez J. G. Krompholz, magasin de musique et d'instruments à Berne. L'année suivante, à la suite du décès de son père, il revint à Estavayer-le-Lac afin de reprendre son poste à l'agence locale de la Banque cantonale fribourgeoise. Il exerça cette activité durant toute sa carrière, conciliant ses responsabilités professionnelles et un engagement musical particulièrement soutenu,,.

Jules Marmier joua un rôle de précurseur dans le domaine instrumental et choral à Fribourg et dans le canton et contribua activement au développement de sa vie musicale. En 1895, il participa, notamment avec Antoine Hartmann, à la fondation de la société de "Musique de chambre" à Fribourg, qui fit découvrir au public les œuvres de Bach, Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Schumann ou Mendelssohn, et donna l'impulsion aux futurs "concerts d'abonnement" qui connurent par la suite un grand succès dans la ville. Violoncelliste, pianiste accompagnateur et critique musical, il collabora avec de nombreux ensembles du canton et contribua également à diffuser les chansons d'Émile Jaques-Dalcroze en pays fribourgeois en organisant plusieurs concerts avec le compositeur. De 1899 à 1904, il diriga la Société de chant d'Estavayer,.

Très impliqué dans la vie culturelle de la ville d'Estavayer-le-Lac, il fonda également, avec le docteur Louis Thurler et Louise Ellgass-Grangier, la Société anonyme du Casino-Théâtre d'Estavayer, destinée à construire et exploiter un tel établissement. Malgré des difficultés financières, cette institution accueillit durant plus d'une décennie des représentations théâtrales, des concerts, des bals, des conférences et des projections cinématographiques. À partir de 1901, il collabora avec le docteur Thurler pour ses œuvres théâtrales et écrivit des partitions musicales pour Le Vieux Stavayer (1902), Alcool et petite ville (1904), Les Transplantés (1906), Jésus et le Centenier (1908), La Krotzeranna (1911). Ces pièces de théâtre populaires - historiques, satiriques ou religieuses - interprétées par des amateurs, connurent un succès considérable dans toute la Suisse romande et y marquèrent l'aurore de la littérature et des représentations théâtrales populaires,,.

Il fut professeur de violoncelle au Conservatoire de Fribourg de 1905 à 1927, où il enseigna le violoncelle et l'accompagnement. Il poursuivit parallèlement une intense activité de musicien, notamment au sein du quatuor du Conservatoire, fondé en 1906. Il fut aussi l'auteur de partitions chorales réputées telles La Brise Volage (1902), Ahasvérus (1911), Le coup de Joran (1923), La Voie Lactée (1924),,.

Organiste de la collégiale Saint-Laurent d'Estavayer-le-Lac de 1915 à 1938 où il entreprit la rénovation de l'orgue, Jules Marmier écrivit entre autres, sur le plan de la musique religieuse, une messe (1929), une cantate (1916) et de nombreux motets,,.

Progressivement atteint de troubles de la vue, il réduisit son activité publique au profit d'une pratique musicale privée. La population d'Estavayer-le-Lac lui rendit hommage à plusieurs reprises : lors de la Fête cantonale des chanteurs fribourgeois en 1972, à l'occasion de son centenaire en 1974, puis lors de son décès, le 28 juillet 1975, à l'âge de 101 ans.

Fonds d'archives

Une grande partie des partitions manuscrites autographes de Jules Marmier se trouve aux Archives littéraires suisses à Berne. Le reste, ainsi que le fonds d'archives de Jules Marmier et de sa famille, sont conservés à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg.

Œuvres

Postérité

En 1989, une plaque commémorative fut apposée sur sa maison à Estavayer-le-Lac.

Sous l'impulsion de son arrière-petit-fils Pierre-Do Bourgknecht, l'association Œuvres Jules Marmier est créée le , dans le but de diffuser l’œuvre du compositeur staviacois. Les 22 et , la version pour orchestre de Jésus et le Centenier (1925) est rejouée, 100 ans après sa création, par l'Orchestre de Chambre fribourgeois et quatre chœurs de la Broye.

Bibliographie

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 Jean Marmier, Jules Marmier, banquier et musicien (1874-1975) : dates et documents, [Recueil non-publié], [1992?], 167 f., 45 f. annexes
  2. 1 2 3 4 5 6 Gérard Périsset, « Fondateur du théâtre populaire en Suisse romande, M. Jules Marmier va entrer dans sa 95e année », La Liberté,‎ , p. 15
  3. 1 2 3 4 5 6 7 Gérard Périsset, « Estavayer-le-Lac a fêté hier soir son centenaire : une existence bien remplie », La Liberté,‎ , p. 17
  4. ↑ Archives littéraires suisses, « Marmier, Jules: Fonds Jules Marmier » Accès libre, sur ead.nb.admin.ch (consulté le )
  5. ↑ Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg, « Fonds Jules Marmier et famille (JUMA) » Accès libre, sur Fri-Memoria (consulté le )
  6. ↑ « Des histoires derrière les plaques commémoratives. Compositeur et musicien, Jules Marmier était une figure culturelle d’Estavayer-le-Lac », sur La Liberté, (consulté le )
  7. ↑ « Après 50 ans, Jules Marmier revient dans la lumière », sur 24 heures, (consulté le )
  8. ↑ « C’est le Concert du siècle selon ses organisateurs. La musique de scène du compositeur Jules Marmier va revivre à La Prillaz », sur La Liberté (consulté le )
  9. ↑ [vidéo] « Le Concert du Siècle [Jules Marmier | Pierre-Do Bourgknecht] », Pierre-Dothèque, , 135:53 min (consulté le )

Liens externes