Ken Domon

Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voir Domon.

Ken Domon
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 80 ans)
TokyoVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière de YahashiraVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
土門拳Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Formation
Distinctions

Ken Domon (土門 拳, Domon Ken?), né à Sakata le et mort à Yamagata le , est un des plus célèbres photographes japonais du XXe siècle.

Biographie

Jeune homme, Ken Domon est particulièrement influencé par les écrits philosophiques de Tetsurō Watsuji. Il étudie le droit à l'université Nihon de Tokyo dont il est exclu en 1932 à cause de son activité politique au sein de la contestation paysanne. Il passe de la peinture à la photo de portrait et en 1933 devient assistant-photographe du studio photographique de Kotaro Miyauchi. En 1935, il intègre l'agence Nippon-Kobo pour travailler sur son magazine Nippon. Ses opinions politiques lui valent d’être placé sous surveillance policière sous prétexte d’être un danger « pour la paix et l'ordre ». Quatre ans plus tard il se rapproche de la Kokusai Bunka Shinkōkai, organisation nationale de propagande, comme Ihei Kimura et de nombreux autres photographes japonais notables afin de participer à l'effort de guerre.

À partir de 1950, ses idées humanistes le conduisent à photographier les « symptômes » de la réalité sociale. À travers plusieurs reportages, notamment sur la vie des enfants de mineurs au chômage, il souhaite que la société exprime « la colère, le plaisir ou la tristesse des hommes de ce temps ». En 1958, le réalisme de Domon se concrétise dans Hiroshima, ouvrage dans lequel il photographie les survivants de la bombe atomique. Parallèlement, il photographie l'art traditionnel japonais, architecture, sculpture.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Domon travaille en indépendant et documente les lendemains de la guerre en se concentrant sur la société et la vie des gens ordinaires. Il s'affirme comme un partisan du réalisme de la photographie qu'il décrit comme « un instantané absolu qui n'est absolument pas dramatique ». Il est un contributeur prolifique de magazines photographiques, relancés ou nouvellement créés au début des années 1950. Avec Kimura, Hiroshi Hamaya et d'autres, il rejette la pose et autres artifices photographiques ; dans ses polémiques dans les magazines photographiques, Domon est le représentant le plus vigoureux de ce point de vue dont il définit de manière fameuse le but comme « le lien direct entre la caméra et le motif ».

Parmi les images les plus puissantes de Domon figurent celles prises durant la première décennie après la guerre, en particulier celles des survivants du bombardement atomique d'Hiroshima, la vie et en particulier les enfants dans une pauvre communauté de mines de charbon à Chikuho, et les jeux improvisés des enfants dans l'arrondissement de Kōtō à Tokyo.

En 1958, Domon reçoit le prix Mainichi de photographie et celui du photographe de l'année de l'Association des critiques du Japon. Il reçoit le prix des arts décerné par le ministère de l’Éducation en 1959 et le prix du Congrès des journalistes du Japon en 1960. Domon souffre accidents vasculaires cérébraux en 1960 et 1968 qui finalement l'empêchent de tenir une caméra et le laissent confiné dans un fauteuil roulant. Cela ne l'empêche pas de photographier et de documenter la culture traditionnelle du Japon. Il voyage intensément à travers le pays et photographie ses temples bouddhistes dans ce qui va devenir une série imposante de livres luxueusement produits.

En 1963, il commence à travailler sur l'œuvre majeure de sa vie, Koji junrei (1963–1975). En ce qui concerne ses photographies de la culture traditionnelle du Japon, Domon écrit: « Je suis impliqué dans les réalités sociales d'aujourd'hui en même temps que je suis impliqué dans les traditions et la culture classique de Nara et Kyoto, et ces deux implications sont liées par leur commune recherche du point où elles sont liées au sort du peuple, à la colère, la tristesse et à la joie du peuple japonais ».

La méthode de Domon pour photographier ces temples consiste à rester sur un emplacement pendant un certain temps avant de prendre la première photo. Il commence alors à photographier non pas à partir d'une approche systématique, scientifique du sujet mais sur la base de la façon dont ses sentiments envers les sujets l'ont amené à les enregistrer. Domon préface ainsi le premier volume de Koji Junrei : « Ceci est donc conçu comme un livre bien-aimé, un livre qui permet à l'individu japonais de réaffirmer la culture et les gens qui l'ont formée ».

En 1976, Domon est complètement frappé d'incapacité par une troisième crise cardiaque.

Il meurt à Tokyo le .

Postérité

En 1981, Mainichi Newspapers fonde le prix Ken-Domon à l'occasion de la célébration du 110e anniversaire du Mainichi Shinbun et, en 1983, est inauguré le musée photographique Ken-Domon à Sakata, sa ville natale.

Albums de Domon

Albums comportant des œuvres de Domon

(Par ordre alphabétique)

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 Yoshio Watanabe, Domon, Ken et Yasuhiro Ishimoto, The Beauty of Japan Photographed, Tokyo, The Japan Foundation, , 23 p..
  2. 1 2 Watanabe (1998), p. 4.
  3. 1 2 3 4 New Japanese Photography, Museum of Modern Art, , 106 p. (ISBN 0-87070-502-4).
  4. ↑ Y. Doi, Famed lensman Domon viewed as dangerous in prewar Japan, The Asahi Shimbun (12 mars 2019).
  5. ↑ « KBS », Société pour les relations culturelles internationales.
  6. ↑ Qui n'est pas une hypercorrection[Quoi ?] pour « Chikuho » mais un autre endroit ; voir ja:筑豊のこどもたち) Kyūshū.
  7. ↑ Domon, Ken. "Demo shuzai to koji junrei [Demonstration shooting and pilgrimage to ancient temples], Asahi Shimbun, 11 mars 1968. Cité dans Watanabe (1998), p. 4.
  8. ↑ Watanabe (1998), pp. 4-5.
  9. ↑ Watanabe (1998), p. 5.
  10. 1 2 3 Légendes et textes en japonais et en anglais.
  11. ↑ Légendes en japonais et anglais, le reste du texte uniquement en japonais.
  12. ↑ En dépit du titre alternatif en anglais, presque tout le texte est en japonais (bien que chacun des douze dispose d'une chronologie en anglais).

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

Radio

Liens externes