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Kenneth Robert Minogue, né le à Palmerston North et décédé le à Guayaquil, est un universitaire et théoricien politique australien. Installé de longue date au Royaume-Uni, Minogue occupe une place éminente dans la vie intellectuelle du conservatisme britannique.
Rattaché durant une part notable de sa trajectoire professionnelle à la London School of Economics, où il exerce les fonctions de professeur de science politique de 1984 à 1995, il est qualifié de figure cardinale d’un cénacle de philosophes et de publicistes conservateurs de premier rang à la LSE, comprenant Maurice Cranston, Elie Kedourie et William Letwin.
Minogue naît le 11 septembre 1930 à Palmerston North, en Nouvelle-Zélande. Il accomplit ses études en Australie, où il fréquente la Sydney Boys High School puis l’Université de Sydney. Titulaire d’un baccalauréat ès arts en 1950, son séjour dans cet établissement se trouve marqué par l’influence de John Anderson, qui s’est acquis sur le campus une notoriété fondée sur son attachement résolu à la Liberté d'expression, à la laïcité et à l’anticommunisme. Minogue s’engage dans la presse étudiante — activité qu’il reconnaît avoir pratiquée au préjudice de ses études — et collabore à Honi Soit ainsi qu’à un périodique libre-penseur éphémère intitulé Heresy. Parmi ses relations figurent Murray Sayle et Peter Coleman.
Ayant résolu de s’établir en Angleterre, Minogue s’y achemine en qualité de mousse à bord d’un navire faisant route vers Londres par Odessa et Port-Saïd ; à son arrivée, il trouve bientôt gîte dans une auberge de Russell Square. Après une brève tentative d’écriture indépendante, il assure un revenu plus régulier en exerçant comme enseignant suppléant auprès de la London Education Authority durant dix-huit mois. Se voyant refuser l’admission à un master à la LSE, il s’inscrit plutôt à un second cycle d’études du soir de premier cycle en économie au sein du même établissement. Diplômé, il enseigne une année à l’Université d'Exeter, puis, en 1956, sur l’invitation de Michael Oakeshott, regagne la LSE en qualité de maître de conférences adjoint, où il poursuit l’intégralité de sa carrière universitaire.
Minogue rédige des essais savants et des monographies portant sur un ample spectre de questions relevant de la théorie politique. Il accède pour la première fois à la notoriété publique grâce à l’ouvrage de 1963 intitulé The Liberal Mind, qui critique le glissement vers le collectivisme et le progressisme au sein du consensus britannique d’après-guerre ; ce glissement, selon l’auteur, est un appui aux médiocres et dépossède les individus de leur initiative personnelle. Un motif récurrent de l’ouvrage réside dans l’aversion de Minogue pour le mélodrame des oppresseurs et des victimes, qu’il estime constitutif de l’historiographie libérale. Minogue, qui définit le libéralisme comme la première idéologie moderne, examine également ce qu’il regarde comme la seconde – le nationalisme – dans l’ouvrage homonyme paru en 1967. Selon lui, si la vision libérale de l’histoire incline vers l’anhistorique, l’idéologie nationaliste, quant à elle, se rend coupable de la réduire à une mythologie.
En 1986, Minogue diffuse sur Channel 4 une série télévisée en six épisodes consacrée à l’économie de marché libre, intitulée The New Enlightenment. Il occupe alors les fonctions de chercheur principal au sein de l’unité des affaires sociales de Londres. Il élabore une monographie relative aux rapports entre les Māori et les Pākehā (ce dernier terme māori dénotant les Néo-Zélandais d’ascendance européenne) destinée à la New Zealand Business Roundtable ; l’ouvrage paraît en 1998 sous le titre Waitangi – Morality and Reality.
De 1991 à 1993, Minogue assume la présidence du groupe eurosceptique de Bruges. À compter de 2000, il figure au nombre des administrateurs de Civitas. Il exerce la direction de la Société du Mont-Pèlerin à partir de 2010. En 2003, le gouvernement australien lui confère la médaille du centenaire. Il collabore par ailleurs aux travaux du Centre for Policy Studies ainsi qu’à ceux de la Fondation européenne.
Il épouse en 1954 un premier hyménée avec Valerie Pearson Hallett, de qui naissent un fils et une fille. Cette union est dissoute en 2001. Minogue convolé ensuite en secondes noces avec Beverly Cohen, laquelle le précède dans la mort. Il figure, selon toute apparence, au nombre des membres du Garrick Club et cultive une passion marquée pour le tennis.
Minogue décède le 28 juin 2013, âgé de quatre-vingt-deux ans, à Guayaquil, en Équateur, après avoir apparemment été frappé d’un arrêt cardiaque au cours d’un vol de retour depuis l’île de San Cristóbal, aux Galápagos, où il avait présidé une assemblée de la Société du Mont-Pèlerin,.
Concernant le legs de Minogue, James Philbin, dans les colonnes de The American Spectator, avance que celui-ci ne se réduit point à un pur universitaire, mais constitue un paradigme du militant conservateur, en ce qu’il s’assigne la tâche de préserver la civilité d’antan face à la fureur idéologique, et qu’il tient pour l’acception véritable de la liberté celle que les peuples de langue anglaise ont forgée et dont ils jouissent.
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