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(à 76 ans) Santa Barbara (Californie, États-Unis) |
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Andree Rexroth (en) |
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Bourse Guggenheim ( et ) Shelley Memorial Award () |
Kenneth Rexroth ( - ) est un poète libertaire américain qui fut l’un des premiers auteurs de son pays à s’intéresser à la tradition poétique japonaise, comme les haïkus, et aux poèmes chinois.
À vingt ans, il parcourt son pays dans tous les sens. Il s’installe à San Francisco en 1927. Il y milite dans des groupes anarchistes, pacifistes et antiracistes. Il participe aux activités de la Beat Generation dans les années 1950. En 1974, il publie une histoire du mouvement communautaire aux États-Unis.
Il fut une des figures de proue de la « Renaissance poétique de San Francisco », et eut une influence reconnue sur la Beat generation, bien qu’il fût critique des évolutions du mouvement et cherchât à s’en distancer, repoussant son assimilation au mouvement. L'œuvre de Rexroth (qui comprend de la poésie, mais aussi des essais et des publications journalistiques) reflète un intérêt et une préoccupation constante pour la vie politique, culturelle, sociale, ainsi que pour l’écologie. Le ton habituel des vers de Rexroth peut les rapprocher de ceux de son poète préféré, Du Fu : tantôt révolté par les inégalités qui gangrènent le monde, tantôt émerveillé par le simple fait d’exister ; mais toujours sage et profondément humaniste. Il fut un anarchiste engagé, qui se tourna par la suite vers le socialisme et le syndicalisme.
Rexroth naquit à South Bend dans l’Indiana, en 1905. Il perdit très tôt sa mère Delia, morte en 1916. Son adolescence fut partagée entre des études d’art et de petits boulots. Il épousa une illustratrice de Chicago, Andree Dutcher, et ils parcoururent la côte Ouest américaine pour leur lune de miel. Le couple eut deux filles, Mary et Katherine. Andree mourut de complications liées à son épilepsie en 1940. Cette seconde perte acheva de marquer profondément la poésie de Rexroth, qui ne cessera d’aborder leurs décès via des vers méditatifs et poignants.
Rexroth était un autodidacte très instruit, qui relisait chaque année l’Encyclopedia Brittanica, comme on lit un roman. Chacun de ses écrits recèle des références à des thèmes aussi divers que l’anarchie politique, la peinture, la religion, la littérature chinoise, la philosophie, etc.
On retient aussi de son œuvre The Love Poems of Marichiko, que Rexroth affirma avoir traduits d’un poète antique japonais (mystification littéraire proche de celle qu’utilisa Pierre Louÿs pour ses Chansons de Bilitis). Lorsqu’il avoua avoir écrit ces poèmes, Rexroth n’en fut pas méprisé mais bien au contraire plus que jamais reconnu pour son talent et l’incroyable étendue de son répertoire poétique, ainsi capable de faire naître de profonds sentiments en se glissant dans la peau d’une poétesse d’un autre temps et d’une autre culture.
Jack Kerouac le fait apparaître dans son roman Les Clochards célestes sous le nom de Rheinhold Cacoethes. Roberto Bolaño le cite comme une inspiration poétique de Paul, personnage de sa Vie d'Anne Moore.
Kenneth Rexroth mourut le à Montecito, en Californie.