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90 000 (2026) |
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20 000 (2026) |
| Langues | Mattokki |
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| Religions | Islam sunnite (99%) |
| Ethnies liées | Nubiens |
Les Kenuz (en nubien : ⲕⲉⲛⲟⲩⲍ) sont une tribu nubienne d’Égypte, historiquement établi dans le nord de la Nubie égyptienne, le long du Nil, d’Assouan jusqu’au district d’al-Madiq / Maharraqa. Ils parlent le kenzi (également appelé mattokki), une langue nubienne proche du dongolawi (andaandi) parlé au Soudan.
Il existe également des communautés Kenuz au Soudan, notamment à Bahri, à Omdurman et dans l’État du Nord. À Bahri, les Kenuz sont notamment appelés « al-Shallaliyya », selon ce récit local, le surnom vient du fait qu’ils étaient arrivés de la première cataracte et du village de Shellal juste au sud d’Assouan.
Avant le déplacement de 1963-1964, la plupart des Kunuz avaient déjà une forte tradition de migration vers les villes égyptiennes (Le Caire, Alexandrie, Assouan), tout en conservant une identité ethnique distincte.
Au IXe siècle des Arabes de Rabīʿa et de Banu Hanifa s’installent autour d’Assouan et dans le Wadi Allaqi. Ils s’allient aux Beja et épousent des femmes de ce même peuple. En 1006-1007 leur chef reçoit du calife fatimide le titre de Kanz al-Dawla. Le clan prend alors le nom de Banu Kanz. Il tient la frontière entre l’Égypte et la Nubie chrétienne répand l’islam vers le sud et adopte progressivement le nubien. Au début du XIVe siècle un Kanz al-Dawla règne un temps sur le royaume de Makurie. Vers 1365 ce pouvoir disparaît et les Mamelouks installent des Hawwara contre eux. Le nom demeure. Les descendants ne forment plus une dynastie mais un peuple de la rive appelé al-Kunuz.
Du XVe siècle au XXe siècle les Kenuz occupent la bande la plus septentrionale de la Nubie égyptienne d’Assouan jusqu’à al-Madiq et Maharraqa. Au sud se trouvent les Fadija locuteurs du nobiin.
L’espace cultivable est étroit entre le désert et le Nil. L’économie repose sur les palmeraies la noria et de petites cultures. Les hommes partent dès le XIXe siècle travailler au Caire à Alexandrie ou à Assouan. Les femmes restent souvent au village et transmettent la langue.
L’organisation sociale combine la résidence villageoise et la filiation paternelle. Le lignage ou qabila intervient pour les terres les mariages les funérailles le cimetière et le culte du saint local. Le mariage se fait surtout à l’intérieur du groupe souvent avec une cousine du côté paternel. Les fêtes de saints ou mawlid ponctuent l’année au bord du fleuve.
Le premier barrage d’Assouan provoque des inondations en 1902 1912 et 1933. Les Kunuz situés le plus au nord sont atteints les premiers. Plusieurs villages de la zone de Shellal disparaissent. Dès le début du XXe siècle des familles partent au -Soudan notamment à Bahri où elles reçoivent le nom de Shellalyin. Vers 1960 une part importante des Nubiens d’Égypte vit déjà en ville tout en conservant le village du Nil comme centre d’appartenance.
En 1963-1964 le haut barrage noie l’ancienne Nubie. Environ 50 000 Nubiens d’Égypte sont transférés à Kom Ombo loin du fleuve. Les Kunuz s’établissent au nord-est de cette Nouvelle Nubie. Les villages sont reconstruits et certaines pratiques comme les mariages les chants et les mawlid se maintiennent. Le kenzi recule face à l’arabe égyptien tout en restant un marqueur identitaire. La mémoire des villages noyés occupe une place centrale.
Au Soudan les Shellalyin forment une communauté plus réduite à Bahri à Omdurman et dans l’État du Nord. L’appartenance se transmet par la lignée paternelle et par le souvenir de Shellal.
Un Kunuz se définit aujourd’hui par un village d’origine un lignage une langue et l’expérience du déplacement. Banu Kanz explique le nom du groupe. L’histoire du peuple est celle de la vallée puis de l’exil.
Chez les Kunuz (notamment étudiés à Dahmit), deux principes s’articulent :
• la résidence : ménage, village ;
• la descendance patrilinéaire : lignages et « tribus ».
Le lignage reste une unité importante : propriété collective (terres, pompes, boutiques), gestion des cimetières et sanctuaires, entraide aux mariages et funérailles. Le système rappelle une structure tribale segmentaire d’inspiration arabe, avec peu de traces du matrilignage ancien de la Nubie pré-arabe. Le mariage préférentiel est endogame (souvent cousin parallèle patrilinéaire, avec toutefois un biais matrilatéral observé).
Un exemple bien documenté est le clan des Mehennab.