| Pembrolizumab | |
Entrée 5dk3 de la Protein Data Bank | |
| Informations générales | |
|---|---|
| Princeps | Keytruda |
| Identification | |
| Synonymes |
lambrolizumab |
| No CAS | |
| No ECHA | 100.234.370 |
| Code ATC | |
| DrugBank | DB09037 |
| PubChem | 254741536 |
| modifier |
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Le pembrolizumab (anciennement lambrolizumab, nom commercial : Keytruda) (Merck) est un anticorps monoclonal dirigé contre la protéine PD-1 et utilisé comme médicament anticancéreux. C'est un traitement par immunothérapie plus facile à supporter par les patients que la chimiothérapie. Il a toutefois un taux de succès variable selon le type de tumeurs et des effets secondaires liés à des réactions auto-immunes (souvent réversibles). Très coûteux, il a rapporté 17 milliards de dollars à Merck & Co. en 2021,.
Il est souvent reproché à ce médicament son coût exorbitant et fixé de manière opaque : dans de nombreux pays, ce type de traitement (immunitaire) coûte plusieurs dizaines, voire plus d’une centaine de milliers de dollars par patient, avec des valeurs par dose parfois dix fois supérieures à celles des traitements classiques de référence, ce qui rend la facture particulièrement lourde pour les assurances et les systèmes de santé.
Dans un nom de médicament qui se termine par -zumab, le segment -zu- (comme dans trastuzumab, palivizumab, tocilizumab, etc.) indique que le médicament est basé sur un anticorps monoclonal « humanisé », c’est‑à‑dire majoritairement humain, sauf pour certaines parties (souvent les régions de liaison à l’antigène) qui restent d’origine murine. -zumab signale donc un anticorps monoclonal humanisé, créé pour réduire l’immunogénicité (la réaction immunitaire anti‑médicament) tout en conservant l’activité ciblée contre l’antigène visé.
PD‑1 et PD‑L1 sont les acronymes de deux protéines de la voie de contrôle immunitaire :
Quand PD‑L1 se lie à PD‑1, cela freine l’activité des lymphocytes T, empêchant le système immunitaire de détruire efficacement les cellules cancéreuses.
Le traitement par le Pembrolizumab fait partie des immunothérapies dites anti‑PD‑1 ou anti‑PD‑L1 (médicaments dont le nom se termine souvent par -mab, comme pembrolizumab, nivolumab, atezolizumab, durvalumab, etc.), car bloquant cette interaction, « relâchant le frein » immunitaire et permettant aux lymphocytes T de mieux attaquer la tumeur. Le code PD‑1/PD‑L1 désigne la voie ciblée par ces anticorps: PD‑1 est le récepteur, PD‑L1 est son ligand, et l’ensemble forme un point de contrôle immunitaire (immune checkpoint) exploité par les cancers pour échapper au système immunitaire.
Le Pembrolizumab a d'abord été testé contre les mélanomes réfractaires à l'ipilimumab. Il permet la régression de certaines lésions avec une amélioration de la durée de rémission et s'avère meilleur que l'ipilimumab, tant en termes de tolérance que de durée de survie sans aggravation. En tant que traitement adjuvant des mélanomes stade III réséqués, il permet une augmentation du taux de rémission. Les résultats sont encore améliorés si un traitement néoadjuvant est combiné au traitement adjuvant.
Dans le carcinome à cellules de Merkel, le taux de réponse dépasse 50% dans les formes avancées. Il a également une certaine efficacité dans le cancer bronchique non à petites cellules, en particulier pour les tumeurs exprimant le PD-L1 ou dans le carcinome urothélial résistant ainsi que dans le cancer du rein en tant que traitement adjuvant. Il est actif dans les formes récidivantes ou métastatiques des cancers des voies aérodigestives supérieures, dans certains cancers du sein, dit « triple négatifs ». Ce traitement concerne aussi des malades atteints d’un cancer colorectal qui a continué de progresser après une chimiothérapie.
Hors du domaine des cancers, il a aussi une certaine efficacité contre la leucoencéphalopathie multifocale progressive.
Le pembrolizumab dispose d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le traitement du mélanome, du cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC), des carcinomes épidermoïdes ORL et du lymphome de Hodgkin classique (LHc).
Le , l'agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA) l'autorise aussi contre des tumeurs inopérables et porteuses de traits génétiques particuliers (MSI-H et dMMR) détectables par des bio-marqueurs.
Le , il obtient une extension d'indication en monothérapie dans le traitement des patients adultes atteints d'un carcinome urothélial localement avancé ou métastatique ayant reçu une chimiothérapie antérieure à base de sels de platine ou inéligibles à une chimiothérapie à base de cisplatine.
En France Keytruda 25mg et 50mg, commercialisé par MSD-France, n'est disponible qu'à l'hôpital et sa prescription est réservée aux spécialistes en oncologie ou médecin compétent en cancérologie. Il peut être prescrit en monothérapie ou en association avec une chimiothérapie à base de sels de platine ou de 5-fluorouracile (5-FU). Son utilisation a été évaluée dans le cancer épidermoïde de la tête et du cou, le cancer du rein, le cancer bronchique non à petites cellules, et le mélanome.
Un flacon de Keytruda 100mg/4ml étant vendu en France 2 400 € par Merx, son prix encourage le vol, le trafic et la fraude. C'est ainsi qu'une palette d'une valeur 2 000 000 € a été volée à Nanterre début 2024.
La population traitée par ce médicament est passée de 16 000 patients en 2017 à 92 000 patients en 2024, représentant un coût de 2,1 milliards d'euros, avec un prix de vente qui a à peine baissé, alors que ses indications étaient élargies. Pour la Cour des comptes, cela pose la question de la soutenabilité de ces dépenses, qui sont effectuées au détriment des génériques pour d'autres maladies. Alors que le prix de vente, fixé de manière opaque en 2025 en légère baisse (à 2 192 € HT le flacon), le prix de revient délicat à établir, a été fixé selon des économistes entre 52 et 885 € le flacon.
De nombreuses études montrent que les anticancéreux tels que le pembrolizumab, le nivolumab, l'atezolizumab, le durvalumab, aux côtés d'agents émergents dont l'icotinib, le sintilimab, le sugemalimab et le camrelizumab sont très couteux et pèsent sur les malades et leurs systèmes de santé. Selon le médicament concerné, le coût par patient peut passer d’une augmentation modeste de quelques milliers de dollars (par exemple avec l'icotinib) à plus de 230 000‑390 000 dollars pour les schémas basés sur PD‑1/PD‑L1, soit plus de dix fois le coût des traitements standards dans certains pays à revenu intermédiaire.
Parmi ces médicaments, Le pembrolizumab est particulièrement couteux, se classant en France en 2024 devant le Darzalex, l'Opdivo, l'Imfinzi et l'Enhertu, et pesant pour« plus de 5% des dépenses totales de médicaments remboursables par la sécurité sociale, dont les prix sont négociés entre les entreprises pharmaceutiques et l'Etat » selon Que Choisir. Ceci a fait de ce médicament un cas d'école, étudié par l'ICIJ dans le cadre d'une enquête journalistique internationale (baptisée The Cancer Calculus.
Les résultats de cette enquête, publiée en 2026 par l'ICIJ) montre comment le laboratoire Merck a maintenu et continue à maintenir un prix extrêmement élevé pour ce traitement, dont en le protégeant par une « forteresse de brevets » avec plus de 1 200 demandes de brevets faites dans 53 pays, de manière à étendre son monopole commercial jusqu’en 2042, bloquant l’entrée de toute version générique ou biosimilaire plus abordables pour des dizaines de milliers de patients, et exerçant de ce fait et par les prix une pression majeure sur les systèmes de santé dans le monde, même si les tarifs de l’ampoule varient fortement d’un pays à l’autre (ex : environ 850 dollars en Indonésie contre environ 2 380 euros par flacon de 100 mg en France en 2024 et plus de 6 000 dollars aux États‑Unis) et qu’un traitement de 2 ans peut atteindre près de 500 000 dollars (les assurances se retirent souvent au delà).
L'ICIJ a en outre documenté des pratiques de dosages potentiellement plus élevés que nécessaire, alors que des dosages ajustés au poids de chaque patient pourraient faire économiser des milliards de dollars au niveau mondial.
En outre, Merck a déployé un réseau de lobbying et d'influence financière auprès de médecins, de groupes de patients et de chercheurs, ce qui accroît les prescriptions sans toujours améliorer la survie, mais en rapportant des dizaines de milliards de dollars à l'industriel chaque année, dont une grande partie n'est pas réinjectée dans la recherche, mais en dividendes et rachats d’actions, bien au‑delà des coûts de R&D tels qu'estimés par des organisations indépendantes.
Selon The Cancer Calculus, ce modèle commercial force de nombreux patients à s'endetter et/ou à faire appel à la collecte de fonds, aux marchés parallèles, à la justice, ou à des versions falsifiées, et il force les médecins des pays pauvres à rationner le traitement qui pourrait sauver bien plus de malades. Ce système de tarification pharmaceutique mondial suscite un débat sur la manière de rééquilibrer innovation, coût et accès aux médicaments essentiels.
Le nivolumab (BMS) est un autre anticorps monoclonal ciblant le PD1.