| Khouribga ⵅⵯⵔⵉⴱⴳⴰ خريبكة | |
Un ancien terril de phosphate | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | région de Béni Mellal-Khénifra |
| Province | Khouribga |
| Maire | Zakrani M'hamed (PI) (2021) |
| Code postal | 25000 |
| Démographie | |
| Gentilé | Khouribgui(a) |
| Population | 191 807 hab. (2022) |
| Densité | 3 689 hab./km2 |
| Population de l'agglomération | 428 563 hab. (2024) |
| Densité | 101 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 32° 53′ 00″ nord, 6° 54′ 00″ ouest |
| Altitude | 786 m |
| Superficie | 52 km2 |
| Superficie de l'agglomération | 4 250 km2 |
| Localisation | |
| modifier |
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Khouribga (en arabe : خريبكة, en tamazight : ⵅⵯⵔⵉⴱⴳⴰ) chef-lieu de la province du même nom, est une ville du Maroc de 191 807 habitants, située à environ 120 km de Casablanca, 154 km de la capitale, Rabat, plus de 200 km de Marrakech, 289 km de Fès, 444 km de Tanger. Cette cité minière est considérée comme la plus importante zone de production de phosphates du monde. Le Groupe OCP, la première entreprise publique du Maroc, exploite la zone minière du bassin d'Ouled Abdoun et gère en partie les infrastructures sportives et sociales de la ville.
Khouribga est connue pour ses activités culturelles, comme l'organisation de festivals, de journées culturelles et artistiques, ainsi que pour ses activités sportives : football, tennis, rugby à XV, golf, natation, handball, basketball, volleyball, karting, athlétisme… La plupart de ces clubs dépendent de l'Olympique Club de Khouribga (OCK) et du Hassania de Khouribga (HUSK).
L'origine du nom de la ville de Khouribga est souvent associée à un récit célèbre issu de la tradition orale locale. Selon cette version populaire, le nom proviendrait d'un ancien tenancier de bar d'origine italienne, nommé «Ribga», qui tenait une taverne très fréquentée par les premiers ouvriers des mines de phosphates. Les mineurs avaient l'habitude de se donner rendez-vous chez lui.
À la mort de ce dernier, son frère aurait pris la relève de l'établissement. Les clients auraient alors commencé à désigner le lieu par l'expression hybride « Khou Ribga » (en arabe dialectal : خو ريبكا), signifiant littéralement « le frère de Ribga ». Cette appellation usuelle aurait connu un grand succès, et avec l'essor urbain et démographique de la ville dans les années 1930 et 1940, elle se serait imposée pour devenir le nom officiel de la cité, francisé par la suite en Khouribga.
En 1912, on découvre du phosphate dans la région d'El Borouj. Une prospection systématique des plateaux est entreprise et il apparaît qu'un riche gisement existe à l'Ouest d'Oued-Zem.
Un dahir du 20/8/1920 crée un Office chérifien des phosphates (O.C.P.) qui commence l'exploitation à Khouribga dès . Le premier centre est Boujniba, ou s'installent l'administration et les services extérieurs de l'O.C.P. à proximité de la première recette (recette m actuelle). Mais en 1924 la direction de l'O.C.P. décide d'abandonner Boujniba pour s'installer près de la côte 791.
L'emplacement choisi est appelé Khouribga du nom que les nomades lui donnaient. Le mot dérive de la racine : KH, R, B, qui signifie « être percé ». En effet, à cet endroit la surface était percée de trous naturels dus au mode d'érosion particulier des surfaces calcaires.
Dans son rapport présenté au Comité français d'histoire de la géologie (COFRHIGEO), en 1977, Philippe Morin écrit :
« En 1917, le commandant P. Bursaux, ancien collaborateur de Philippe Thomas en Tunisie et qui avait dirigé les exploitations de Metlaoui et la Cie du chemin de fer de Gafsa à Sfax, fut chargé d'une étude, en particulier du tracé de la voie ferrée militaire de Casablanca à Oued-Zem. Il reconnut à cette occasion la nature phosphatée du prétendu « sable » dont les officiers se servaient pour la construction des baraquements d'Oued-Zem. Des travaux par puits et galeries furent entrepris ; faits à la main… en traversant la dure et puissante « dalle à Thersitées », ils mirent en évidence quatre couches de phosphate à haute teneur. Devant l'importance de ce gisement, Lyautey fonda, le 7 août 1920, l'office chérifien des phosphates, dont les premiers travaux débutèrent en 1921.
Si l'historique de ces découvertes au Maroc — qui a été excellemment retracé par Alfred Beaugé (1935) et par Pierre Despujols (1936) — est bien connu, certains faits restent encore insoupçonnés et mériteraient sans doute des recherches plus approfondies. C'est ainsi que notre confrère Henri Salvan m'a signalé qu'en 1899, deux géographes allemands, Theobald Fischer et Joachim von Pfeil, qui exploraient la plaine de la Chaouïa et les plateaux de Khouribga avaient observé et décrit des sédiments « sableux » dans la région d'Oued-Zem, recouverts par une formation calcaire (la « dalle à Thersitées »), mais sans soupçonner qu'il s'agissait là de phosphate de chaux du gisement des Oulad-Abdoun, le plus riche et le plus continu du Maroc, et non des placages résiduels qui s'échelonnent sur le flanc nord du Haut Atlas, dont Brives reconnaîtra plus tard la nature.
Ce fait est d'autant plus intéressant à relever que la démonstration spectaculaire de Guillaume II à Tanger (31 mars 1905), la célèbre mission de prospection des frères Mannesmann, pourtant menée avec des moyens considérables, ne débuta qu'en 1906, enfin le Coup d'Agadir (1er juillet 1911) furent des événements postérieurs à la mission Fischer-von Pfeil et montrent à l'évidence l'intérêt particulier de l'Allemagne pour le Maroc au début du XXe siècle. »
En 1920, le territoire du futur cercle de Khouribga était occupé par des tribus agro-pastorales, principalement les confédérations des Ouled Bahr el Kbar et des Ouled Bahr es Sghrar. Le mode de vie y était très majoritairement nomade, rythmé par la transhumance des troupeaux, avec un habitat sédentaire résiduel ne dépassant pas 5 % de la population.
La découverte et l'exploitation industrielle des gisements de phosphates ont provoqué une rupture démographique et économique. La construction de la ville a été rendue possible par de nouvelles vagues migratoires. D'une part, une importante population amazighe originaire du Souss (notamment d'Imintanout, Tafraout et Agadir) s'est installée pour constituer la main-d'œuvre ouvrière de l'extraction minière. Cette communauté s'est rapidement sédentarisée et a participé activement au développement urbain par des investissements commerciaux et l'injection de capitaux. D'autre part, la structuration technique et administrative de l'Office Chérifien des Phosphates a nécessité le recrutement de cadres qualifiés, dont une majorité provenait de la ville de Fès.
En fin de compte, Khouribga se caractérise par une démographie à affluents multiples. La nature minière de la ville a agi comme un pôle d'attraction pour des travailleurs et des cadres originaires de toutes les régions du Maroc. Ces populations s'y sont installées de manière définitive, y ont fondé leurs familles, et ont ainsi structuré le tissu social diversifié qui compose la ville actuelle.
À sa création, le recrutement des ouvriers à l'OCP posait de graves difficultés. Pour les travaux de terrassement de 1917 à 1920 on avait eu recours aux nomades qui devaient fournir quatre jours de travail par an et par homme à leur caïd.
A Boulanouar et Boujniba, on employa même des condamnés de droit commun. Le rendement demeurait faible, la population ouvrière était très instable. Cependant, les cadres remarquèrent vers 1923, que certains nouveaux venus du Souss travaillaient d'arrache-pied avec un bon rendement et s'en allaient une fois un petit pécule constitué. Ce fait allait avoir une influence sur le peuplement de Khouribga. En effet, à partir de cette constatation, naquit une double politique :
l'OCP allait prospecter systématiquement la main d’œuvre chleuh et, par des avantages sociaux divers (le logement surtout), l'Office entendait les fixer à Khouribga ou dans les villages miniers. Des tournées de propagande furent entreprises à partir de 1924 et jusqu'en 1935. L'OCP entrait sur ce plan en concurrence avec l'entreprise minière de Jerada. Diverses pressions furent exercées sur les caïds du Sud pour activer le recrutement. Les cadres de la prospection s'entourèrent d'ouvriers du Sud, les meilleurs, pour qu'ils fassent de la propagande auprès de leur famille et de leurs voisins.
En 2013, le groupe OCP a entamé un processus de tourisme scientifique intégré dit « Mine verte » qui concernera en 2014 plus de 300 ha, avec médiathèque, cafétéria et auditorium. Un parc d’attractions et d'un parc environnemental seront ensuite construits, ainsi qu'un ensemble d’équipements de loisirs, sportifs, immobiliers et hôteliers, le tout étant intégré dans un circuit touristique, avec notamment le musée de la mine de Khouribga.
Le Festival Droubna est un événement musical et culturel organisé à Khouribga, spécifiquement orienté vers les arts urbains et les musiques actuelles. Soutenu par des acteurs institutionnels locaux et régionaux, dont le Groupe OCP, ce festival a pour objectif d'encadrer et de diffuser les expressions artistiques contemporaines telles que le rap, le hip-hop, la musique électronique (DJing) et le breakdance. Son organisation s'articule autour de tremplins pour les talents locaux, d'ateliers de formation technique (composition musicale, mixage) et de conférences abordant la professionnalisation des pratiques artistiques, constituant ainsi une infrastructure d'accompagnement direct pour la scène musicale émergente de la région.
Sur le plan de la programmation, l'événement adopte une structure mixte associant des artistes amateurs en compétition à des figures établies de la scène nationale. Lors de ses dernières éditions majeures documentées, les scènes du festival ont programmé des artistes représentatifs des musiques urbaines marocaines, incluant notamment le groupe de rap emblématique, Dizzy Dros, ElGrandeToto, Ilies Tagne, H-Kayne, Shayfeen, le rappeur Mehdi K-Libre, ainsi que des producteurs de musique électronique comme le duo VIP Brothers. D'autres figures de la scène contemporaine et alternative, à l'instar du musicien Jbara ou du chanteur Talbi One, ont également figuré sur l'affiche, illustrant la diversité des genres musicaux exploités par l'association organisatrice pour structurer l'offre culturelle locale.
Le Festival International du Cinéma Africain de Khouribga (FICAK), fondé en 1977, est l'un des plus anciens et prestigieux événements cinématographiques du continent. Organisé annuellement dans la ville minière de Khouribga au Maroc, il sert de plateforme majeure pour la promotion des œuvres et des talents africains.
Le festival est célèbre pour son Grand Prix « Ousmane Sembène », qui récompense le meilleur long-métrage, ainsi que pour ses prix nommés en hommage à des figures emblématiques comme Idrissa Ouedraogo ou Samir Farid.
Au-delà de la compétition, le FICAK se distingue par sa dimension sociale, notamment à travers ses projections organisées pour les détenus de la prison locale, et ses ateliers de formation destinés aux jeunes. Il bénéficie du soutien constant du Groupe OCP et du Centre Cinématographique Marocain (CCM), faisant de Khouribga un carrefour de dialogue culturel entre les cinéastes de tout le continent.
Le festival Mine d'Art (également appelé Monzar) est un événement culturel pluridisciplinaire majeur organisé à Khouribga, au Maroc, à l'initiative du programme Act4Community du Groupe OCP. Conçu comme un véritable incubateur de talents, ce festival transforme la cité phosphatière en une scène artistique à ciel ouvert où se mêlent musique, street art, photographie, théâtre et danse urbaine. En partenariat avec l'espace culturel L’Uzine, l'événement ne se limite pas aux spectacles et aux concerts de têtes d'affiche (comme Hoba Hoba Spirit, Hamid El Kasri, Daoudi), mais propose également des ateliers de formation (vidéo, podcast, photo) pour accompagner les jeunes de la région vers l'entrepreneuriat créatif. Ce projet symbolise l'idée d'extraire la richesse artistique locale au même titre que les ressources minières du sol.
Le Moussem de Sidi Bouabid Cherki, organisé annuellement à Bejaâd dans la province de Khouribga, est un événement majeur ancré dans l'histoire de la Zaouia Cherkaouia. Fondé en hommage à la figure soufie du XVIe siècle qui a bâti la ville, ce rassemblement a une vocation d'abord spirituelle. Il fédère les descendants du saint et les populations des régions environnantes autour de pratiques religieuses établies, comprenant des lectures coraniques, des prières collectives et des séances de chants mystiques, consolidant ainsi les liens historiques et sociaux du territoire.
Au-delà de sa dimension religieuse, ce festival agit comme un moteur socio-économique essentiel pour la province. Il est le théâtre d'importantes exhibitions de Tbourida (fantasia), qui mobilisent de nombreuses troupes équestres et attirent des milliers de visiteurs. Cet afflux démographique temporaire dynamise l'économie locale en créant une plateforme commerciale pour les coopératives artisanales et agricoles, tout en stimulant les secteurs des services, faisant de la valorisation de ce patrimoine immatériel un levier de développement territorial mesurable.
Le Festival national de Abidat Rma est un événement culturel annuel organisé dans la province de Khouribga, englobant généralement les villes de Khouribga, Oued Zem et Bejaâd. Initié par le ministère de la Culture, ce festival vise la sauvegarde et la valorisation de l'art traditionnel des Abidat Rma, une expression musicale et chorégraphique ancestrale initialement liée aux rituels de chasse et aux cycles agricoles. L'événement rassemble des dizaines de troupes, réunissant des maîtres vétérans (chyoukh) et de jeunes exécutants, autour de représentations alliant percussions rythmiques, chants poétiques et mimes satiriques, assurant ainsi la transmission intergénérationnelle de ce patrimoine oral et immatériel.

La plupart des sections sportives de Khouribga dépendent de l'OCK (Olympique club de Khouribga) et de l'HUSK (Hassania de Khouribga) :
À partir de 2011, Khouribga comprend neuf arrondissements urbains (9 مقاطعات حضرية)
Géographiquement, Khouribga peut être divisée en 7 grandes divisions :
Cette zone de la ville comporte les subdivisions suivantes :

Cette zone de la ville comporte les subsivisions suivantes :
Cette zone de la ville comporte les subdivisions suivantes :
Zitouna
Cette zone de la ville comporte les subdivisions suivantes :
Cette zone de la ville comporte les subdivisions suivantes :
Khouribga est jumelée avec les villes suivantes :
Khouribga est une ville située au centre du Maroc, caractérisée par un climat semi-aride chaud (BSh selon la classification de Köppen). Les étés sont longs et chauds avec des températures maximales moyennes dépassant souvent les 40°C en juillet et en août. Les hivers sont doux avec des températures moyennes autour de 12°C en janvier. Les précipitations sont faibles tout au long de l'année, mais elles sont légèrement plus élevées en hiver avec une moyenne annuelle d'environ 250 mm. Les conditions climatiques à Khouribga sont très favorables à l'agriculture, en particulier la culture de l'olivier, mais peuvent être difficiles pour les activités en plein air pendant les mois d'été en raison de la chaleur intense.