Le kobolo, cobolo, wagens, vala, batte, pulls, pion ou encore mentame est le nom vernaculaire au Gabon du Tramadol, un analgésique opioïde synthétique utilisé pour prévenir ou traiter la douleur modérée à sévère. On le classe dans la catégorie des antalgiques de niveau 2 (selon la classification des antalgiques par l'OMS), comme la codéine et le dextropropoxyphène. Il peut être utilisé pour la douleur aiguë (après une intervention chirurgicale) et la douleur chronique (blessure au dos ou cancer). Ce qui est en réalité un anti-douleur puissant est considéré comme une drogue très répandue sur l'ensemble du territoire gabonais et qui fait des ravages dans la jeunesse gabonaise,. Ce mésusage et cette surconsommation de médicaments opioïdes s'inscrit dans la crise sanitaire majeure qui a débuté en Amérique du Nord et affecte actuellement le monde. Cette consommation d'opioïdes cause la mort prématurée de plus de 800 000 personnes entre 2000 et 2025 et elle se poursuit.

Les kobolos sont des cousins de la morphine et l'héroïne, qui ont les mêmes effets et présentent les mêmes risques. Ils ont tous pour origine l'opium, une substance fortement addictive qui crée une tolérance chez le consommateurs: ceux-ci doivent prendre des quantités de plus en plus importantes pour obtenir les mêmes effets, pouvant les amener à l'overdose et à la mort. La dépendance à ces médicaments est très importante et l'arrêt est accompagné de symptômes de manque ou de sevrage importants : hypertension, hypersudation, insomnie, terreurs nocturnes, angoisses, agoraphobie, troubles de la concentration, spasmes musculaires, micro-mouvements involontaires, agressivité, irritabilité, amnésie temporaire (parmi les plus fréquents). En cas d'utilisation sur le long terme à dose croissante, le sevrage est long et lourd. Il dure en général de 3 à 6 mois.
Les effets du kobolo sont très divers et varient d'un individu à l'autre. En effet, cette drogue a la particularité d'amener le consommateur dans un état « speed » (mot utilisé dans le jargon) c'est-à-dire un état d'ébriété très avancé ; le consommateur est ainsi « bastillé » ou « plein ». En général, il provoque quelques minutes après la prise, voire quelques heures pour les plus habitués, un état de bien-être important ou une certaine euphorie. En outre, il peut provoquer des envies de se gratter, une baisse de la libido, de la faim ou encore des nausées. Médicaments antidouleurs, d'après certains consommateurs, ils donnent assez de force pour réaliser des travaux de dur labeur (par manque d'outils facilitant le travail, les employés le compensent par un effort physique colossal et donc en consomment pour augmenter leur autonomie).
Le tramadol est légalement vendu en pharmacie sous présentation d'une ordonnance mais les revendeurs plus souvent lycéens le font illicitement. Ils sont le plus souvent sous la tutelle d'un patron qu'ils appellent « le boss » ou encore « le grand » dont ils gardent l'identité secrète. Les endroits de vente sont très aléatoires mais les plus propices sont les grands espaces comme des écoles, marchés, gares routières, etc. pour avoir plus de clients. Il fut au départ vendu à un prix relativement faible environ 250 francs CFA en 2018 soit 0,40 € le comprimé, raison majeure de l'attractivité chez les jeunes. Cependant, depuis plusieurs mois[Depuis quand ?], le prix a augmenté en raison de la forte demande. Il n'est plus possible d'en avoir en dessous de 1 000 francs CFA soit environ 1,50 euro.

Cette siyuation n'est pas sans rappeler la crise des opioïdes en Amérique du Nord illustrée, autre autres, dans la mini-série Dopesick. Après avoir été largement disponible sur prescription et de manière illicite, l'oxycodone (OxyContin), un cousin du tramadol, se raréfie et amène les consommateurs qui ne peuvent plus se procurer d'ordonnance ou acheter le médicament au marché noir à se rabattre sur d'autres stupéfiants et narcotiques moins chers tels que l'héroïne. En quelques années, le nombre de décès explose,. D'après un article publié en 2019, c'est en Afrique que la consommation d'héroïne augmente le plus rapidement dans le monde.
En 2018, les États-Unis comptent près de 23 millions d'adultes inactifs entre 25 et 54 ans. Un nombre croissant d'économistes et de politiques accusent les opioïdes d'être responsables d'une part importante de ce phénomène. Avec 5 % de la population mondiale, le pays consomme 80 % des opioïdes, selon les chiffres du prix Nobel d'économie Angus Deaton. L'épidémie, qui a fait en 2017 près de 72 000 morts par overdose, a aussi frappé le marché du travail, en éloignant de l'emploi des victimes souvent précaires ; selon l'économiste de Princeton Alan Krueger, près d'un quart du déclin de la participation au marché du travail est imputable à la consommation de ces analgésiques ; ses travaux montrent que près de la moitié des hommes de 25 à 54 ans sortis du marché de l'emploi prenaient quotidiennement des médicaments contre la douleur, et, dans les deux tiers des cas, des médicaments sur ordonnance. En 2018 et 2019, des rapports du Congrès américain montrent comment, en s'appuyant sur divers acteurs influents tels que des médecins réputés et des associations de patients telles que l'International Association for the Study of Pain, Purdue Pharma, fabricant d'analgésiques, a pu influencer les directives de l'Organisation Mondiale de la Santé, notamment en ce qui concerne le traitement de la douleur chez les enfants.
Le produit peut être consommé de différentes manières mais la plus commune est la dissolution dans des boissons. Par ailleurs, il peut être consommé comme tout autre médicament, en l'ingérant par voie orale à l'aide d'un liquide (eau, boisson) ou sans.