Kokugaku

Extérieur de l'ancienne résidence de Motoori Norinaga.

Le kokugaku (kyūjitai : 國學 ; shinjitai : 国学 ; « études nativistes ») est une école de philologie et philosophie japonaise apparue au cours de l'époque d'Edo. Les disciples du kokugaku travaillent à recentrer l'éducation japonaise, dominée alors par l'étude des textes chinois, confucéens et bouddhistes, vers les classiques japonais.

Histoire

Ce qui est plus tard devenu le kokugaku est d'abord connu sous les noms Kogaku (« études anciennes »), wagaku (« études japonaises ») ou inishie manabi, un terme développé par Motoori Norinaga et son école. Se basant fortement sur le shinto et la littérature ancienne japonaise, l'école étudiait surtout l'âge d'or de la culture et de la société japonaises. Ils[Qui ?] ont utilisé la poésie japonaise antique d'avant la période féodale (XIIe siècle) et d'autres domaines culturels pour faire ressortir des concepts purement japonais. Un de ces concepts est le « mono no aware ».

Le mot « kokugaku », inventé pour distinguer cette école du kangaku (« études chinoises »), a été popularisé par Hirata Atsutane au XIXe siècle. La question de la paternité du kokugaku fait toutefois débat parmi les chercheurs : certains ont avancé qu'aucune pétition officielle n'aurait en réalité été adressée au shogunat, l'auteur véritable du document fondateur attribué à Kada no Azumamaro, le "Sō gakkō kei ", étant plutôt le lettré confucéen Yamana Reien, élève d'Azumamaro; l'intention originelle du texte n'aurait d'ailleurs pas été de promouvoir le kokugaku, mais le wagaku, l'étude de ce qui est proprement japonais par distinction de la culture chinoise. La rencontre déterminante entre Motoori Norinaga et Kamo no Mabuchi, survenue en 1763 alors que ce dernier faisait étape à Matsusaka, orienta durablement les recherches de Norinaga vers le Kojiki, qui devint le cœur de son œuvre, entamée l'année suivante après qu'il fut devenu officiellement disciple de Mabuchi.

Il a été traduit en « études indigènes » et a représenté une réponse aux théories sinocentriques des néo-confucéens. Les disciples du Kokugaku ont critiqué les pensées répressives des penseurs confucéens et ont essayé de rétablir la culture japonaise avant l'afflux des modes de pensée et de comportement étrangers.

Par la suite, les penseurs du Kokugaku ont réussi à gagner puissance et influence dans la société japonaise. Plus tard, leur pensée a influencé la philosophie et le mouvement Sonnō jōi. C'était cette philosophie, notamment, qui a mené à l'effondrement des Tokugawa en 1868 et à la restauration de Meiji. Mais aussi du shinto et du socialisme d'État développés à partir de la pensée du Mitogaku et qui a indirectement mené à l'expansion impérialiste du Japon.

Principes

Les disciples du Kokugaku soutiennent l'idée que la nation japonaise était naturellement pure et révélera toute sa splendeur une fois que les influences (chinoises) étrangères seront enlevées. Le « cœur chinois » était différent du « vrai cœur » ou du « cœur japonais ». Ce véritable esprit japonais ne sera révélé qu'en enlevant mille ans d'influence chinoise négative.

Dans le domaine religieux, cela se traduit par la recherche d'un shintoïsme "pur", débarrassé des influences confucianistes et bouddhistes, désigné sous le nom de Fukko Shinto.

Élèves connus du Kokugaku

Voir la catégorie : Érudit Kokugaku.

Notes et références

  1. ↑ Traduction française utilisée par Pierre François Souyri.
  2. ↑ (it) Marco Milone, Lo scintoismo, Naples, Guida Editori, (ISBN 9788868667603), p. 296-298

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes