Le Kunstschutz est le terme allemand pour désigner le principe de préservation du patrimoine artistique pendant les conflits armés particulièrement pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, dans le but de protéger l'art de l'ennemi, et associé à l'image de « l’officier de l’art » (Kunstoffizier) ou « expert artistique » (Kunstsachverständiger).
Suivant les points de vue, cette attitude allemande est restée valorisée jusqu'à la fin des années 1980 en Allemagne,, et cataloguée de pillage ou de spoliation par les pays dont les patrimoines étaient « sauvés ».
Le non-respect des conventions internationales de La Haye sur les lois et les coutumes de la guerre sur terre qui avaient intégré, en 1899 et 1907, le principe de la protection des biens culturels, cause un choc lors de l’incendie de la bibliothèque de Louvain et le bombardement de la cathédrale de Reims ; par réaction, la propagande allemande crée le principe du Kunstschutz, pour se racheter aux yeux des instances internationales qui, par leurs protestations, font obligation à l’Allemagne en guerre, de contrebalancer ses destructions, dans le but de redorer son image de « pays de la culture par excellence ».
Cela lui permet de plus l’expérimentation de formules nouvelles dans le sauvetage et la mise en valeur du patrimoine artistique, à l'origine d'initiatives nombreuses et souvent fécondes.
Le nom de Paul Clemen, professeur d’histoire de l’art à l’Université de Bonn et inspecteur des monuments de la Rhénanie, est associé en premier comme instigateur du Kunstschutz pendant la guerre de 14-18 dont une image altruiste est profitable à sa remise en place pour le second conflit mondial.

À l'initiative d'Hermann Goering, Maréchal du Reich, le corps militaire spécialisé du Kunstschutz est réactivé à la suite de l'armistice de Cassibile du , sous le prétexte des bombardements alliés, pour réquisitionner les œuvres d'art italiennes et les transporter vers l'Allemagne. Le transfert des œuvres vers l'Allemagne devient alors une véritable razzia.
Goebbels fait rédiger un inventaire de mille pages des œuvres d'art françaises en zone occupée.
Entre novembre et , le comte Franz Wolff-Metternich, responsable aussi du Kunstschutz en France, parcourt l'Italie centrale afin de repérer les œuvres d'art à emporter. Il fait une deuxième visite en et écrit un compte rendu scrupuleux de tout ce qu'il a vu. Toutefois, la partie pratique sera laissée à son bras droit, le baron Bernhard von Tieschowitz. Lui aussi fera plusieurs visites à l'Italie et en lui aussi écrit un compte rendu scrupuleux de ce qu'il a vu. Ainsi:
Mais le , sous la pression du Kunstschutz, des fonctionnaires italiens, et du général Frido von Senger und Etterlin, commandant des forces cuirassées allemandes en Italie, une opération de propagande a lieu. Trente et un camions allemands s'arrêtent à Rome, piazza Venezia, pour restituer les trésors de Monte Cassino. Sous les caméras et les objectifs de la presse, ils descendent 172 caisses contenant des œuvres d'art appartenant aux musées de Naples et six cent caisses de livres.