| Réalisation | Mariano Llinás |
|---|---|
| Scénario | Mariano Llinás |
| Acteurs principaux | Pilar Gamboa, Elisa Carricajo, Laura Paredes, Valeria Correa |
| Pays de production |
|
| Durée |
814 minutes (13 h 34 min) |
| Sortie | 2018 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
La flor est un film argentin réalisé par Mariano Llinás, sorti dans les salles françaises en . Avec une durée de 814 minutes, il s'agit du plus long film de l'histoire du cinéma argentin. Son tournage s'est étalé sur 10 ans.
Exploité en 4 parties d'environ 3 h 20 min chacune, il se compose de 6 épisodes, chacun dans un genre différent, de durées variables (de 22 minutes à 4 h 45 min) et, à l'exception du 5e épisode, emploie les 4 mêmes actrices.
Il se conclut par une série de portraits filmés des quatre actrices .
Le projet La Flor naît en 2006 d'une rencontre entre le réalisateur Mariano Llinás et la troupe de théâtre argentine Piel de Lava, composée d'Elisa Carricajo, Valeria Correa, Pilar Gamboa et Laura Paredes. Impressionné par leur virtuosité et leur vision de la fiction, Llinás consacre deux années à tenter d'adapter leur pièce Neblina avant de concevoir un projet plus vaste : un film qui ne serait pas une histoire unique, mais une succession de récits servant de portraits aux quatre actrices.
Le cinéaste théorise alors la structure de « la fleur » : quatre flèches ascendantes représentant quatre épisodes sans fin, un cercle central pour une histoire complète, et une flèche descendante pour une conclusion. Cette architecture vise à transformer les actrices en « machines à raconter » tout en révélant leurs véritables visages à travers la multiplicité des rôles.
Le tournage s'est étalé sur dix ans (2009-2018), adopté comme une activité hors des contraintes industrielles par le collectif El Pampero Cine. Le budget, estimé à environ 20 millions de pesos (300 000 euros), a été financé de manière indépendante, notamment par les prix obtenus pour le film précédent de Llinás, Historias extraordinarias. L'œuvre se distingue par sa diversité technique (passage du miniDV au numérique) et linguistique (espagnol, français, italien, russe, anglais, allemand, suédois et dialecte toscan du XVIIIe siècle). La musique originale est signée Gabriel Chwojnik, dont l'œuvre culmine dans un boléro accompagnant un générique de fin d'une durée exceptionnelle de quarante minutes .
Llinás rejette l'idée d'hommage, préférant le concept de « cambriolage » pour décrire son rapport à l'histoire du cinéma. Il utilise les genres (Western, espionnage, fantastique) comme des outils formels pour explorer des traditions délaissées par le cinéma contemporain. L'influence du peintre Édouard Manet est centrale : le déguisement des modèles est perçu comme un moyen d'accéder à leur essence cinématographique. Sur le plan formel, le film est dédié à Hugo Santiago, mentor d'El Pampero Cine, dont le titre d'un film effacé apparaît discrètement sur un clap de l'épisode 4.
Après avoir remporté le prix du meilleur film et des meilleures actrices au BAFICI 2018, La Flor circule dans les festivals de Locarno, Biarritz et Rotterdam. La critique salue cette « quintessence de grand cinéma », relevant sa capacité à réenchanter la fiction par sa démesure et sa liberté narrative. En France, le film a fait l'objet d'une distribution inédite en quatre parties sur quatre semaines consécutives en 2019.
La flor a été, jusqu'en 2018, en tête du classement mondial des films de fiction les plus longs.
Il est détrôné en 2019 par Amra Ekta Cinema Banabo, film de 1 265 min (21 h 5 min) du Bangladesh.