| Titre original |
(grc) Σαμία |
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Nouvelle comédie (d) |

La Samienne (grec ancien Σαμία, « Samia, celle de Samos ») est une comédie antique écrite par le poète Ménandre dans sa jeunesse, que les philologues du XXe siècle ont restaurée à partir de deux codex de papyrus trouvés en Égypte. Ainsi plus de sept cents vers, mutilés ou entiers, sont lisibles aujourd'hui sur peut-être neuf cents[réf. nécessaire]. Le titre est confirmé par une mosaïque trouvée à Mytilène, illustrant onze pièces choisies de Ménandre, parmi lesquelles La Samienne.
En 1907, le papyrus du Caire, un codex du Ve siècle retrouvé à Aphroditopolis et contenant les restes mutilés de cinq comédies de Ménandre, est publié . Ces pièces ont été choisies vers le deuxième siècle pour un usage scolaire. Le livre avait ensuite été démembré pour emballer des objets dans une jarre. Néanmoins le reste d'un quaternion a préservé 324 vers de la Samienne.
Cinquante ans plus tard, un autre bloc de papyrus du IIIe siècle déposé à la collection Bodmer livre les trois derniers actes, et donc la fin de la comédie. S'y ajoutent par ailleurs deux fragments mis au jour dans les années 1970 , qui complètent certaines lignes.
Bien que l'un soit pauvre et l'autre riche, Déméas et son voisin Nicératos sont amis, et ils souhaitent unir leurs enfants dans le mariage. Les jeunes gens désirent également cette union, et rien ne semble pouvoir empêcher sa réalisation. Pourtant, une série d'événements inattendus et de malentendus provoqués par un mensonge manque de faire échouer l'affaire.
Voici Déméas et Nicératos partis en voyage. Pendant ce temps, lors des fêtes d'Adonis, Moschion, le fils adoptif de Déméas, a eu une aventure avec Plangon, la fille de Nicératos, et celle-ci se retrouve enceinte. Bien qu'il ait immédiatement promis à Plangon de l'épouser, le jeune homme n'ose pas reconnaître publiquement sa faute. Toute la maisonnée décide alors de faire croire que l'enfant est celui de Chrysis, une Samienne. En effet, Déméas avait laissé enceinte sa compagne Chrysis avant son départ, tout en lui interdisant d'élever l'enfant, puisqu'il aurait été illégitime.
Au retour de son voyage, lorsqu'il découvre contre toute attente un bébé dans sa maison, Déméas se met en colère, mais il se calme rapidement. Cependant, alors que l'on prépare le banquet de mariage et qu'un cuisinier a déjà été engagé, il entend par hasard la vieille nourrice appeler le bébé « fils de Moschion ». Se souvenant aussitôt de l'histoire d'Hippolyte et de Phèdre, il attribue toute la faute à Chrysis, persuadé que son fils, qui s'est toujours montér respectueux, ne peut être coupable.
Il décide alors de chasser sa compagne afin de préserver son honneur, sans lui donner d'autre explication que « à cause du bébé »... Chrysis s'enfuit en larmes chez le voisin Nicératos, qui l'accueille avec compassion. Peu après, Moschion, encouragé par Nicératos, tente d'apaiser son père, mais ses paroles sont mal interprétées. Le malentendu repose sur le fait que les personnages comprennent différemment les mêmes paroles selon les informations qu'ils possèdent ou croient posséder. Lorsque Moschion comprend enfin ce que son père imagine, il lui révèle la vérité.
Mais à peine Déméas est-il apaisé que Nicératos apprend la grossesse de sa fille. Fou de colère, il veut aussitôt brûler l'enfant, que Chrysis a, dans sa fuite, emmené chez Déméas. En évoquant l'histoire de Jupiter et de Danaé, Déméas parvient progressivement à calmer Nicératos et à lui faire admettre que de nombreux hommes, sans que cela soit visible, sont réputés être nés des dieux. Moschion, vexé par les soupçons de son père, décide alors de se venger à son tour. Revêtu d'un manteau et armé d'une épée, il feint de vouloir partir comme mercenaire en Asie, jusqu'à ce qu'il cède finalement aux supplications de son père et renonce à son projet (acte V). Comme dans de nombreuses œuvres de la Nouvelle Comédie, la pièce se termine par un mariage.