| Lafarge | |
Logo de Lafarge. | |
Carrière de la Madeleine à Villeneuve-lès-Maguelone. | |
| Création | 1833 |
|---|---|
| Forme juridique | Société anonyme |
| Slogan | Construire des villes meilleures |
| Siège social | Issy-les-Moulineaux |
| Direction | Magali Anderson |
| Actionnaires | |
| Activité | Construction |
| Produits | Ciment, Granulat, Béton |
| Société mère | Holcim |
| Filiales | Lafarge Tarmac (d) Lafarge (Canada) (d) |
| Effectif | 63 000 () |
| SIREN | 422 288 092 (Lafarge France) |
| TVA européenne | FR81542105572 |
| Site web | Site officiel |
| Chiffre d'affaires | 12,8 G€ () |
| Résultat net | 274 M€ () |
| Société précédente | Société Anonyme des Chaux et Ciments de Lafarge et du Teil (d) |
| Société suivante | Holcim Group (en) |
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Lafarge est une entreprise française de matériaux de construction fondée en 1883, filiale du groupe suisse LafargeHolcim depuis 2015, devenu Holcim en 2021.
La société produit et vend dans le monde entier principalement du ciment, des granulats et du béton prêt à l'emploi.
En 2015, éclate l'affaire Lafarge, l'entreprise est jugée en 2025 pour avoir versé en 2013 et 2014 plusieurs millions d’euros à des groupes rebelles djihadistes afin de maintenir l'activité d'une cimenterie en Syrie. Elle est condamnée le , son ex-PDG est condamné à 6 ans de prison. L'affaire sera rejugée en appel.
L'histoire du cimentier Lafarge commence en 1749 dans une carrière de pierre à chaux près de la ville du Teil en Ardèche, dans une petite exploitation familiale de chaux fondée par Claude Pavin qui a acheté le fief de Lafarge.
Ayant dû quitter Lyon à la suite de la révolution de 1830, Auguste Pavin de Lafarge décide en 1833 de reprendre l’exploitation de chaux et confie la direction de la société à son fils Léon, ancien élève de l’École polytechnique. Trois nouveaux fours de cinq mètres de haut sont construits et la chaux de Lafarge commence à être connue dans la vallée du Rhône.
Ce sont surtout ses deux fils Léon Pavin de Lafarge (de 1833 à 1839) et Édouard Pavin de Lafarge (de 1840 à 1843) qui développent l'affaire et officialisent en 1848 leur association en créant la société Lafarge Frères. Ils profitent de la position stratégique de l'usine qui exploite la carrière dans la montagne Saint-Victor dominant le Rhône entre Le Teil et Viviers, à proximité de la ligne de Paris-Lyon à Marseille, d'où la livraison facile des fournitures aux ports de la Méditerranée.
En 1864, le site livre 110 000 tonnes de chaux pour le canal de Suez, ce contrat fournissant du travail à plus d'un millier d'ouvriers. C'est le premier chantier d'envergure internationale pour l'entreprise.
La famille Lafarge, catholique sociale, fait construire pour les ouvriers une cantine et des dortoirs, puis en 1880 une cité ouvrière : la « cité Blanche », ainsi nommée par Raphaël de Lafarge en mémoire de son épouse Blanche de Causans, morte à 35 ans. Une seconde aile s'y ajoute en 1913.
En 1919, l'activité est transformée en société anonyme sous le nom de « Société anonyme des chaux et ciments de Lafarge et du Teil » et, dès 1939, Lafarge devient le premier cimentier français et progressivement l'un des leaders mondiaux. Lafarge étend son réseau sur trois territoires (dix usines en France, une implantation en Afrique du Nord et une filiale en Angleterre, la « Lafarge Aluminous Cement » en 1926). La société y pratique un « paternalisme théocratique ».
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les usines dans la zone occupée pratiquent une collaboration alors que certains dirigeants d'usines dans la zone libre (où Lafarge a replié son siège social à Viviers) collaborent pour la construction du Mur de l'Atlantique,. Henri Pavin de Lafarge, dirigeant de Lafarge, participe au Conseil national, c'est-à-dire au gouvernement de Vichy. Pour Jérôme Prieur, « la guerre n’a pas été une période néfaste pour le groupe. Lafarge, qui était déjà un cimentier important, a maintenu son rang, grâce à la collaboration économique avec les Allemands. Et grâce au maintien de leur activité pendant l’Occupation, Lafarge et les autres entreprises ayant collaboré économiquement étaient les mieux placées pour entreprendre la reconstruction après guerre ».
À la Libération, le Comité départemental de libération de l'Ardèche préconise sa mise sous séquestre, qui est effective à la seule usine de Lafarge de à et va de pair avec une autogestion ouvrière. Robert Lacoste, ministre de la Production industrielle dans le gouvernement provisoire du général de Gaulle, appuie le recours en Conseil d'État contre le séquestre. L'arrêt du lève la séquestration, et des projets de loi de nationalisation n'aboutissent pas. L'entreprise se développe en participant à la reconstruction des ports détruits en Bretagne et en Normandie (Brest, Caen, Le Havre) puis en profitant de la conjoncture des Trente Glorieuses (construction des grands ensembles).
En effet, à partir de 1950, le développement international du Groupe Lafarge sous la direction de Marcel Demonque, fut confié à Jean Charles L’officier. Il commença par le Maroc en créant en 1950 pour Lafarge, la CADEM (société des ciments artificiels de Meknes) et en 1953, la deuxième cimenterie du pays. Puis Marcel Demonque lui confia le marché nord-américain, au travers d'une filiale constituée pour l'occasion en 1956, sous le nom de Lafarge cement of North America (LCNA), installée d'abord à Vancouver puis à Montréal. Il en est président de 1956 à 1961, puis Il obtient en 1961, la direction de l'ensemble des filiales du groupe à l'étranger (Lafarge en 1971, réalisa plus de 50 % de son chiffre d'affaires à l'étranger), il développa et présida (1961-1963) notamment la filiale Lafarge au Brésil. Puis il deviendra le vice-PDG du Groupe Lafarge en 1968, chargé de succéder à Marcel Demonque.
En 1971, Jean-Charles L'officier est victime d'un accident cérébral qui met fin à sa carrière. Marcel Demonque appelle Olivier Lecerf à prendre sa suite à la tête de l'entreprise en 1974.

En 1980, la fusion avec le Groupe Coppée & Cie dirigé par le baron Évence Coppée donne naissance au Groupe Lafarge Coppée et en 1997, elle acquiert le britannique Redland ce qui permet à Lafarge d'entrer dans le marché des tuiles.
Dans les années 1980, Lafarge cherche à diversifier son cœur de métier (le ciment) en investissant dans les mortiers industriels, en rachetant plusieurs entreprises qui deviendront Lafarge Mortiers SA, puis Materis, puis Parex Group.
En 1989, Olivier Lecerf quitte la présidence de l'entreprise. Bertrand Collomb, ancien directeur général de la filière nord-américaine du groupe, lui succède en tant que PDG.


Le , l'acquisition du groupe britannique Blue Circle Industries (en) (BCI) permet à Lafarge de devenir le premier producteur mondial de ciment. Pour financer cet achat, Lafarge revend sous forme de LBO l'essentiel de sa branche de matériaux de spécialités, rebaptisée Materis, ainsi que la totalité de ses actifs chaux (Lafarge Chaux), basés aux États-Unis et en Europe.
Le , Lafarge décide de doubler la capacité de sa cimenterie de Dujiangyan, en Chine, pour la porter à 2,4 millions de tonnes, et signe un accord de partenariat avec Shui On Construction Materials Limited (SOCAM), cimentier chinois coté à la bourse de Hong Kong.
L’activité mortiers est cédée, sous le nom de Materis, à des fonds d’investissement, à travers plusieurs Leverage Buy Out successifs. Lafarge s’en désengage définitivement en 2006.
En 2007, Lafarge SA annonce le rachat de Orascom Cement (leader cimentier au Moyen-Orient et dans le bassin méditerranéen), la division ciment du groupe égyptien Orascom, pour 8,8 milliards d'euros, mais est condamné, la même année, avec la société Vicat pour entente illégale et abus de position dominante collective sur le marché de gros de l'approvisionnement de la Corse en ciment.
Le , Lafarge Couverture devient Monier après la cession de l’activité Toiture à PAI partners et le , dans le cadre du plan de nationalisation de l'industrie du ciment, du président vénézuélien, Hugo Chávez, Lafarge conclut un accord de cession de ses filiales vénézueliennes.
Le , dans le cadre du plan global de désinvestissements du Groupe, Lafarge annonce la cession de ses actifs Ciment et Granulats & Béton au Chili (Lafarge Chile SA et Immobiliaria San Patricio ainsi que la cimenterie de La Calera) au groupe péruvien Brescia, pour une valeur de 555 millions de dollars US.
En 2010, Lafarge renforce ses positions au Brésil (accord avec Votorantim) et en Europe centrale (avec STRABAG).
En 2011, le groupe inaugure trois usines en Hongrie, Syrie et Nigeria et crée une coentreprise avec Anglo American au Royaume-Uni. Il cède la majorité de ses activités plâtre en Europe, en Amérique du Sud, en Asie et en Australie. Il possédait plus de soixante-dix sites de production dans trente pays.
Fin 2011, pour accélérer son développement, Lafarge présente un projet de nouvelle organisation tournée vers ses marchés et ses clients.
En , à la suite de la restructuration de la cimenterie de Saint Victor d'Ymonville, 111 licenciements économiques sont annoncés.
En 2017, le Conseil de Paris rompt l'accord avec Lafarge qui lui fournissait gratuitement depuis 2002 3 000 tonnes de sable qu'il déposait chaque été au bord de la Seine afin de créer des plages artificielles pour Paris Plages. Cette décision intervient après que Lafarge s'est proposé pour collaborer à la construction du mur entre les États-Unis et le Mexique voulu par Donald Trump.
Le , Lafarge et le groupe suisse Holcim annoncent un projet de fusion entre les nos 1 et 2 du ciment. La nouvelle entité sera basée en Suisse.
En , Cement Roadstone Holdings (CRH) acquiert les actifs de Lafarge et de Holcim dans le cadre de leur fusion, pour un total de 7,34 milliards de dollars.
En , Lafarge annonce l'acquisition des 45 % qu'il ne détient pas dans Lafarge Shui on Cement pour 294 millions d'euros. Cette offre de rachat est conditionnée au succès de sa fusion avec Holcim. En , Lafarge acquiert les 14 % de participations qu'il ne détenait pas dans Lafarge India, pour 304 millions de dollars.
Le , la fusion de Lafarge et d'Holcim est effective et comporte trois changements par rapport au projet de fusion entre égaux initial :
Le nouveau groupe prend le nom de LafargeHolcim. La société Lafarge n'est pas dissoute et prend le statut de holding. Les logos de l'entreprise restent utilisés en France, sur les usines et camions malaxeurs notamment.
LafargeHolcim reprend le nom d'Holcim en 2021. Le siège opérationnel du groupe à Paris, là où se trouvait la direction de Lafarge à Paris a été fermé. Les décisions importantes sont prises désormais à Zoug, en Suisse alémanique. La communication officielle du groupe se fait en anglais et en allemand.
Le nouveau nom entérine l’absorption du groupe Lafarge par Holcim. Le nouveau groupe a son siège social en Suisse, le groupe français Lafarge n'a plus d'existence autonome. La fusion entre égaux n'a été qu'une présentation temporaire.
Aujourd'hui, seule l'entité Lafarge France subsiste, en tant que filiale, après la scission de Lafarge Canada du groupe Holcim au sein d'Amrize en ,.
Les présidents du conseil d’administration de Lafarge sont successivement, Marcel Demonque (1947-1974), Bertrand Collomb, suivi de Bruno Lafont, entre 2007 et 2015, suivi d’Eric Olsen, aussi PDG du Groupe issu de la fusion LafargeHolcim depuis .
Eric Olsen était le président-directeur général du groupe LafargeHolcim. Il démissionne le , à la suite de l'affaire de collaboration du groupe Lafarge avec Daech.
Le conseil d’administration de Lafarge est composé de 15 membres nommés pour quatre ans par l'assemblée générale des actionnaires.
Guilherme Frering, Raphaël de Lafarge, Michael Blakenham, Jean-Pierre Boisivon, Alain Joly, Bernard Kasriel, Jacques Lefèvre, Eric de Waubert de Genlis, Michel Pébereau, Pierre de Lafarge, Gérald Frère, Michel Bon, Thierry de Rudder, Colette Lewiner, Philippe Dauman, Paul Desmarais Jr et Nassef Sawiris. Jean Charles L’officier, Marcel Demonque. Olivier Lecerf.
Lafarge exerce des activités de lobbying dans plusieurs institutions, ; des liens ont été établis entre son influence dans les décisions concernant le marché des crédits carbones européens et les profits de 485 millions d'euros réalisés par Lafarge entre 2008 et 2014,, grâce à la vente de crédits-carbone accordés trop généreusement par l'Union européenne.
Un rapport de l'organisation britannique de protection de l'environnement Sandbag, qui révèle ces pratiques, affirme de plus que ce mécanisme favorise certains secteurs (l'industrie automobile, sidérurgie, cimenterie, etc.) au détriment entre autres du secteur de l'énergie, le prix du carbone étant ainsi répercuté sur les consommateurs des énergéticiens[Quoi ?], comme EDF ou Engie en France. Le phénomène semble s'être poursuivi au moins jusqu'en 2014, à en croire un autre rapport effectué par Sandbag, et d'autres enquêtes ultérieures. L'entreprise aurait notamment reçu des crédits pour les émissions d'entreprises fermées pour raisons économiques, qui ne produisaient donc pas de dioxyde de carbone. In fine, contrairement à la Suisse (Holcim bétonnier fusionné avec Lafarge en 2015 est l'entreprise suisse la plus polluante) où l'état et les citoyens ont une action ou acceptent la promotion du bois dans le bâtiment, peu de français connaissent ou remettent en cause le ciment comme émetteur majeur de dioxyde de carbone.