Alfred Bicard dit Le Bouif est un personnage de fiction créé par Georges de La Fouchardière le à l'occasion d'une rubrique humoristique qu'il rédige dans La Liberté et qui devient le sujet du roman à succès Le Crime du Bouif publié en 1913,,.
Ce personnage comique fut l'argument de plusieurs adaptations littéraires, théâtrales et cinématographiques jusqu'en 1952.
La signification du mot Bouif
Bouif ou bouiffe est un mot provenant de l'argot parisien utilisé depuis la fin du XIXe siècle, entre autres gnafs, gniafs ou pontifes, pour désigner le cordonnier de basse condition,,,. La profession de cordonnier étant elle-même déconsidérée, le terme bouif renvoi à la classe sociale d'un individu plutôt qu'à la profession qu'il exerce et suffit à le caractériser sans le nommer,,.
La figure du Bouif fait l'objet de plaisanteries moquant sa naïveté, sa candeur, etc.,,.
Alfred Bicard, dit Le Bouif
«(...) mon ami Bicard, dit le Bouif, est un honorable travailleur qui exerce théoriquement un métier manuel, mais qui est en grève depuis un trop grand nombre d'années pour se rappeler au juste lequel.»
—Georges de La Fouchardière,La Liberté, 8 février 1911
D'une naïveté prétexte pour l'auteur à illustrer de manière comique dans la presse des thèmes comme la politesse, le recensement de la population ou la religion, Alfred Bicard, un marchand de tuyaux aux courses hippiques, sera finalement mis en scène en 1913 dans un roman policier de fantaisie où sa candeur naturelle se verra confrontée à l'atrocité d'un crime de sang.
Le Bouif dans la presse écrite
Alors que le personnage du Bouif n'apparaît qu'occasionnellement dans les Chroniques Fantaisistes que Georges de La Fouchardière rédige à partir de 1910 pour différents journaux, il en devient rapidement l'unique sujet et face à l'engouement du public, l'auteur vend au plus offrant l'exclusivité d'une série généralement dominicale de près de 120 épisodes que l'on suit au rythme des supports changeants qui la publient.
Chroniques Fantaisistes dans La liberté, les , et .
Le quotidien L'Heure diffuse Le Crime du Bouif en feuilleton en février-mars 1917.
L'hebdomadaire La Vague publie en Une le un extrait de Le Bouif tient pour remplacer avantageusement le vide laissé par la censure de l'article de tête.
L'hebdomadaire La Vague publie en mai-juin 1921Le Crime du Bouif en feuilleton
Si l'acteur Tramel est naturellement associé au rôle du Bouif qu'il popularise au théâtre et au cinéma, c'est pourtant Auguste Coradin qui va créer le rôle sous la direction des auteurs dès 1914 doublé de Pont devant le succès important de la pièce,.
Fort de ce succès, le rôle du Bouif est régulièrement interprété lors de revues dans les théâtres parisiens, comme à l'Olympia par Mauville, à La Chaumière par Fursy ou au Ba-Ta-Clan par Jules Méria et se fait peu à peu connaître d'un large public. Des revues entièrement dédiées au personnage sont créées, comme J'ai dit! de 1918, où le Bouif, joué par Lerner, campe un député à l'assemblée invectivé par de nombreux interlocuteurs.
Malgré ces nombreuses initiatives, ce seront bien les distributions théâtrales de 1921 lors de l'adaptation du roman Le crime du Bouif pour les tournées nationales, qui marqueront les esprits, qui participeront à populariser le personnage et qui justifieront les créations à venir.
Le , pour la fête des Caf'Conc' qui se tient au Vélodrome Buffalo, Georges de La Fouchardière lance le défi aux acteurs ayant joué le rôle du Bouif de se retrouver pour participer à une course des Bouifs, à pieds et en tenue de ville en lieu de chevaux de courses, devant la foule pariant et les flashs des appareils photo. La publicité faite à l'événement fait accourir la foule. Il sera couvert par une presse importante et une série de photos grand format de l'événement est conservée à la BNF,,,.
↑Les mises en scène du Bouif au théâtre ou dans des revues sont très nombreuses entre 1911 et 1930 et de notoriété variable. Nous ne retenons ici que la création du rôle de 1914 et la production de l'Eldorado de 1921 qui va lancer la prestigieuse tournée Tramel, toutes deux sous la direction de l'auteur, ainsi que les suites dans lesquelles Tramel a joué ou les reprises tardives