
Le Conquil est un village troglodyte situé à Saint-Léon-sur-Vézère, entre Montignac, et les grottes de Lascaux et Les Eyzies dans le département de La Dordogne, France.
Il est installé dans les abris sous roches logés dans la falaise. Il a été occupé dès la préhistoire comme les autres sites de la vallée de la Vézère, fortement remanié au moyen-âge et avait encore des habitants au début du XXe siècle. Sa proximité avec le site de Castel Merle situé sur la même rive de la Vézère a cependant laissé moins d'artefacts préhistoriques. Une sculpture de tête de taureau évoque le Culte Mithraïque. De nombreux aménagements directement taillés dans la roche et l'aménagement de structures monumentales peuvent avoir débuté avant le Xe siècles et s'être renforcées lors des invasions vikings. Le site naturel de la vallée de la Vézère, où est situé ce village, est recensé à l'inventaire général du patrimoine de l'UNESCO.
Les études historiques et les fouilles archéologiques sont assez récentes sur ce site qui est ouvert au public depuis quelques années seulement. La proximité de la rivière, des nombreux sites préhistoriques tous proches laissent penser que ce lieu a pu être habité dès l'époque préhistorique. Les aménagements semi troglodytiques à vocation défensive peuvent être datés de l'époque médiévale. Un fossé creusé en travers d'une corniche sur la falaise et les éléments de porte fortifiée ainsi qu'un seuil creusé dans la roche démontre l'existence d'un pont levis. Le nettoyage de la falaise à permis de remarquer une sculpture ne forme de tête de taureau laissant imaginer un temple ( mithriaeum) dédié à Mytrha. Ce culte était présent en Aquitaine au cours du IIIe siècle. Des études sont en cours de réalisation pour confirmer l'hypothèse.

Au XIVe siècle le site du Conquil aurait pu être nommé Roche Saint Léon Seigneurie mentionnée entre 1365 et 1541 "hospitium de Rupe Sancti Leontii" Un texte daté de 1400 pour un hommage au Duc d'Orléans, comte de Périgord. Il cite : Procuration donnée par noble dame Johanna de Rupe, veuve de Guillaume de Rupe, chevalier, etc., afin de rendre hommage au duc d’Orléans, comte de Périgord, etc. Cette procuration fut reçue par Arnaldus de Cruellono, clerc et notaire de Saint-Léon, et elle est ainsi datée : « L’an de la Nativité du Seigneur 1400, à Saint-Léon, le dernier jour du mois d’août, selon l’indiction VIII, conformément au calendrier de l’Église romaine », sans que soient précisés le prince ou le pape régnant.
Le site dispose encore aujourd'hui d'un immense colombier daté du XVIe siècle dont les trous de boulins sont creusés dans la roche. Une partie de la paroi côté rivière a été détruite ou s'est effondrée laissant la pièce ouverte en demi-cercle. Juste à côté une forme monolithique sculpté en forme d'entonnoir aiguise encore les hypothèse. Restes d'un pressoir, d'une ancienne glacière ?
Le Conquil fait face au village de Saint-Léon-sur-Vézère situé sur l'autre rive de la Vézère. Au XIXe siècle le seigneur de Clérans était aussi propriétaire du domaine du Conquil nommé à l'époque "Pechebouc". Les archives de la Dordogne permettent de savoir que l'exploitation agricole autour du Conquil servait à produire du vin et des céréales. Ces produits étaient consommés localement mais une partie des stocks était embarqués sur des gabares afin d'être vendus en aval (Le Bugue, Bergerac et Libourne). En 1842, au fil de l'aménagement de la vallée de la Vézère pour la rendre navigable jusqu'à Terrasson, une écluse a été installée juste au pied du Conquil, preuve du commerce local à cet endroit. Les vestiges de cet ouvrage sont encore visible en période d'étiage.
Le site ayant servi de carrière de pierre, de nombreux vestiges ont été détruits
Le Conquil est caractérisé par l'occupation humaine d'une falaise orientée Nord-Est de la rive gauche de la Vézère. Des habitats troglodytiques ont été aménagés dans les abris sous roche (encoches de sapement) creusées par la rivière au fil des millénaires. L'usage défensif de ce site est similaire aux autres forts troglodytes (appelés aussi château-falaise ou maison-forte) des environs.

Un cheminement en encorbellement permettait aux habitants de circuler sur les terrasses. La roche pouvait être creusée soit en simple passage soit sous forme d'habitation pour les relier. Certains de ces creusements n'ont du y permettre que la présence de guetteurs. La falaise occupée mesure près d'un kilomètre de long, entre le pont de Saint-Léon-sur-Vézère et le vallon de la source. Elle offre par endroit 3 niveaux d'occupation avec des parties semi-troglodytiques et des cluzeaux reliés par des passages souterrains permettant d'avoir une sortie de secours sur le plateau en cas de besoin. Les habitants ont tiré partie de la configuration du site en créant dans le calcaire des pièces destinées à accueillir des animaux avec des anneaux et des mangeoires taillés dans la roche. D'autres pièces étant dédiée au stockage avec la présence de silos creusés à même la roche. Des petites rigoles ayant été ajoutées pour capter les infiltration d'eau venant de la paroi ainsi que l'eau de ruissellement. Des ouvertures creusées dans le rocher servaient de sas entre différentes parties du fort.

Le sol d'origine a subi des inondations qui en déposant des alluvions ont permis de rehausser le niveau et de préserver certains vestiges au pied de la falaise. Des fouilles réalisées par le Cabinet EVEHA ont notamment permis de mettre à jour la totalité de la structure circulaire monolithe. Cette construction reste encore un mystère.

La falaise longe la rivière Vézère. Le versant est ombragé par les chênes qui ont poussé depuis l'abandon de l'activité agricole il y a 50 ans. Un chemin de randonnée depuis le pont de Saint Léon sur Vézère conduit à l'entrée de ce site touristique. En le prolongeant on peut arriver au site de Castel Merle situé sur la commune de Sergeac.
Le site troglodytique du Conquil est ouvert à la visite durant la belle saison depuis avril jusqu'à la fin des vacances scolaires de Toussaint. Ouverture également durant les vacances scolaires de février (Calendrier de la zone A) Des visites peuvent être organisées ultérieurement sur rendez-vous.
Le site du Conquil bénéficie désormais de fouilles menées par des équipes d'archéologues missionnés par ses propriétaires. Depuis 2022 de nombreuses découvertes ont été répertoriées permettant de mieux connaître l'histoire de ce lieu et ses différentes phases d'occupation.