| Leucade Λευκάδα (el) | |||
Vue de la ville de Leucade. | |||
| Géographie | |||
|---|---|---|---|
| Pays | |||
| Archipel | Îles Ioniennes | ||
| Localisation | Mer Ionienne (mer Méditerranée) | ||
| Coordonnées | 38° 43′ 00″ N, 20° 39′ 00″ E | ||
| Superficie | 304,1 km2 | ||
| Administration | |||
| Périphérie | Îles Ioniennes | ||
| District régional | Leucade | ||
| Dème | Leucade | ||
| Démographie | |||
| Population | 22 652 hab. (2011) | ||
| Densité | 74,49 hab./km2 | ||
| Plus grande ville | Leucade | ||
| Autres informations | |||
| Fuseau horaire | UTC+02:00 | ||
| Site officiel | www.lefkada.gr | ||
| Géolocalisation sur la carte : Grèce
Géolocalisation sur la carte : îles Ioniennes
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| Îles en Grèce | |||
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Leucade (en grec moderne : Λευκάδα, Lefkáda), longtemps appelée Sainte-Maure, est une des îles Ioniennes (Grèce).
Les villes principales sont la ville de Leucade (capitale régionale), Nydri et Vassilikí (ports vers les îles de Méganissi et Céphalonie). Les principales activités de l'île sont l'agriculture (huile et vin), l'élevage et le tourisme.
L'île de Leucade est sur la côte ouest de la Grèce continentale. Les îles d'Ithaque et de Céphalonie sont à moins de 10 km au sud, et l'île de Corfou à environ 80 km au nord,.
Leucade est une île montagneuse, à la riche végétation à l'est et au sud. L'île a longtemps été naturellement reliée au continent comme péninsule.
Elle a une superficie de 304 km2 pour un littoral de 117 km[réf. nécessaire]. Son sommet, le mont Stavrota, s'élève à 1 158 m.
Le chef-lieu est Leucade (Lefkáda), bâtie au fond d'un golfe naturel, au nord de l'île près du chenal qui la sépare du continent.
À l'est, les côtes sont douces, abritées du vent et ponctuées de petits îlots verdoyants, dont les plus connus sont Skorpios, Madouri et Sparti. La région orientale est verdoyante. S'y s'égrènent de petits villages maritimes, comme Ligia et Nikiana, et Nidri, un des sites les plus touristiques de l'île. Les vestiges d'une ville préhistorique et de tombes circulaires de la même période, mis au jour dans les environs, ont persuadé l'archéologue allemand Dörpfeld qu'il s'agissait là de la patrie d'Ulysse.
Ses côtes occidentales, par contre, sont abruptes et entrecoupées de grandes plages de sable jaune, dont celle de Pórto Katsíki.
Le réseau routier permet de faire le tour de l'île.
Le phare de Leucade est implanté dans l'enceinte du château de Sainte-Maure ; un second phare occupe, depuis 1913, l'extrémité du cap Lefkada au sud de l'île.
Depuis la réforme Kallikratis (2010), tous les dèmes (municipalités) de l'île de Leucade sont regroupés en un seul dème qui comprend également les îles de Kalamos et Kastós, Méganissi formant un dème indépendant.
L'ancien nome de Leucade était divisé en 6 dèmes et 2 communautés:

| Dème | YPES code | Chef-lieu (si nom différent) | Code postal | Préfixe tel. |
|---|---|---|---|---|
| 1. Leucade | 3606 | 311 00 | ||
| 2. Apollonioi | 3601 | Vassilikí | 310 82 | |
| 3. Ellomenos | 3602 | Nydrí | 311 00 | |
| 4. Karyá | 3604 | 310 80 | ||
| 5. Méganissi | 3607 | Katomeri | 310 83 | |
| 6. Sfakiotes | 3608 | Lazaráta | 310 80 | |
| Communauté | YPES code | Chef-lieu (si nom différent) | Code postal | Préfixe tel. |
| 7. Kalamos | 3603 | 310 81 | ||
| 8. Kastós | 3605 | 310 81 |
La municipalité de Lefkada inclut le petit îlot de Cheloni à moins de 200 m au large de Nydrí (côte est de Leucade).
En grec ancien et en grec purifié, l'île est appelée Λευκάς (Leukas, Lefkás), ce qui donne en grec démotique Λευκάδα (Lefkáda). À partir du XIIIe siècle, elle reçoit le nom de « Sainte-Maure », en grec Άγια Μαύρα (Aya Mavra), en italien Santa Maura. Ce nom (tant pour l'île que pour la capitale) est attesté pour la première fois en 1292 (lorsqu'elle est attaquée par des navires génois employés par les Byzantins) et elle garde ce nom jusqu'au XIXe siècle, au cours duquel elle reprend son nom antique.
Leukás signifie « blanc ». Le nom de Leucade est dû aux falaises de craie blanche qui se trouvent au sud de l'île, connues comme « cap de la Dame » ou « saut de Leucade » (72 mètres de haut).

La légende veut que, dans l’Antiquité, pour se guérir d’un mal d’amour, on se jetait du haut du « saut de Leucade » dans la mer. Si on ne mourait pas, on était estropié et guéri de son amour. Selon la mythologie, la poétesse Sappho s’y serait tuée à cause de Phaon.
Dans La Belle Hélène de Jacques Offenbach, Oreste chante, aux maris récalcitrants : « À Leucade l’empêcheur ! À Leucade le gêneur ! ».
Leucade et les petites îles satellites sont riches en matériel préhistorique, dont le plus ancien date du Paléolithique moyen (minimum 45 000 ans). Cinq grottes ont aussi livré des vestiges néolithiques (adoption de l'agriculture et de l'élevage). Wilhelm Dörpfeld (1853-1940, mort à Leucade et enterré près de Nydrí) a mis au jour des sites de l'Ancien (EH) et du Moyen Helladique (MH),.
Les sites de la fin de l'âge du bronze sont rares ; une petite tombe à tholos mycénienne a été excavée à Agios Nikitas (côte nord-ouest de Leucate. Méganissi (au sud-est de Leucade) a livré plusieurs tumuli de la fin de l'helladique (LH).
Les Corinthiens colonisent Leucade au VIIe siècle av. J.-C. et fondent une nouvelle ville : Leukas, la capitale d'aujourd'hui.[réf. nécessaire]
En -650, ils commencèrent la construction d’un pont pour unir l'île à la Grèce continentale. À cette époque, Leucade était composée de plusieurs cités autonomes.[réf. nécessaire]
L'île de Leucade participa aux guerres médiques : elle envoya 3 navires et 800 hommes à la bataille de Salamine en -480. De -431 à -404, Leucade est venue en aide à Corinthe, durant la guerre du Péloponnèse.[réf. nécessaire]

En -343, aux côtés d'Athènes, l'île se battit contre les Macédoniens de Philippe II. À la suite de la défaite d’Athènes, Leucade passa sous la domination du royaume de Macédoine puis sous celle de Pyrrhus Ier, roi d'Épire.[réf. nécessaire]
En -198, Leucade est envahie par les Romains et intègre la province romaine de Nicopolis d'Épire. En -27, Leucade est incorporée à l'Achaïe, province romaine comprenant la Grèce proprement dite. Dans l'Empire romain d'Orient, Leucade fait partie de l'Épire ancienne (Epirus vetus), province comprenant, en outre, l’Épire antique et les îles de Corcyre et d'Ithaque, et relevant du diocèse de Macédoine et de la préfecture d'Illyrie, dont le vicaire et le préfet résident à Thessalonique. « Empire byzantin » est le nom moderne à l’Empire romain d’Orient depuis Hieronymus Wolf (XVIe siècle). Vers 886, sous le règne de l’empereur Léon VI le Sage, Leucade fait partie du thème de Nicopolis, ayant Naupacte pour chef-lieu.[réf. nécessaire]

À partir de 1204, la quatrième croisade provoque la fragmentation l'Empire byzantin en États grecs et latins. L'Acarnanie échoit d’abord à un État grec, le despotat d'Épire de la dynastie Doukas ; puis, vers 1300, à un État latin, le comté palatin de Céphalonie et Zante des comtes Orsini, grâce au mariage de Jean I Orsini (el) avec Maria, la fille du despote d’Épire Nicéphore Ier Doukas. Jean I Orsini fait construire un château, Aghia Mavra, au bord du chenal qui sépare l’île du continent. Ce fort vaut son nouveau nom à l'île : Agia Mavra ou Sainte-Maure.
Après avoir été dirigée par différentes dynasties et avoir subi de nombreuses attaques de pirates, Leucade, en partie dépeuplée, est occupée par les Turcs de 1479 à 1684. Au XVIe siècle, ceux-ci reconstruisent et agrandissent le château du XVe siècle (en), lui donnant en grande partie sa forme actuelle. Une ville importante se développe à l'extérieur des murs du château dans les années 1670.[réf. nécessaire]
Par la suite, l'île est conquise par les troupes vénitiennes du commandant Morosini, au cours de la guerre de Morée. À partir de ce moment, son histoire suit celle des îles Ioniennes. L'île se repeuple, devenant même un refuge pour les populations continentales (grecques, albanaises, slaves et valaques) soumises, dans l'Empire ottoman, aux timars, à la double-capitation et à l'enlèvement des garçons (pour les Janissaires) ; la capitale de Leucade devient un important centre économique et maritime.[réf. nécessaire]
L'influence vénitienne reste encore très marquée dans l'architecture de Leucade.
En 1797, après le traité de Campo Formio, puis après le traité de Tilsit, l’île est dominée à deux reprises par les Français : les républicains jusqu’en 1798, qui forment le département français de Mer-Égée, puis les troupes napoléoniennes de 1807 à 1809, date à laquelle les Anglais la reconquièrent. En 1799, elle est intégrée à la république des Sept-Îles, formée sous l’égide des Russes et des Ottomans.[réf. nécessaire]
Après le traité de Paris de 1815, Leucade occupée par les Britanniques fait partie de la république des îles Ioniennes qui y construit divers monuments et un excellent réseau routier encore utilisable de nos jours. Leucade a participé à la guerre d'indépendance grecque. Son rattachement à la Grèce eut finalement lieu le .[réf. nécessaire]
Pendant l'Occupation au cours de la Seconde Guerre mondiale, Leucade est d'abord occupée par l'Italie fasciste, puis, à partir d'octobre 1943, par la Wehrmacht du Troisième Reich. Harcelée par la Résistance grecque, les Allemands finissent par se retirer à l’automne 1944.[réf. nécessaire]
L'île produit du vin, de l'huile, des saucisses et des lentilles réputées en Grèce : les lentilles d'Eklouvi.
Leucade possède un grand nombre d'églises et de monastères, parmi lesquels :
La ville de Leucade est jumelée avec Leucate en France (département de l'Aude) et les noms des deux villes ont la même étymologie (« blanche ») ; une légende urbaine qu'aucune donnée archéologique ou historique n'étaye, affirme que des colons grecs de Leucade auraient fondé Leucate et l'auraient ainsi nommée en raison de sa ressemblance avec Leucade.