Serval de l'Ouest

Leptailurus serval constantinus

Leptailurus serval constantinus
Description de cette image, également commentée ci-après
Illustration du Serval d’Algérie dans Exploration scientifique de l'Algérie pendant les années 1840, 1841, 1842, 1844-1867.
Classification
Règne Animalia
Sous-embr. Vertebrata
Super-classe Tetrapoda
Classe Mammalia
Cohorte Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Felidae
Sous-famille Felinae
Espèce Leptailurus serval

Sous-espèce

Leptailurus serval constantinus
(Forster, 1780)

Statut de conservation UICN

( CR )( CR )
CR  :
En danger critique

Statut CITES

Sur l'annexe  II de la CITES Annexe II, Rév. du 04/02/1977

Synonymes

Leptailurus serval constantinus, le Serval de l’Ouest, est une sous-espèce du Serval (Leptailurus serval), un mammifère carnivore de la famille des félidés. Historiquement décrite à partir de spécimens de la région de Constantine dans l'Atlas algérien, cette entité taxinomique regroupe désormais, l'ensemble des populations de servals d'Afrique du Nord, d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale. Cette sous-espèce est très rare et menacées, classée « en danger critique d’extinction » selon l’UICN.

Dénominations

Description

Illustration du Chat du Sénégal (Felis senegalensis) dans le premier volume de la seconde série du Magasin de zoologie, d'anatomie comparée et de palaéontologie, 1839.

Le Serval de l’Ouest est un félin svelte de taille moyenne caractérisé par de longues pattes déliées, un cou allongé, une tête menue et une queue courte n'atteignant que l'articulation du jarret. Les mesures corporelles relevées chez les mâles indiquent une longueur tête-corps d'environ 84,7 cm, une queue mesurant entre 24 et 35 cm, une hauteur au garrot oscillant de 50 à 55 cm et un poids moyen voisin de 12 kg. Les femelles, d'allure plus légère, portent deux paires de mamelles abdominales et une paire inguinale. Le crâne présente une formule dentaire complète de 30 dents et le caryotype comprend 36 chromosomes.

La teinte de fond du pelage est sujette à d'importantes variations individuelles et régionales, oscillant entre un fauve roussâtre soutenu et un ocre chamoisé plus pâle. Ce fond est rehaussé de bandes et de taches noires nettes qui s'étirent le long des membres, tandis que la face interne des pattes porte des macules sombres caractéristiques. La face ventrale est plus claire, presque blanchâtre, et parsemée de petites mouchetures sombres. La sous-espèce présente par ailleurs la forme chromatique dite « servaline », autrefois considérée à tort comme une espèce distincte (Leptailurus brachyurus) ; cette livrée rare, surtout attestée dans les forêts secondaires et la végétation touffue d'Afrique occidentale et centrale, se distingue par une myriade de très petites taches serrées évoquant la silhouette d'un Caracal. Les oreilles sont grandes, de silhouette arrondie, et portent à l'arrière deux bandes noires encadrant une large zone médiane blanche très visible. La queue est courte, annelée et pourvue d'une terminaison entièrement noire.

Comportement et écologie

Le Serval de l'Ouest mène une existence essentiellement solitaire, bien que des individus soient occasionnellement observés en couples temporaires ou en petites unités familiales composées d'une femelle et de ses petits. Bien qu'il soit couramment décrit comme un prédateur nocturne, ses sorties de chasse s'avèrent très fréquemment crépusculaires, voire diurnes lorsque la luminosité et la couverture végétale le permettent. Aux heures les plus chaudes et les plus lumineuses de la journée, il s'abrite dans les hautes herbes et des buissons, changeant régulièrement de gîte pour ne réutiliser que rarement le même dortoir. C'est un animal territorial qui marque son aire vitale et ses chemins habituels par des dépôts d'urine répétés.

Alimentation

Son régime alimentaire se compose principalement de petits rongeurs et d'oiseaux, capturés au sol grâce à son ouïe exceptionnellement fine. Ses très grands pavillons auriculaires lui permettent de repérer les bruits imperceptibles de proies dissimulées sous terre ou au cœur des massifs d'herbes, qu'il surprend en détendant un saut aérien caractéristique ou en fouillant les terriers à l'aide de ses griffes recourbées. Il capture également des reptiles et des amphibiens, et s'attaque occasionnellement à de jeunes ongulés. En revanche, la prédation sur les animaux d’élevage sont extrêmement rares, se cantonnant le cas échéant à des volailles de basse-cour.

Reproduction

La reproduction ne semble pas soumise à une saisonnalité stricte, bien que des pics de naissances soient nettement corrélés à la saison des pluies entre avril et novembre, période coïncidant avec la repousse de la végétation et le pullulement consécutif des rongeurs. Après une période de gestation comprise entre 68 et 74 jours, la femelle met bas une portée de deux à cinq chatons au cœur d'un abri bien dissimulé. Le sevrage s'opère progressivement entre l'âge de trois et cinq mois. Bien que les jeunes soient capables de subvenir à leurs besoins dès l'âge de six à huit mois, ils sont tolérés par leur mère sur leur domaine de naissance pendant environ une année entière avant de se disperser. La maturité sexuelle survient entre 15 et 26 mois.

Distribution et habitat

L'aire de répartition du Serval de l’ouest s'étend à travers l'Afrique de l'Ouest et une grande partie de l'Afrique centrale, couvrant le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, la République centrafricaine, le Sénégal, la Sierra Leone, le Tchad et le Togo. Au nord du Sahara, les populations reliques de l'Atlas marocain et algérien sont présumées éteintes à l'état sauvage ou proches de l'extinction totale, aucune observation n'ayant été scientifiquement documentée depuis le début des années 2000. En Tunisie, des programmes de réintroduction ont été entrepris en relâchant des individus issus de souches d'Afrique orientale.

Cette sous-espèce fréquente en priorité les zones humides, les savanes abondamment arrosées, les plaines marécageuses, les massifs d'herbes hautes et les ceintures de roseaux ou ripisylves bordant les cours d'eau. Elle pénètre volontiers les massifs forestiers denses le long des trouées fluviales ou dans les clairières herbeuses, et tolère la proximité des périmètres agricoles traditionnels pour autant qu'elle y trouve un couvert suffisant pour se dissimuler et chasser. Elle évite les déserts et le cœur des grandes forêts équatoriales. En Afrique du Nord, l'animal occupait historiquement des milieux semi-désertiques d'altitude ainsi que des forêts tempérées de chênes-lièges en bordure du bassin méditerranéen.

Statut et menaces

Si l'espèce Leptailurus serval est globalement évaluée comme de préoccupation mineure à l'échelle du continent, la sous-espèce nord-africaine résiduelle est classée comme « en danger critique d'extinction » (CR) sur la Liste rouge de l'UICN, avec moins de 250 individus en état de se reproduire supposés subsister dans l'hypothèse où l'animal ne serait pas déjà éteint au nord du Sahara. Sur le plan international, la sous-espèce est inscrite à l'annexe II de la CITES.

En Afrique subsaharienne, le Serval de l'Ouest subit une dégradation continue de son habitat causée par l'assèchement des marais, la mise en culture des prairies inondables et le surpâturage par les troupeaux domestiques. En Afrique de l'Ouest, il est en outre activement chassé et piégé pour alimenter le commerce des dépouilles et de la pharmacopée traditionnelle : au Nigeria, l'animal est particulièrement recherché dans les médecines rituelles, tandis qu'au Sénégal, en Gambie et au Bénin, ses peaux mouchetées font l'objet d'un intense trafic commercial.

Notes et références

  1. ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
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  10. ↑ (de) Paul Matschie, « Über anscheinend neue Afrikanische Säugethiere », Sitzungsberichte der Gesellschaft Naturforschender Freunde zu Berlin, vol. 1893,‎ , p. 109 (lire en ligne)
  11. ↑ (de) Einar Lönnberg, « Ueber eine melanistische Varietät vom Serval nebst Bemerkungen über andere melanistische Säugethiere », Zoologische Jahrbücher. Abteilung für Systematik, Geographie und Biologie der Tiere, vol. 10,‎ , p. 571 (lire en ligne)
  12. ↑ Pocock 1907, p. 665
  13. ↑ (es) Ángel Cabrera, « Sobre los nombres específicos y subespecíficos de algunos «Felis» », Boletín de la Real Sociedad Española de Historia Natural, vol. 10,‎ , p. 427 (lire en ligne)
  14. ↑ Allen 1924, p. 267
  15. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Castelló 2020, p. 162–163
  16. ↑ iNaturalist, consulté le .
  17. ↑ Auguste Ménégaux (dir.) (ill. Wilhelm Kuhnert), La Vie des animaux illustrée : Les Mammifères, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1902-1904, 525 p., in-4, p. 267
  18. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Castelló 2020, p. 162
  19. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 Castelló 2020, p. 163

Bibliographie

Liens externes

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