Léros

Léros
Λέρος (el)
Le port de Pantéli depuis les hauteurs.
Le port de Pantéli depuis les hauteurs.
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Archipel Dodécanèse
Localisation Mer Égée (mer Méditerranée)
Coordonnées 37° 09′ N, 26° 51′ E
Superficie 53 km2
Point culminant 327 m
Géologie Île continentale
Administration
Périphérie Égée-Méridionale
District régional Kálymnos
Dème Léros
Démographie
Population 7 992 hab. (2021)
Densité 150,79 hab./km2
Gentilé Leriote
Plus grande ville Plátanos, Lakkí, Agía Marína
Autres informations
Fuseau horaire UTC+2
Site officiel www.leros.grVoir et modifier les données sur Wikidata
Géolocalisation sur la carte : Grèce
(Voir situation sur carte : Grèce)
Léros
Léros
Îles en Grèce

Léros (en grec moderne : Λέρος) est une île grecque de l'archipel du Dodécanèse dans la mer Égée. Elle se trouve à 317 km au sud-est d'Athènes et 25 km à l'ouest des côtes turques. La capitale de facto de Léros est Plátanos, bien que ce quartier dépende administrativement d'Agía Marína. L'île est par ailleurs le siège, à Lakkí, d'un évêché orthodoxe, la Métropole de Léros, Kálymnos et Astypalée.

Géographie

Léros est une île montagneuse et verte, avec de hautes collines et de nombreuses petites criques et villages. Sa superficie est de 53 km2 et elle compte 71 km de littoral. La municipalité comprend plusieurs îlots inhabités, dont Lévitha et Kínaros, et l'île peu peuplée de Farmakonísi. Au recensement de 2021, elle avait une population de 7 992 habitants, bien que ce chiffre passe à plus de 15 000 au cours de la période estivale. Ses ports principaux sont Lakkí pour les ferrys (sur la côte ouest) et Agía Marína pour les aéroglisseurs (côte est). Plátanos (Πλάτανος) est dominé par une forteresse byzantine, au sein de laquelle se trouve une église dédiée à la Panagía. Les autres villages sont Pantéli, Xirókambos, Parthéni, Álinda, Kamára et Goúrna.

Histoire

Les Cariens, premiers habitants de Léros, subirent l'influence des Crétois, puis des Ioniens. Pendant la période hellénistique, Léros fit partie de la zone d'influence de l'Égypte ptolémaïque. Plus tard, elle fit partie de l'empire romain puis de l'empire byzantin. Elle subit tant de raids arabes (notamment en 670, 674-678, 718) qu'elle fut entièrement dépeuplée, ses habitants étant emmenés en esclavage ou se réfugiant en Asie mineure pour y échapper. Repeuplée pendant la dynastie des Comnènes (byzantine), mais convoitée par les chevaliers Hospitaliers et éloignée du pouvoir central de Constantinople, elle devint un repaire de pirates jusqu'en 1309 lorsque les chevaliers occupèrent l'île. En 1505 et 1508, les Ottomans tentèrent des sièges infructueux du château de Léros. La légende veut que l'île ait été sauvée par le dernier chevalier survivant, âgé d'à peine 18 ans : il aurait habillé femmes et enfants d'armures qui, simulant une garnison nombreuse, auraient trompé et éloigné les Ottomans. Le , après le siège de Rhodes, un traité fut signé entre le sultan Soliman et le grand-maître des Hospitaliers Philippe de Villiers : Léros, comme toutes les possessions de l'Ordre dans la mer Égée, passa aux mains des Ottomans qui l'administrèrent pendant quatre cents ans.

Pendant la Révolution grecque (1821-1830), de nombreux Lériotes participèrent à la lutte, l'île étant une base importante pour le réapprovisionnement de la marine grecque. Intégrée brièvement à la république de Grèce, elle retomba sous domination ottomane lors du traité de Constantinople de 1832 et, à la suite des représailles, perdit à nouveau une partie de sa population, dispersée en Asie Mineure ou enfuie en Grèce.

En 1912, à la suite de la guerre italo-turque, Léros passa comme le reste du Dodécanèse de l'occupation ottomane à l'occupation italienne. Au cours de cette période, les Italiens réalisèrent de nombreuses constructions de grande envergure, telles que la base aéronavale de Léros et la ville de Porto Lago (aujourd'hui Lakkí). Cette île fut en effet choisie pour son importance stratégique et sa géomorphologie présentant de nombreuses baies naturelles bien protégées.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la bataille de Léros fut une importante offensive en 1943 lorsque les Allemands tentèrent de reprendre l'île aux Italiens (qui venaient de changer de camp), aux Britanniques et aux Grecs. L'île fut très durement bombardée pendant plus d'un mois et demi, du au , date à laquelle elle tomba finalement aux mains des Allemands. Cette bataille a inspiré la « bataille de Kéros » dans le film Les Canons de Navarone de J. Lee Thompson. La baie de Lakkí abritait une importante base d'hydravions et son port naturel profond lui conférait une importance stratégique pour les forces allemandes en Méditerranée.

Après la guerre, Léros, comme le reste du Dodécanèse, fut finalement rattachée à la Grèce le , sept siècles après la fin de la période byzantine.

Après-guerre, les gouvernements grecs réaffectèrent de nombreux bâtiments militaires. L'hôpital psychiatrique de Léros fut ainsi fondé en 1959. Au cours des années 1967-1974, l'hôpital fut affecté à une « maladie » politique : l'opposition à la junte militaire des colonels, et les vieilles casernes furent transformées en camp de travail forcé pour accueillir les prisonniers politiques. L'hôpital Pikpa de Leros devint ainsi un lieu de réclusion et d'exil.

Les mauvaises pratiques acquises durant la dictature des colonels ne cessèrent pas en 1974 : en 1989 encore, les conditions de vie des malades mentaux et les nombreux cas de maltraitance suscitèrent un scandale dans toute la Grèce et en Europe, grâce aux reportages du journal britannique The Guardian. Félix Guattari fit partie d'une délégation internationale qui visita l'asile de Léros. Il dénonça cette situation dans De Léros à La Borde, et Journal de Léros. Dans les années 1989-1994, l'Union européenne et le Ministère grec de la santé mirent en place un programme de réforme générale de l'assistance psychiatrique en Grèce. Mais vingt ans après sa mise en place, un reportage de la BBC révélait les échecs de cette réforme.

Comme d'autres îles du Dodécanèse telles que Kos ou Lesbos, Léros accueille de nombreux réfugiés. Les locaux de l'ancien hôpital psychiatrique sont utilisés pour former une partie du camp de réfugiés.

Économie

Les habitants vivent de l'agriculture, de la pêche, de la construction et du tourisme estival. L'hôpital fournit aussi quelques emplois. Léros ayant un port naturel immense (la baie de Lakkí), de nombreux voiliers et yachts viennent y mouiller en été, donnant à l'île un caractère cosmopolite et international. Léros offre deux marinas : l'une à Lakkí et l'autre au Parthéni ; elles peuvent chacune accueillir plusieurs centaines de bateaux.

L'île est reliée par des services de ferries, et un aéroport qui accueille des avions venant d'Athènes deux fois par jour en haute saison.

Notes et références

Notes

  1. ↑ Le point culminant est le mont Scumbardo à 327 m d'altitude.

Références

  1. ↑ « Leros », carte, sur google.fr.
  2. ↑ (el) ELSTAT, « Αποτελέσματα Απογραφής Πληθυσμού - Κατοικιών 2021 | Μόνιμος Πληθυσμός όνιμος Πληθυσμός κατά οικισμό » [« Résultats du recensement de la population et de l'habitat 2021 | Population permanente par localité »] [xls], sur www.statistics.gr,‎ (consulté le ).
  3. ↑ (en) « Political Prisoners in Greece Issue Plea », The New York Times,‎ , p. 7 (lire en ligne, consulté en ) : "Lakki is the largest of the four detention camps for men and women with Communist backgrounds who were arrested after the April 1967 military takeover."
  4. ↑ Félix Guattari, De Leros à La Borde, Nouvelles Editions Lignes, (ISBN 9782355260971, présentation en ligne) : "Véritable bagne psychiatrique, camp de concentration en l'absence de tout personnel soignant, pas même un psychiatre."
  5. ↑ (en) Chloe Hadjimatheou, « Greek mental care failures exposed », BBC News - BBC world service, Athens,‎ (lire en ligne, consulté en ).

Voir aussi

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