Lieue

La lieue (du mot latin leuca, peut-être emprunté au gaulois) est une unité de longueur, de définition très variable, utilisée autrefois en Europe et en Amérique.

Le mot est encore utilisé aujourd'hui, notamment avec la lieue marine qui vaut officiellement trois milles marins (5 556,6 m), mais est peu utilisée.

La lieue métrique française vaut 4 km ; la lieue terrestre ou lieue commune de France vaut 1/25 de degré de l'ellipse méridienne terrestre, soit exactement 4 445,3 m.

Étymologie

Le mot français « lieue » résulte de l'évolution régulière du mot latin leuca, attesté dans plusieurs textes latins sous les formes

Leuca (ou leuga[réf. nécessaire]) est selon les auteurs latins un mot d'origine gauloise.

Cependant, bien que son origine soit pré-latine, son caractère celtique est incertain, étant donné l'absence de mot apparenté dans les langues celtiques insulaires,, mais possible.

Empire romain

La lieue est à l'origine une unité de mesure utilisée dans l'Empire romain, mais seulement dans les provinces des Trois Gaules (Lyonnaise, Aquitaine, Belgique) et de Germanie (Germanie supérieure et inférieure). Il s'agit des territoires conquis par César lors de la guerre des Gaules (-58/-52). En revanche, dans la province de Narbonnaise (conquise en -120), la seule mesure utilisée à l'époque romaine est le mille romain.

Selon des sources de la fin du IVe siècle et du VIe siècle, la lieue équivaut à un mille romain et demi, soit environ 2 222 m. Cependant l'analyse des relevés topographiques et des bornes milliaires laisse penser qu'une autre lieue, plus grande (entre 2 400 m et 2 500 m), a aussi pu être utilisée ; il s'agirait de l'héritière d'une lieue gauloise préromaine.

Les bornes milliaires de Gaule précisent l'unité utilisée : devant le chiffre indiquant la distance, on trouve soit « M » (mille romain), soit « L » (lieue).

Selon Arcisse de Caumont, la lieue gauloise est « désignée tantôt sous le nom de lieue, tantôt sous celui de mille, et que souvent le mot millia n'indique point des milles romains, mais des lieues gauloises, lorsqu'il s'applique à la partie des Gaules où cette mesure était usitée ».

France

Lieue de l'Ancien Régime (jusqu'en 1795)

Borne d'Ancien Régime affiche 36 demi-lieues (entre Moret-sur-Loing et Paris) soit environ 75 km

Il y a plusieurs définitions de la lieue comme unité de mesure sous l'Ancien Régime :

•  l'ancienne lieue de Paris (avant 1674)   10 000 pieds   =  3,248 km
•  la (nouvelle) lieue de Paris  (1674-1793) 2 000 toises =  3,898 km
•  la lieue des Postes (1737-1793) 2 200 toises =  4,288 km
•  la lieue tarifaire (1737-1793) 2 400 toises =  4,678 km

Selon le Grand Vocabulaire français de 1768, d'autres lieues ont eu cours en France avant la Révolution française.

On trouvait également une lieue de marche « extrêmement variable » , correspondant à une distance parcourue en une heure.

Lieues actuelles

On trouve aussi, plus récemment, les valeurs suivantes :

Autres pays

Belgique

Suisse

Espagne

Pays anglo-saxons

Dans les pays anglo-saxons, la lieue (English land league) est définie comme valant 3 milles impériaux soit exactement 4,828 032 km. Avant la révolution, cette lieue était utilisée dans la province de Bretagne.

Lieue marine

Une lieue marine vaut 3 milles marins, ou 1/20e de degré de latitude soit 5 555,55 m. En vigueur actuellement, cette unité reste peu utilisée.

La lieue dans la littérature

Notes et références

Notes

  1. ↑ La « nouvelle lieue de Paris » – avec sa définition de 1674 – fut appelée aussi « des Ponts et des Chaussées » après 1737. La « lieue des Postes » fut créée en 1737, tout comme la « lieue tarifaire (du transport de grains) ».
  2. 1 2 3 Les équivalences en kilomètres sont évaluées sur la base d'un périmètre terrestre de 40 003,2 km. Ce périmètre est toutefois actuellement évalué à 40 075,017 km.
  3. ↑ Soit, pour une toise de 1,949 m, 4,448 km ; l'équivalence en degrés est exacte pour un périmètre terrestre de 40 039 km.
  4. ↑ Soit, pour une toise de 1,949 m, 3,898 km ; l'équivalence en degrés est exacte pour un périmètre terrestre de 39 643 km.
  5. ↑ Soit, pour une toise de 1,949 m, 3,313 km ; l'équivalence en degrés est exacte pour un périmètre terrestre de 40 550 km.
  6. ↑ Soit, pour une toise de 1,949 m, 4,483 km ; l'équivalence en degrés est exacte pour un périmètre terrestre de 39 940 km.
  7. ↑ Soit 4,445 km. Voir note ci-dessus sur le périmètre terrestre.
  8. ↑ Soit, pour une toise de 1,949 m, 4,385 km ; l'équivalence en degrés est exacte pour un périmètre terrestre à l'équateur de 40 036 km.
  9. ↑ Soit 3,969 km. Voir note ci-dessus sur le périmètre terrestre.
  10. ↑ Soit 4,630 km. Voir note ci-dessus sur le périmètre terrestre.
  11. ↑ Soit 3,885 km. Voir note ci-dessus sur le périmètre terrestre.
  12. ↑ Soit 4,831 km. Voir note ci-dessus sur le périmètre terrestre.
  13. ↑ Soit, pour une toise de 1,949 m, 4,775 km ; l'équivalence en degrés est exacte pour un périmètre terrestre à l'équateur de 40 036 km.
  14. ↑ Soit5,168 km. Voir note ci-dessus sur le périmètre terrestre.
  15. ↑ Soit, pour une toise de 1,949 m, 5,847 km ; l'équivalence en degrés est exacte pour un périmètre terrestre à l'équateur de 39 993 km.

Références

  1. 1 2 Merrien 2001, p. 529.
  2. 1 2 Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise. Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, Errance, , 2e éd., 440 p. (ISBN 2-87772-237-6, ISSN 0982-2720), p. 200 : « la celticité du mot, en l'absence de corrélats insulaires, est très incertaine ».
  3. ↑ Jornandès, Histoire des Goths [« De origine actibusque Getarum »], sur wikisource (lire en ligne), chap. 36
  4. ↑ Ammien Marcellin, Les empereurs romains (livre XVI, ch. 12, 8), .
  5. ↑ Informations lexicographiques et étymologiques de « lieue » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  6. ↑ Pierre GASTAL, Nos racines celtiques, du gaulois au français, dictionnaire, Mondovi, Italie, éditions dèsiris, , 320 p. (ISBN 978-2-36403-061-9), p. 192
  7. ↑ Goudineau 2003, p. 893-894.
  8. ↑ Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, Paris, Éditions Errance, , 239 p. (EAN 9782877720892), p. 196 Une recension de cet ouvrage est faite dans une revue scientifique : Pierre Flobert, « Bibliographie », Études celtiques,‎ 1995/31, p. 266-269 (lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ [du Mesnil 1881] Clément-Edmond Révérend du Mesnil, « La lieue gauloise de la table de Peutinger » (Procès-verbal de la réunion du 12 septembre 1881), Bulletin de la Diana, t. 2 (mai 1881 - août 1884),‎ , p. 51-57 (voir p. 52) (lire en ligne [sur gallica], consulté en ).
  10. ↑ Goudineau 2003, p. 891-893.
  11. ↑ Du Mesnil 1881, p. 53.
  12. 1 2 Grand vocabulaire français : contenant l'explication de chaque mot dans ses diverses acceptions grammaticales (…), Par Guyot (Joseph Nicolas, M.), Sébastien-Roch-Nicolas Chamfort, Ferdinand Camille Duchemin de la Chesnaye ; Ed. C. Panckoucke, 1768 ; Voir l'article Louveterie.
  13. ↑ G. Monge, J.-D. Cassini, P. Bertholon, J.-H. Hassenfratz et al., Encyclopédie méthodique. Physique, t. 3, Paris, veuve Agasse, , 820 p., sur books.google.fr (lire en ligne), p. 670.
  14. ↑ Dictionnaire encyclopédique Quillet-Grolier, 1975.
  15. ↑ (de) « akuni »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur akuni.ch (consulté en ) (page disponible sur Archive.org).
  16. 1 2 [1994] (en) Treasures of the Confederate Coast: the "real Rhett Butler" & Other Revelations, Charleston / Miami, Narwhal Press, 1994 '1997), 517 p. (ISBN 1-886391-01-7 et 1-886391-00-9, OCLC 32431590, présentation en ligne), p. 32.
  17. ↑ Merrien 2001, p. 587.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Liens externes

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