La lodyans (/lodjɑ̃s/, étym. « l'audience ») est un genre littéraire haïtien caractérisé par un récit bref proche du conte et popularisé par de nombreux auteurs, dans l'objectif de faire passer son audience d'un milieu populaire au milieu académique. La personne qui conte des lodyans est appelée un lodyanseur ou une lodyanseuse (en créole haïtien : lodyansè).
D'abord un genre oral, la lodyans commence son essor à l'écrit à la fin du XIXe siècle sous l'impulsion de Justin Lhérisson (La Famille des Pitite-Caille et Zoune chez sa ninnaine) et Fernand Hibbert (Sena et les thazars), publiés dans le quotidien haïtien Le Soir entre 1899 et 1908.
Le genre gagne en maturité à la fin du siècle avec Maurice Sixto, reconnu aujourd'hui comme le Mèt lodyansè (« Maître audienceur »). Ses nombreuses lodyans (Lea Kokoye, Ti Sentaniz, Gwo mosso, ...) dépeignent avec humour, tendresse et acuité, mais sans complaisance, les choses et les gens d’Haïti.
L'écrivain et géographe haïtien Georges Anglade a écrit de nombreux lodyans à la fin de sa vie et a également théorisé cette pratique littéraire. Pour lui, la lodyans fait partie des « créations collectives haïtiennes les plus significatives »et est un marqueur incontournable de la culture haïtienne : il existe d'après lui un rire haïtien, typique, qui accompagne tout, comme le réalisme merveilleux de la littérature latino-américaine, l'esprit francais ou l'humour juif (Spear le )[réf. nécessaire].